Le 8 janvier, des partisans du président sortant Jair Bolsonaro ont envahi et saccagé plusieurs bâtiments publics dans la capitale du Brésil. Nous publions ci-dessous une déclaration de nos camarades de la section brésilienne de la TMI. L’original en portugais est disponible sur leur site.

Samedi matin, 14 janvier, une ample majorité des coopérateurs de la banque NewB a décidé la cession des activités bancaires de la coopérative. Cela s’est fait à la banque commerciale flamande VDK. Cette décision clôture une décennie d'espoirs d'une partie du mouvement syndical ainsi que celui des coopératives qui espéraient construire une alternative éthique aux banques qui furent responsables de la crise économique de 2008.

Le gouvernement illégitime de Dina Boluarte au Pérou a déclaré l'état d'urgence dans plusieurs régions et un couvre-feu à Puno, face aux protestations continues contre le coup d'État.

Depuis le 7 décembre et la destitution par le congrès du président péruvien, Pedro Castillo, les travailleurs et les paysans se mobilisent en nombre toujours plus grand. Dans certaines régions du pays, cela a pris des proportions insurrectionnelles. Les masses ont clairement perçu qu’il s’agissait d’un coup d’Etat, derrière lequel se trouvait la main de l’oligarchie capitaliste et de l’impérialisme américain.

Le 26 novembre, les militants de Sinistra Classe Rivoluzione (« Gauche Classe Révolution »), la section italienne de la TMI, ont organisé un cortège sur la manifestation nationale contre les violences faites aux femmes, à Rome. Ils y ont été la cible d’une campagne de harcèlement et d’attaques verbales de la part des organisateurs de la manifestation, des militants Queer de Non una di meno (NUDM - « Pas une de moins »).

La crise politique au Pérou s’est brutalement accélérée ces dernières heures. Le Président Castillo a décrété la suspension du Parlement, avant d’être arrêté par la police. Le parlement a voté sa destitution et a proclamé la vice-présidente nouvelle présidente du pays.

Que signifient ces événements ?

Pour le comprendre, nous devons laisser de côté les aspects constitutionnels et nous concentrer sur le cœur de ce qui vient de se produire : la CONFIEP (la confédération patronale), l’armée, la police, les médias capitalistes, l’ambassade américaine et les multinationales du secteur minier ont, via leurs agents au parlement, destitué le président Castillo du poste auquel il avait été démocratiquement élu par le peuple. Il s’agit par conséquent d’un coup d’Etat réactionnaire.

Castillo, un dirigeant syndical enseignant disposant de fortes bases dans les zones rurales, a été élu en juillet 2021, défiant tous les pronostics. C’était l’expression de la colère des masses exploitées du Pérou, des paysans pauvres, des ouvriers et des populations indigènes. Toutes les couches opprimées de la société espéraient un changement fondamental dans l’équilibre de la société, ce qu’ils ont exprimé par la revendication d’une assemblée constituante. Ils se sont ralliés au slogan de Castillo : « il ne devrait pas y avoir de pauvres dans un pays riche ». Les capitalistes qui possèdent le pays ne pouvaient pas accepter une telle situation.

Castillo, et le parti qu’il représentait – Peru Libre, avaient deux sérieuses faiblesses.

La première tenait à leur programme politique de réformes sociales sans rupture avec le capitalisme. Cette approche était purement utopique et toute tentative de l’appliquer ne pouvait avoir que deux issues : soit les réformes étaient appliquées en rompant avec le capitalisme, soit le capitalisme était préservé et les réformes étaient abandonnées.

La seconde tenait au fait que l’arithmétique parlementaire était défavorable à Castillo. La volonté démocratique des masses ne pouvait donc s’exercer que par une pression directe dans les rues. Mais jamais Castillo ou Peru Libre n’ont sérieusement appelé à une telle mobilisation, sans même parler de l’organiser.

A partir du moment où Castillo s’est résigné à n’agir que dans le cadre étroit des institutions bourgeoises, il a du faire des concessions de plus en plus importantes aux « pouvoirs en place » capitalistes. Il a renvoyé des ministres qui déplaisaient aux multinationales minières. Il a renvoyé le Chancelier contre lequel l’armée avait protesté. Il a remplacé tous ceux que n’aimait pas la confédération patronale. C’était une erreur fatale, parce ces concessions n’étaient pas suffisantes pour satisfaire l’oligarchie, qui en réclamait toujours davantage, tandis que chaque pas dans cette direction sapait la base populaire de Castillo.

Une alternative était-elle possible ? Oui. Il aurait été possible d’appeler les masses à descendre dans les rues, de dissoudre le parlement et de convoquer une assemblée révolutionnaire nationale, et de combiner ces actions avec des coups portés à la puissance économique et politique de l’oligarchie capitaliste (nationalisation du gaz, annulation des accords miniers, etc). Cette stratégie risquée aurait-elle pu échouer ? Bien sûr. Il n’y a pas de garantie de victoire dans la lutte des classes. Mais la politique de conciliation de classe, elle, ne peut mener qu’à la défaite.

Des erreurs ont aussi été commises par le parti Peru Libre (qui avait rompu avec Castillo) et son dirigeant Cerron. Au parlement, ils ont flirté avec les députés Fujimoristes (les députés de droite partisans de l’ancien dictateur Fujimori) par pure hostilité envers Castillo. AU lieu de ces manœuvres parlementaires sans principe, Peru Libre aurait dû chercher à bâtir une base de soutien parmi les masses pour exercer une pression sur la gauche de Castillo et, au cas où il y ait résisté, se préparer à le renverser.

Il y a environ un mois, Castillo avait épuisé presque tout son capital politique et ne jouissait plus que de la sympathie des couches les plus opprimées de la population, mais sans aucune organisation ni mobilisation de masse. Privé de tout soutien parlementaire, Castillo fit alors appel… à l’Organisation des Etats Américains (OEA) ! C’était déjà l’erreur commise par Evo Morales il y a quelques années en Bolivie, et elle a mené au même résultat : le renversement d’Evo ! Il semble qu’aucune leçon n’ait été retenue.

Et finalement, dans un dernier geste de désespoir, pour éviter d’être destitué par le parlement, il a tenté de dissoudre le parlement. Mais plutôt que de s’appuyer sur les masses, il semblait espérer le soutien… de l’armée !

La classe dirigeante a immédiatement réagi comme la machine bien huilée qu’elle est, et a appliqué un plan préparé d’avance. Castillo a été arrêté. Un arrangement politique est conclu entre les Fujimoristes, la droite traditionnelle et la « gauche caviar ». La destitution a été approuvée par le parlement, avec l’appui de la majorité des députés de Peru Libre et du « bloc des instituteurs », les partisans de Castillo. La vice-présidente de Castillo a été nommée présidente avec le soutien de la majorité du parlement et a appelé à un gouvernement d’« unité nationale », c’est-à-dire à un gouvernement d’unité de tous les partis contre les aspirations des travailleurs. L’OEA et les Etats-Unis ont immédiatement reconnu le nouveau gouvernement non élu. Le coup d’Etat est accompli.

Il reste à voir quelle sera la réaction des masses dans les prochaines heures. Il faut s’attendre à ce qu’elles sortent dans les rues, en particulier en dehors de la capitale Lima, dans le sud du pays et les provinces rurales. On ne peut prévoir quelles seront la force et la détermination de cette réaction populaire. Castillo a certes sapé sa propre base de soutien, mais la haine de l’oligarchie reste néanmoins profonde.

A l’étranger, il nous faut organiser la condamnation internationale du coup d’Etat, et aider à tirer les conclusions politiques nécessaires pour le Pérou et l’Amérique latine. Car même si le nouveau régime devait se consolider (et cela n’est pas du tout certain), la lutte n’est pas terminée.



Il y a une semaine sortait dans les magasins français un jeu de société abordant de façon ludique la question de l’antifascisme, de l’antiracisme, de l’antisexisme et de l’antihomophobie, son nom : « Antifa : le jeu ». Son but avoué est de sensibiliser les joueurs sur les questions d’oppressions systémiques qui existent actuellement dans la société capitaliste.

Les 26 et 27 novembre avait lieu la sixième édition de l’Ecole Francophone Internationale de la Tendance Marxiste Internationale. Près de 150 militants et sympathisants de la TMI venant de Suisse, France, Québec ou Belgique ont participé à ce week-end de formation aux idées du marxisme. Une trentaine d’autres camarades suivaient l’événement en duplex depuis Montréal, au Québec.

Tout est bon pour les dirigeants capitalistes pour essayer de resserrer les rangs autour de ce concept interclassiste qu'est la nation. On le savait. Mais si la FIFA se met à vendre ses services au plus offrant, alors les Mondiaux de foot deviennent de véritables entreprises de légitimation des politiques menées par les pouvoirs en place dans les pays qui l’organisent.

Le long de la promenade qui longe la baie de Doha, une grande horloge décompte les jours qui précèdent le début de la Coupe du monde de football. On pense alors à un autre décompte, beaucoup plus morbide : celui du nombre d’ouvriers morts sur les chantiers des infrastructures sportives.

L’inflation n’est plus sous contrôle. Comme un tourbillon, les prix de l'énergie rongent les revenus et les économies des ménages. La forte hausse des prix de l'énergie se répercute sur tous les biens et toutes les activités économiques. Il n'y a pas d'échappatoire. Il y a douze mois, les gouvernements tentent encore de nous apaiser : l'inflation sera de courte durée et limitée, affirmaient-ils. On s'attendait aussi à ce que la pandémie se transforme en un nouveau rebond économique durable.

La question n'est pas de savoir si une révolution est nécessaire. Le capitalisme est gravement malade et fait face à une impasse. D'une part, il ne produit plus que des crises, des guerres et de la misère - d'autre part, il génère de plus en plus de grèves, de protestations et de révoltes. Nous sommes entrés à échelle planétaire dans une période extrêmement turbulente - la période de la révolution mondiale !

La CNE, le syndicat ‘vert’ des employés, s’est décidée à faire de la journée du 9 novembre une grève générale. Jalil Bourhidane, permanent CNE Commerce à Bruxelles nous explique comment se prépare la grève sur le terrain. Il n’a aucun doute, la grève sera bien suivie dans le commerce.

Depuis près de six mois, le secrétaire général du syndicat Kurier (qui organise les coursiers de la livraison alimentaire), Kirill Ukrainstev, est en garde à vue. Il est accusé d’avoir organisé des évènements publics illégaux. En réalité, il est persécuté pour ses activités syndicales et pour avoir défendu les droits d’une des couches les plus défavorisées et les moins protégées de la classe ouvrière.

Certaines des idées et des pratiques du courant « opéraïste » italien refont surface aujourd’hui sur le terrain syndical au sein de groupes anarchistes et staliniens. Alessandro Giardiello, de la section italienne de la TMI (Sinistra Classe Rivoluzione), nous explique l’origine, les idées et l’impact du courant opéraïste dans les années 60 et 70.

Journée de formation et de discussion
Première session à 14h00 :
La guerre et l'impérialisme aujourd'hui
Deuxième session à 16h00 :
Une société alternative est-elle possible et pourquoi avons-nous besoin d'une révolution pour cela ?

Le mouvement de révolte des masses iraniennes dure depuis plus de quatre semaines et la répression déchaînée par le régime n’a eu pour effet que de pousser de nouvelles couches de la population dans la lutte. La jeunesse des rues et des universités a maintenant reçu le renfort de milliers de lycéens, de commerçants des bazars, mais aussi d’importants secteurs de la classe ouvrière. Une série de grèves a commencé dans le secteur pétrolier et pétrochimique, le cœur de l’économie iranienne.

En deux semaines, la grève des travailleurs des raffineries a fait nettement bondir la température sociale. Une fois de plus, les grévistes nous rappellent que pas une roue ne tourne, dans le pays, sans l’aimable permission de la classe ouvrière. A l’inverse, si les PDG et les grands actionnaires de Total et Exxon disparaissaient pendant 15 jours (et même davantage), cela passerait totalement inaperçu.

Le 13 septembre, une jeune femme kurde nommée Jîna Emînî était arrêtée à Téhéran par la « Police de la moralité », qui lui reprochait de porter son hijab d’une façon « incorrecte ». Après avoir battu son frère, ils ont torturé la jeune femme jusqu’à ce qu’elle perde connaissance. Après avoir été emmenée à l’hôpital, elle est finalement morte de ses blessures le 16 septembre.

Dans cet article, Alan Woods pose une question extrêmement pertinente pour les révolutionnaires : pourquoi, si le capitalisme est à l’agonie, ce système n’a-t-il pas encore été renversé ? En répondant à cette question, il explore les lois qui régissent les révolutions et le développement de la conscience, ainsi que le rôle décisif que joue le facteur subjectif de la direction révolutionnaire dans le processus historique.

Notre revue

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La nouvelle édition du « Staline » de Léon Trotsky

Les éditions Syllepse viennent de publier en français cette version établie par la TMI. Vous pouvez nous la commander par courriel (marxiste.be@gmail.com) au prix de promotion de 26 euros.

Staline de Trotsky

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