Coup de tonnerre dans le ciel belge, le 5 septembre 2016 AXA Belgique annonçait un plan de licenciement collectif de 650 personnes. Témoignage d'un homme militant, politiquement engagé et délégué syndical permanent chez AXA.

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Salle quasi comble un dimanche matin à Manifiesta pour entendre les échanges du meeting de solidarité avec les travailleurs de Caterpillar. L’émotion de Patricia Van Walle, déléguée d’Axa, et la rage de Michael Wamen, délégué français de Goodyear condamné à 9 mois de prison ferme, ont emporté un auditoire qui bouillait de sortir du marasme provoqué par les annonces des fermetures de Caterpillar (au bas mot, 6000 emplois en tout) et de la vague de licenciements d’Axa (650 emplois pour 2018).

La fermeture annoncée de l’usine de Caterpillar à Gosselies près de Charleroi va rayer d’un seul coup 2200 emplois. L’addition sociale est plus lourde encore si on y ajoute les pertes d’emploi auprès des sous-traitants : en tout, il est question de 6000 emplois qui risquent de passer à la trappe. Et cela dans une région où le chômage touche 13,4% de la population active.

En quelques heures, à l’appel d’un délégué syndical, une cinquantaine de travailleurs Caterpillar s’est rassemblée dimanche dernier devant les grilles du site de Gosselies. Ils y ont rejoint une petite trentaine venue en soutien des quatre coins de la Belgique : Hart Boven Hard, ex-Carolos amoureux de leur ville, travailleurs d’Audi, anciens de Ford Genk ou de ses sous-traitants…

Ces dernières années, l’intensité du travail s’est fortement accrue. Les employeurs essaient d’extraire plus de temps de travail effectif de chaque heure, de chaque minute prestée.

L’annonce du projet de loi Travail a suscité une hostilité immédiate et massive. Chaque élément de cette attaque majeure contre le Code du travail a été décortiqué, commenté, vilipendé. Les réseaux sociaux ont été saturés d’appels à l’action. Très vite, l’idée d’une mobilisation le 9 mars a circulé. Et très vite, un nombre croissant d’organisations politiques et syndicales s’y est rallié. Encouragés par cette puissante vague d’indignation, des chroniqueurs de grandes radios ont accablé le gouvernement d’un humour acide. Même certains députés « socialistes » endormis depuis 2012 ont été réveillés par la clameur.

« Nos profits valent plus que leurs vies ! » : ce détournement d’un célèbre slogan anticapitaliste est le véritable credo du patronat français. Les travailleurs subissent au quotidien une dégradation de leurs conditions de vie et de travail. La précarisation de l’emploi et le chômage de masse font planer sur chaque foyer populaire la menace de sombrer dans la misère. Les inégalités ont atteint des niveaux inédits. La richesse s’entasse dans les coffres d’une minorité tandis que l’immense majorité s’appauvrit. Mais l’ogre patronal ne pousse qu’un seul cri : « J’en veux encore plus ! » – « Tout de suite ! », lui répond le gouvernement.

L’appel ci-dessous a été traduit dans plusieurs langues et diffusé dans des dizaines de pays à travers le monde.

Le 12 janvier dernier, huit anciens salariés de Goodyear, dont cinq élus CGT, ont été condamnés à deux ans de prison, dont 9 mois ferme. Officiellement, cette peine sanctionne leur participation à la « séquestration » de deux cadres dirigeants de Goodyear, pendant 30 heures, en janvier 2014. Après 7 années de lutte contre la fermeture de leur usine, à Amiens, les salariés se heurtaient au mutisme de la direction, qui refusait de répondre à leurs revendications. En retenant les deux cadres dirigeants dans les locaux de l’usine, les travailleurs ont cherché à obtenir la discussion qui leur était refusée. Les deux dirigeants de Goodyear n’ont pas été maltraités ; ils pouvaient téléphoner ; ils avaient de quoi boire et manger.

"Nous devons repartir en action. Non pas pour se retrouver tout simplement à la table de négociations, mais pour mettre fin aux mesures antisociales du gouvernement."

Le 7 octobre dernier, nous étions plus de 100.000 syndicalistes, membres d’organisations sociales et d’associations (Hart boven Hard et Tout autre chose, parmi les plus remarqués), ainsi que des personnes non organisées, à manifester dans les rues de Bruxelles.  Dans la capitale, tout comme dans les grandes villes wallonnes et flamandes, les transports publics étaient fortement perturbés suite à la grève de nombreux chauffeurs. A l’aéroport national, une grande partie des bagagistes ne s’était pas présentée au travail ce matin-là.  C’est la 17e ou la 18e fois en un an que les syndicats ont mobilisé contre le gouvernement, avec un résultat d’une densité rare, preuve flagrante que la disposition à la lutte des travailleurs est grande.

La semaine prochaine les syndicats vont évaluer les négociations entamées après la grève générale du 15 décembre. Avec ces négociations le gouvernement voulait gagner du temps et casser la dynamique du mouvement de protestation. Nos dirigeants syndicaux n'auraient pas dû y participer. Maintenant il s'agit de reprendre le fil de lutte avec un nouveau plan d'action pour le retrait de toutes les mesures antisociales. 

Ce lundi 5 janvier 2015 marquera un nouveau départ pour les ouvriers de la firme de sous-traitance de nettoyage des trains, BM&S, à l'atelier de Schaerbeek. Pour rappel ce conflit a pris fin le lundi 22 décembre 2014,  date à laquelle un protocole d'accord a été signé après 124 jours de grève. Ce dernier prévoit la réintégration, provisoirement, des 2 délégués syndicaux licenciés sur un autre site de la SNCB. Ils conserveront les mêmes conditions de travail ainsi que les mêmes horaires de prestation. La possibilité de réintégrer le site de Schaerbeek sera évaluée à la fin de la procédure judiciaire engagée contre eux. Quant aux trois travailleurs intérimaires ils sont réengagés, sur un site de la SNCB, avec un contrat d'intérimaire de 1 mois avec prolongation si l’évaluation est positive.Nul doute qu’il s’agit d’une victoire. La lutte n'est pas terminée, mais ne fait que commencer. Soyons donc sur nos gardes et restons vigilants ! A l’occasion, du dernier piquet, nous avons rencontré, Abdel, l'un des deux délégués syndicaux. Voici ce qu'il nous confiait concernant ces 124 jours...

«C’est la grève la plus forte qui ait jamais eu lieu », a commenté Marie-Hélène Ska, la secrétaire générale du syndicat chrétien CSC. Elle a raison. L'arrêt de travail national lundi 15 décembre a sans doute été la plus «générale» des grèves générales de 24 heures dans la riche histoire belge des grèves.

Trois mois de grève totale à l'atelier de la SNCB à Schaerbeek. Il ne faut pas être prof d’histoire pour se rendre compte qu’il s’agit d’une grève exceptionnellement longue. Durant ces trois mois, des victoires partielles ont été obtenues face au patron. Sur le terrain, les multiples tentatives de faire rentrer des briseurs de grève avec l'appui " d'amis " venus en renfort, en présence d'un huissier de justice et de la police ont été déjouées. 
 

La première des grandes mobilisations prévues par les syndicats contre les différentes mesures d'austérité a été immédiatement un franc succès.  Plus de 120.000 personnes ont envahi les rues de Bruxelles. Ce fut une manifestation historique du mouvement ouvrier belge. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, c'est la deuxième manifestation syndicale la plus importante. La première étant celle de mai  1986 qui rassemblait plus de 250 000 travailleurs dans les rues. Elle visait les mesures d'austérité du gouvernement Martens-Gol. La principale différence entre ces deux manifestations est que celle de 1986 était le point d’orgue d’un gigantesque mouvement syndical qui comportait des grèves et des manifestations. Celle d'aujourd'hui marque le début du mouvement. Elle démontre la grande capacité des syndicats à mobiliser les travailleurs.

Le gouvernement fédéral  qui se forme  sera un gouvernement DES riches,  dirigé PAR les riches et surtout POUR les riches. Pas étonnant que toutes les organisations patronales  des deux côtés de la frontière linguistique apportent leur soutien à la coalition suédoise. Trois des quatre partis réunis à la table des négociations : N-VA,  MR et Open VLD sont des représentants directs des chefs d’entreprise. Le quatrième, le CD&V, a des liens avec  le mouvement syndical chrétien: l’ACW. Ce parti est totalement soumis aux intérêts du patronat.

Le premier acte des députés fédéraux du PTB sera de déposer une proposition de loi pour interdire les licenciements dans les entreprises qui font des bénéfices. Le contenu précis de cette loi n’est pas encore connu mais il ne fait aucun doute qu’elle suscitera beaucoup d’intérêt parmi les syndicalistes. ‘Révolution’ participera certainement à la campagne autour de cette revendication. Voici nos premières réflexions et propositions au sujet de cette loi. 

Les patrons de plusieurs entreprises semblent avoir déterré la hache de guerre. Dans cette offensive, les patrons en Flandre sont en pointe. D’ArcelorMittal dans la zone du canal à Gand, en passant par Lanxess Rubber et Agfa Gevaert dans le secteur pétrochimique à Anvers jusqu’à Pauwels Sauzen en Campine, les relations entre direction et personnel se crispent.

Francis Smaïl est un délégué du personnel CGT chez Air France à Roissy. La répression dont il est victime de la part de la direction de la compagnie est de l’ordre du récit homérique. Les nombreux épisodes qui s’échelonnent depuis plusieurs années ne peuvent être rapportés ici. Nous nous en tiendrons aux événements les plus récents.