Les événements du 6 janvier, à Washington, ont souligné la gravité de la crise de régime qui frappe le capitalisme américain. En surface, ses institutions semblent solides. En réalité, elles sont rongées par une pourriture qui se développe rapidement.

Il y a soixante ans, 35 jours de grève ont ébranlé la Belgique. La grève générale de l’hiver 1960-61, également connue comme « la grève du siècle », n'était pas simplement un conflit social interprofessionnel ou un arrêt de travail généralisé de cinq semaines. Cette grève était un « moment volcanique », une énorme épreuve de force politique – parfois insurrectionnelle - entre la classe ouvrière, d'une part, et toutes les institutions du statu quo capitaliste, d'autre part.

Publié sur le site marxist.com en septembre 2020.

Nous sommes à un tournant décisif de l’histoire. A une telle époque, il est naturel de chercher des parallèles historiques. Mais rien ne semble vraiment correspondre à ce que nous vivons.

Les images du passage à tabac de Michel Zecler, le 21 novembre, et l’énorme succès des « marches des libertés », le samedi suivant, ont accentué la crise gouvernementale. Macron exprime publiquement sa « honte », exige une « police exemplaire » et nous fait savoir que l’Elysée a contacté Michel Zecler pour l’assurer de son amitié. Bref, le chef de l’Etat brasse un maximum d’air pour, dès que possible, passer à autre chose.

Il y a quelques jours, plusieurs articles de journaux sont sortis pour dénoncer le sexisme, le racisme et l’homophobie du groupe facebook privé « Louvain-le-mec », composé de 11 000 personnes, exclusivement des hommes (c’est le principe du groupe).

A l'occasion du 200ème anniversaire de la naissance de Friedrich Engels nous publion les 'Souvenirs personnels sur Friedrich Engels' publiés par Paul Lafargue, gendre de Karl Marx et l’un de ses plus proches collaborateurs. Paru dans Die Neue Zeit, 23 Jhrg., 1904-1905.

Les  candidats américains sont faits et défaits en fonction des dons de gros donateurs privés : c’est un secret de polichinelle. Ce qui est moins souvent analysé, en revanche, ce sont les différences entre les donateurs du parti Républicain et ceux du parti Démocrate, et leurs intérêts divergents. Si les deux partis sont reliés dans nos imaginaires à une frange de la population américaine, il serait illusoire de penser qu’ils défendent réellement les intérêts de cette population.

Lundi 23 novembre, le tribunal correctionnel de Liège a condamné 17 syndicalistes à des peines de prison avec sursis et des amendes allant de 600 à 4800 euros. Parmi ces syndicalistes se trouve aussi Thierry Bodson, le tout nouveau président fédéral de la FGTB, qui écope d’un mois de prison avec sursis.

Depuis le début de l’année, 17 féminicides (des meurtres de femmes parce qu’elles sont femmes) ont eu lieu en Belgique. Le dernier en date s’est produit le 24 octobre : une femme s’est fait poignarder en rue par son ex-mari. En 2019, ce chiffre s’élevait à 24, et en 2017 à 43[i]. Les agresseurs sont le plus souvent des (ex-) conjoints/partenaires des victimes. Mais ces féminicides ne sont que la partie émergée de l’iceberg qu’est le sexisme et ses conséquences, notamment les violences conjugales.

Le 8 novembre, vers 1h30 du matin, des hommes à bord de deux jeeps du même type de celles généralement utilisées par les services de sécurité pour les enlèvements, ainsi que trois voitures de police, ont enlevé le camarade Amar Fayaz à Jamshoro, dans le Sind. Il était assis près de la porte de la faculté de médecine Liaqat lorsque cet incident s’est produit. Depuis, nul ne sait où il se trouve. Nous appelons tous nos camarades et sympathisants à lutter pour sa libération.

La crise économique au Maroc est très profonde. Selon la Banque Mondiale, « le choc du COVID-19 pousse brusquement l'économie marocaine dans une grave récession, la première depuis 1995. »[1] Pour sa part, le ministre des Finances, Mohamed Benchaâboun, estime que la conjoncture actuelle est « périlleuse » [2].

Fin septembre à Madrid, la présidente du Parti Populaire de la communauté de Madrid, Diaz Ayuso, a décidé de confiner uniquement les quartiers pauvres de la ville.

Cet article est une version abrégée de l’éditorial publié le 3 novembre sur le site de nos camarades américains de Socialist Revolution. Bien qu’il ait été publié avant que les résultats des élections soient connus, il explique les processus généraux qui ont mené au chaos dans lequel nous nous trouvons, alors que personne n’a encore été sacré vainqueur.

Regardez la vidéo de notre Jeudi du Marxisme sur les élections américaines.

Vous pouvez lire l’article original en espagnol ici : https://www.marxist.com/un-golpe-a-pinera-y-el-regimen.htm

Une majorité écrasante de 78% a voté « J’approuve » lors du référendum sur le changement de la constitution chilienne. Seuls 22% ont voté pour garder la constitution datant de l’époque de la dictature. La classe ouvrière célèbre cette victoire, et la considère comme la sienne.

Rouge vif ! C’est d’un rouge vif qu’est marquée la Belgique - en particulier Bruxelles et la Wallonie - sur la carte européenne de la contamination au Covid-19 : le pays se trouve à la première place du nombre de contaminations en Europe.

PaxMediterranea : « Paix méditerranéenne ». Tels sont les mots utilisés par Macron pour expliquer l’envoi de navires de guerre français en Méditerranée orientale. La Grèce, le « droit international » et « la paix » y seraient menacés par les provocations de la Turquie. Comme à chaque fois que les impérialistes agitent de grandes « valeurs » pour justifier leurs manœuvres, il est important de distinguer clairement les intérêts des capitalistes de ceux des travailleurs.

L’assassinat de Samuel Paty, vendredi dernier, a soulevé une vague d’indignation à travers le pays. C’est la première fois qu’un attentat de cette nature vise un enseignant. Le personnel de l’Education nationale est sous le choc, partagé entre le dégoût, l’angoisse et la colère.

Nous demandons aux militants et aux organisations de la classe ouvrière et de la jeunesse de montrer leur solidarité avec la lutte à Haïti, en premier lieu en partageant cette déclaration, mais également en prenant des photos pour les publier avec leurs propres déclarations de solidarité et avec les hashtags #SolidaritéAvecLaLutteEnHaïti et #ABasLeRégimeMoïse. Pour ajouter le nom de votre organisation à la déclaration, contactez Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Les prochaines élections présidentielles, aux Etats-Unis, se tiendront le 3 novembre. Elles se dérouleront dans le contexte d’une crise majeure de la première puissance mondiale

Crises économique, sanitaire, écologique et politique

La crise économique mondiale frappe les Etats-Unis de plein fouet. Pour sa campagne électorale, Donald Trump avait prévu de mettre en avant ses « succès économiques », notamment en matière d’emplois. Il y avait moins de 4 % de chômeurs, dans le pays, en janvier 2020. Mais depuis, le taux de chômage a bondi à 8,4 % – et même à 16,1 % chez les jeunes.

Cela prépare – entre autres – une crise du logement sans précédent. Sur fond de flambée du chômage, 28 millions d’Américains risquent d’être expulsés de leur logement. La situation est si grave que le gouvernement fédéral a été contraint de décréter l’interdiction des expulsions jusqu’au 31 décembre.

La crise sanitaire n’est toujours pas contrôlée. Les Etats-Unis cumulent le plus grand nombre de morts : 200 000 depuis le début de la pandémie. Malgré cela, il n’y a toujours pas de stratégie cohérente et unifiée, à l’échelle nationale, pour lutter contre l’épidémie.

Comme si cela ne suffisait pas, de gigantesques incendies ravagent la Californie. Mais le réchauffement climatique, qui est en cause, est le cadet des soucis de Donald Trump. Il a même osé déclarer publiquement : « ça finira par se refroidir, vous verrez ». Mais que n’ose-t-il pas ?

Enfin, le pays s’enfonce dans une crise politique majeure. Le gouvernement actuel est contesté comme aucun ne l’avait été depuis des décennies. Le meurtre de Georges Floyd par des policiers, au printemps dernier, a fait éclater à la surface toute la colère qui bouillonnait dans les profondeurs de la société. A Portland, un commissariat de police a été incendié. Ce mouvement de masse a accentué les lignes de faille au sein de l’appareil d’Etat. Par exemple, le gouvernement fédéral a envoyé en Oregon des officiers fédéraux, alors que le gouverneur de l’Etat s’y opposait. Finalement, après quelques semaines de présence, les 114 officiers ont dû quitter une ville encore plus révoltée qu’à leur arrivée.

Faux choix

Les deux partis en lice aux élections – les Démocrates et les Républicains – dépensent des fortunes considérables pour la campagne électorale, tout en s’accusant mutuellement de vouloir truquer l’élection. Trump menace même de ne pas reconnaître le résultat, s’il lui est défavorable.

Ceci dit, cette élection ne pourra pas exprimer l’humeur et les aspirations réelles de la masse des Américains. Face à Trump, le candidat démocrate, Joe Biden, est incapable d’incarner la fulgurante radicalisation politique qui s’est développée dans ce pays, ces dernières années. Par exemple, des sondages ont montré que près de 70 % des jeunes se déclarent prêts à voter pour un « candidat socialiste ». Or Joe Biden est un politicien bourgeois – et son parti un parti bourgeois.

La radicalisation politique d’une importante fraction de la jeunesse et du salariat s’est exprimée à travers l’émergence de Bernie Sanders et d’autres politiciens « socialistes ». Avec son programme de réformes sociales progressistes et ses appels à une « révolution politique contre la classe des milliardaires », Sanders a accumulé un soutien colossal dans la jeunesse et les couches les plus exploitées de la société.

Malheureusement, Sanders a choisi (comme en 2016) de briguer l’investiture du Parti Démocrate. En 2016, après avoir perdu des primaires frauduleuses, Sanders a renoncé à se présenter comme « indépendant » ; il a soutenu Hillary Clinton. On connaît la suite : Clinton, la candidate de Wall Street, a perdu l’élection, car Trump est parvenu à capter, à sa manière, le rejet du « système ». Mais Sanders n’en a tiré aucune leçon. Après avoir perdu les primaires démocrates de 2020, il s’est rallié à la candidature de Joe Biden, le poulain de la bourgeoisie américaine.

Du fait de la capitulation de Bernie Sanders, aucun candidat ne portera, à l’échelle nationale, les aspirations socialistes de millions de jeunes et de travailleurs américains. Les deux grands partis en lice représentent exclusivement la classe dirigeante – dont la majorité, cependant, redoute une nouvelle victoire de Trump, qui est à ses yeux trop instable et imprévisible.

Joe Biden : un « moindre mal » ?

Plus les élections approchent, plus les dirigeants de la gauche réformiste américaine (dont Sanders et son entourage) multiplient les appels à voter pour Joe Biden. Ils exigent des jeunes et des travailleurs de gauche qu’ils votent pour le prétendu « moindre mal». Voter Biden, expliquent-ils, c’est sauver la démocratie, voire écarter la menace du « fascisme ».

Nos camarades de Socialist Revolution, aux Etats-Unis, rejettent ces arguments absurdes et, au final, réactionnaires. Ce sont les politiques anti-sociales et impérialistes des différents gouvernements démocrates, ces dernières décennies, qui ont préparé la victoire de Donald Trump en 2016. Or, on n’éteint pas un feu en votant pour le pyromane !

Par exemple, le racisme de la police américaine ne date pas de l’élection de Donald Trump. Joe Biden en sait quelque chose : après avoir milité pour la ségrégation raciale dans les années 1970, il a été l’architecte, en 1994, du Crime Bill, qui a mené à l’incarcération massive des noirs américains. Quant au mouvement Black Lives Matter, il a commencé sous la présidence d’Obama, dont le vice-président était Joe Biden. Le mouvement fut lourdement réprimé par la police.

Certains réformistes de gauche, dont Alexandria Ocasio-Cortez, expliquent qu’il faut voter Biden pour, ensuite, le « pousser vers la gauche ». Cela n’a aucun sens. Biden et son parti représentent la grande bourgeoisie américaine : ils seront exclusivement sensibles à la pression de Wall Street. Pour clarifier les choses, Joe Biden a récemment déclaré qu’il avait « vaincu les socialistes ». De fait, la crise économique poussera Biden à mettre en œuvre des politiques d’austérité drastiques.

En elle-même, la défaite de Donald Trump n’empêchera pas la progression de l’extrême-droite aux Etats-Unis. Pendant sa campagne, Biden a renvoyé dos à dos les manifestants antiracistes et les miliciens racistes qui attaquent les manifestations. En soutenant Biden au lieu de construire une alternative de gauche au Parti Démocrate, les partisans du « moindre mal » ouvrent la voie à l’extrême-droite, qui pourra se présenter comme la « seule alternative radicale » au système.

De fait, Joe Biden n’inspire aucune confiance à la majorité des Américains les plus pauvres. Aussi n’est-il pas certain qu’il remporte l’élection, le 3 novembre prochain, malgré le rejet massif de Trump dans la population.

Pour un parti de la classe ouvrière !

Au lieu de soutenir un parti de la classe dirigeante, les militants de gauche américains doivent s’atteler à la construction d’un véritable parti des travailleurs. C’est la perspective et la stratégie que défendent nos camarades de Socialist Revolution.

L’appel à voter pour le Parti Démocrate ne peut mener qu’à la démoralisation et à la défaite. Par ailleurs, la mobilisation des jeunes et des travailleurs est la seule voie pour vaincre à la fois les politiques réactionnaires de Trump et les attaques d’un éventuel gouvernement Biden. Aucune confiance dans les deux partis des milliardaires ! La classe ouvrière américaine doit avoir son propre parti – un parti socialiste – pour défendre ses propres intérêts !