L’appel ci-dessous a été traduit dans plusieurs langues et diffusé dans des dizaines de pays à travers le monde.

Le 12 janvier dernier, huit anciens salariés de Goodyear, dont cinq élus CGT, ont été condamnés à deux ans de prison, dont 9 mois ferme. Officiellement, cette peine sanctionne leur participation à la « séquestration » de deux cadres dirigeants de Goodyear, pendant 30 heures, en janvier 2014. Après 7 années de lutte contre la fermeture de leur usine, à Amiens, les salariés se heurtaient au mutisme de la direction, qui refusait de répondre à leurs revendications. En retenant les deux cadres dirigeants dans les locaux de l’usine, les travailleurs ont cherché à obtenir la discussion qui leur était refusée. Les deux dirigeants de Goodyear n’ont pas été maltraités ; ils pouvaient téléphoner ; ils avaient de quoi boire et manger.

"Nous devons repartir en action. Non pas pour se retrouver tout simplement à la table de négociations, mais pour mettre fin aux mesures antisociales du gouvernement."

Le 7 octobre dernier, nous étions plus de 100.000 syndicalistes, membres d’organisations sociales et d’associations (Hart boven Hard et Tout autre chose, parmi les plus remarqués), ainsi que des personnes non organisées, à manifester dans les rues de Bruxelles.  Dans la capitale, tout comme dans les grandes villes wallonnes et flamandes, les transports publics étaient fortement perturbés suite à la grève de nombreux chauffeurs. A l’aéroport national, une grande partie des bagagistes ne s’était pas présentée au travail ce matin-là.  C’est la 17e ou la 18e fois en un an que les syndicats ont mobilisé contre le gouvernement, avec un résultat d’une densité rare, preuve flagrante que la disposition à la lutte des travailleurs est grande.

La semaine prochaine les syndicats vont évaluer les négociations entamées après la grève générale du 15 décembre. Avec ces négociations le gouvernement voulait gagner du temps et casser la dynamique du mouvement de protestation. Nos dirigeants syndicaux n'auraient pas dû y participer. Maintenant il s'agit de reprendre le fil de lutte avec un nouveau plan d'action pour le retrait de toutes les mesures antisociales. 

Ce lundi 5 janvier 2015 marquera un nouveau départ pour les ouvriers de la firme de sous-traitance de nettoyage des trains, BM&S, à l'atelier de Schaerbeek. Pour rappel ce conflit a pris fin le lundi 22 décembre 2014,  date à laquelle un protocole d'accord a été signé après 124 jours de grève. Ce dernier prévoit la réintégration, provisoirement, des 2 délégués syndicaux licenciés sur un autre site de la SNCB. Ils conserveront les mêmes conditions de travail ainsi que les mêmes horaires de prestation. La possibilité de réintégrer le site de Schaerbeek sera évaluée à la fin de la procédure judiciaire engagée contre eux. Quant aux trois travailleurs intérimaires ils sont réengagés, sur un site de la SNCB, avec un contrat d'intérimaire de 1 mois avec prolongation si l’évaluation est positive.Nul doute qu’il s’agit d’une victoire. La lutte n'est pas terminée, mais ne fait que commencer. Soyons donc sur nos gardes et restons vigilants ! A l’occasion, du dernier piquet, nous avons rencontré, Abdel, l'un des deux délégués syndicaux. Voici ce qu'il nous confiait concernant ces 124 jours...

«C’est la grève la plus forte qui ait jamais eu lieu », a commenté Marie-Hélène Ska, la secrétaire générale du syndicat chrétien CSC. Elle a raison. L'arrêt de travail national lundi 15 décembre a sans doute été la plus «générale» des grèves générales de 24 heures dans la riche histoire belge des grèves.

Trois mois de grève totale à l'atelier de la SNCB à Schaerbeek. Il ne faut pas être prof d’histoire pour se rendre compte qu’il s’agit d’une grève exceptionnellement longue. Durant ces trois mois, des victoires partielles ont été obtenues face au patron. Sur le terrain, les multiples tentatives de faire rentrer des briseurs de grève avec l'appui " d'amis " venus en renfort, en présence d'un huissier de justice et de la police ont été déjouées. 
 

La première des grandes mobilisations prévues par les syndicats contre les différentes mesures d'austérité a été immédiatement un franc succès.  Plus de 120.000 personnes ont envahi les rues de Bruxelles. Ce fut une manifestation historique du mouvement ouvrier belge. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, c'est la deuxième manifestation syndicale la plus importante. La première étant celle de mai  1986 qui rassemblait plus de 250 000 travailleurs dans les rues. Elle visait les mesures d'austérité du gouvernement Martens-Gol. La principale différence entre ces deux manifestations est que celle de 1986 était le point d’orgue d’un gigantesque mouvement syndical qui comportait des grèves et des manifestations. Celle d'aujourd'hui marque le début du mouvement. Elle démontre la grande capacité des syndicats à mobiliser les travailleurs.

Le gouvernement fédéral  qui se forme  sera un gouvernement DES riches,  dirigé PAR les riches et surtout POUR les riches. Pas étonnant que toutes les organisations patronales  des deux côtés de la frontière linguistique apportent leur soutien à la coalition suédoise. Trois des quatre partis réunis à la table des négociations : N-VA,  MR et Open VLD sont des représentants directs des chefs d’entreprise. Le quatrième, le CD&V, a des liens avec  le mouvement syndical chrétien: l’ACW. Ce parti est totalement soumis aux intérêts du patronat.

Le premier acte des députés fédéraux du PTB sera de déposer une proposition de loi pour interdire les licenciements dans les entreprises qui font des bénéfices. Le contenu précis de cette loi n’est pas encore connu mais il ne fait aucun doute qu’elle suscitera beaucoup d’intérêt parmi les syndicalistes. ‘Révolution’ participera certainement à la campagne autour de cette revendication. Voici nos premières réflexions et propositions au sujet de cette loi. 

Les patrons de plusieurs entreprises semblent avoir déterré la hache de guerre. Dans cette offensive, les patrons en Flandre sont en pointe. D’ArcelorMittal dans la zone du canal à Gand, en passant par Lanxess Rubber et Agfa Gevaert dans le secteur pétrochimique à Anvers jusqu’à Pauwels Sauzen en Campine, les relations entre direction et personnel se crispent.

Francis Smaïl est un délégué du personnel CGT chez Air France à Roissy. La répression dont il est victime de la part de la direction de la compagnie est de l’ordre du récit homérique. Les nombreux épisodes qui s’échelonnent depuis plusieurs années ne peuvent être rapportés ici. Nous nous en tiendrons aux événements les plus récents.

Les grèves avec occupation des usines, une des plus récentes manifestations de cette initiative, sortent des limites du régime capitaliste “normal”. Indépendamment des revendications des grévistes, l’occupation temporaire des entreprises porte un coup à l’idole de la propriété capitaliste. Toute grève avec occupation pose dans la pratique la question de savoir qui est le maître dans l’usine : le capitalisme ou les ouvriers.’ Programme de Transition, Léon Trotsky, 1938.

Paolo Brini est membre de la direction nationale du syndicat des ouvriers métallurgistes en Italie (la FIOM). Il était l’invité du meeting européen ‘Luttons pour gagner’ à Bruxelles le 9 mars. Dans cet entretien Paolo livre à Sofiane Azzaydi son analyse de la situation syndicale et politique en Italie.

Les négociations interprofessionnelles en vue de conclure un AIP (accord interprofessionnel)  ont longtemps représenté la clef de voute de la concertation sociale. En effet, c’est à ce niveau que l’on négocie les normes socio-économiques applicables à l’ensemble des secteurs privés cela afin de pousser les secteurs faibles et de prévenir la constitution de secteurs poubelle où les conditions salariales seraient exécrables. Ces AIP sont négociés au sein du groupe de dix qui réunit les syndicats et les organisations patronales. 

Même si l’attention des médias francophones s’en est complètement détournée, la lutte se poursuit chez Ford Genk. Et la résistance des travailleurs prend des formes étonnantes, entre grèves à répétition, création d’un Comité de Grève, diminution des cadences de travail et instauration de « pauses choco ».

'Patrick Humblet est professeur de Droit Social à l'Université de Gand. Il est invité régulièrment pour des formations syndicales à la FGTB et la CSC flamande. Lors d'un débat télévisé récent à la VRT (De Zevende Dag) il a pris parti pour la grève spontanée des ouvriers des entreprises sous-traitantes de Ford Genk.

'Si j'étais à leur place je monterais aussi sur les barricades'. Dans cet article il nous livre une vision critique de la 'procédure Arcelor' envisagé par des sénateurs du Parti Socialiste.'

ford genk.jpgLa grève se poursuit dans les quatre usines sous-traitantes de Ford, provoquant la poursuite de la paralysie de la production dans l’entreprise. La direction de Ford tente d’empêcher la poursuite des piquets, qui mettent également en rage les directions syndicales. Un Comité d’Action s’est formé pour permettre aux travailleurs de garder le contrôle sur leur lutte.