Le vendredi 10 mai, dix coursiers à vélo de Bruxelles et de Gand se sont rendus au siège de Deliveroo pour transmettre leurs revendications et parler à la direction. Quand ils sont arrivés sur place, ils ont trouvé porte close.

Suite de notre immersion dans le monde du travail, avec Simon ouvrier dans un groupe, présent dans le monde entier, spécialisé dans le transport et la logistique. Ici aussi, les conditions de travail sont éprouvantes et totalement aliénantes pour les travailleurs.

Si l’on vous demandait quelle était le moins prolétaire des emplois, nombreux sont ceux qui placeraient celui de designer de jeu vidéo près du haut de la liste. Jusqu’à récemment, cette opinion aurait même pu être partagée par les designers de jeu vidéo eux-mêmes. Mais maintenant, les choses sont en train de changer, et rapidement. Une prise de conscience massive est en train de se produire sur l’exploitation extrême aux fondements de l’industrie du jeu vidéo.

Le 25 et 26 octobre 2018, des coursiers de 12 pays se sont réunis à Bruxelles, représentant 34 organisations, collectifs et syndicats confondus. Ils y ont fondé la Fédération Transnationale des Coursiers, pour mener la lutte à une échelle internationale contre l’exploitation de plateformes telles que Deliveroo, UberEats, Foodora, Glovo, etc.

Qui n’a pas entendu au détour d’une conversation, les délégués syndicaux se plaindre du manque d’investissement des travailleurs : « Ça ne sert à rien !  Les travailleurs ne veulent pas bouger … Pour un match de foot oui !  Mais pour le reste …  Regardez pour les pensions ça touche tout le monde pourtant … et bien la plupart ne se sentent pas concernés, ils restent sagement assis et ne se bougent pas, etc. » ?

Accélération de la dégressivité des allocations de chômage, suppression de l’ancienneté, prépensions uniquement à partir de 60 ans et 41 ans de service, mise en place d’un service communautaire pour les chômeurs de longue durée, emplois de fin de carrière à partir de 60 ans au lieu de 55 ans, 60% du salaire après un mois de maladie pour les fonctionnaires, contrôles et activation accrus des maladies de longue durée : voilà les mesures annoncées par Michel I.

La lutte des classes menée par les patrons est de plus en plus brutale. Face à cette offensive, nous devons de nouveau apprendre à nous imposer. Le militant syndical Harry De Boer a écrit ces lignes pour partager son expérience de lutte. Ce texte date de 1987.

Les entreprises écrasent de plus en plus les travailleurs. Malgré des profits record, elles exigent concession sur concession, et en obtiennent d’ailleurs la plus grande partie. Quand les syndicats parviennent à arracher des augmentations de salaire, elles sont si maigres qu’elles compensent à peine la baisse du pouvoir d’achat due à l’inflation. Le niveau de vie baisse à vue d’œil. De nombreux travailleurs peuvent à peine survivre et doivent s’endetter.

Les travailleurs qui ne sont pas organisés au sein d’un syndicat sont particulièrement touchés.Les emplois mal payés sont de plus en plus nombreux. Sans la protection des syndicats, les travailleurs inorganisés sont exposés à toutes les attaques possibles: chômage partiel, licenciements, etc. Ils sont à la merci du bon vouloir des patrons, qui n’ont évidemment pas le moindre respect des règles en place.

Tous les deux ans, les patrons et les syndicats négocient l’Accord Interprofessionnel (AIP) qui fixe, entre autres, la marge salariale disponible. C’est cette marge qui déterminera les augmentations de salaire que les syndicats pourront négocier dans les secteurs et dans les entreprises. Le salaire étant un des nerfs de la guerre, il est naturel que le montant de cette marge fasse l’objet d’un affrontement de classe entre les représentants des travailleurs et les représentants des employeurs. Hélas dans cet affrontement, le patronat s’est entouré d’un partenaire de choix et d’armes très efficaces. D’autant plus que depuis mars 2017, la façon de déterminer cette marge a été modifiée par le gouvernement Michel.

Rares sont les films belges qui traitent de la grève ouvrière. Encore plus rares sont ceux où les ouvriers prennent la parole et livrent leur vécu de l’action collective. Au centre du documentaire « Rien ne nous est donné » se trouve la grève,  “seule arme dont nous disposons” comme l’indique Sergio, un ouvrier témoignant dans le film. Pas une seule grève mais cinq grèves, qui se déroulent toutes à Bruxelles. On y découvrira celle chez Citroën en 1969 et la dure répression qui l’a accompagnée, la lutte de l’usine de chocolats Côte d’Or en 1988, la grève de Volkswagen en 1994, les occupations de Godiva à Koekelberg en 2009 et de IAC Fiat, place Meiser à Schaarbeek, en 2010. Loin d’un documentaire historique, c’est un véritable outil qui nous est livré, comme le met en évidence la structure du film.

Entretien avec Max (conducteur – CGT), Michael (gestionnaire des moyens – SUD Rail) et Adam (CGT - CPR SNCF).

Cet entretien avec trois cheminots syndiqués a été organisé par Révolution dans la foulée de la grande journée de manifestations du 22 mars dernier.

Une grande manifestation contre le démantèlement du droit à la pension a clôturé l’année 2017. Une fois de plus, des dizaines de milliers de syndicalistes vêtus de gilets verts, rouges et bleus, ont manifesté dans les rues de Bruxelles. Ils ont été 40.000 à défier le froid, ce qui n’est pas rien pour une action organisée à toute vitesse.

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Voilà une semaine que s’achevait la grève des nettoyeurs et nettoyeuses d’ISS à l’Université Libre de Bruxelles (ULB). La multinationale s’en tire à bon compte en se pliant finalement à des dispositions légales ; mais l’élargissement du mouvement autour des travailleurs du nettoyage semble annoncer de nouvelles luttes et un questionnement plus large sur l’externalisation de nombreux services au sein de l’ULB.

Après avoir reporté l'arrêt des activités à février 2018, la direction de Dow abandonne maintenant l'idée même de fermeture. Un travailleur nous explique ce qui s'est passé.

On n’est jamais vraiment préparé à une fermeture. Les 150 travailleurs de l’entreprise de logistique DSV Logistics à Feluy ont reçu la nouvelle début février. Ils se sentent trahi par leur direction et leur client mais ne se laissent pas aller à leur sort. Ils disposent d’un butin de guerre de 14.000 palettes de marchandises pour une valeur totale de 50 millions d’euros et sont bien décidé à en faire usage. Le bras de fer a commencé. Un première victoire de taille a été obtenue. 

Interview de Mohamed Daouani, délégué syndical permanent SETCA chez AXA 

Petit rappel, le 5 septembre 2016 AXA Belgique annonçait un plan de licenciement collectif de 650 travailleurs. Trois mois et demi plus tard qu’en est-il ? 

Un retour sur 2 ans de lutte syndicale contre le gouvernement fédéral et sa politique d'austérité. Cet article est un extrait d'un document de Perspectives Belges approuvé lors de notre récent congrès. 

Coup de tonnerre dans le ciel belge, le 5 septembre 2016 AXA Belgique annonçait un plan de licenciement collectif de 650 personnes. Témoignage d'un homme militant, politiquement engagé et délégué syndical permanent chez AXA.

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Salle quasi comble un dimanche matin à Manifiesta pour entendre les échanges du meeting de solidarité avec les travailleurs de Caterpillar. L’émotion de Patricia Van Walle, déléguée d’Axa, et la rage de Michael Wamen, délégué français de Goodyear condamné à 9 mois de prison ferme, ont emporté un auditoire qui bouillait de sortir du marasme provoqué par les annonces des fermetures de Caterpillar (au bas mot, 6000 emplois en tout) et de la vague de licenciements d’Axa (650 emplois pour 2018).

La fermeture annoncée de l’usine de Caterpillar à Gosselies près de Charleroi va rayer d’un seul coup 2200 emplois. L’addition sociale est plus lourde encore si on y ajoute les pertes d’emploi auprès des sous-traitants : en tout, il est question de 6000 emplois qui risquent de passer à la trappe. Et cela dans une région où le chômage touche 13,4% de la population active.

En quelques heures, à l’appel d’un délégué syndical, une cinquantaine de travailleurs Caterpillar s’est rassemblée dimanche dernier devant les grilles du site de Gosselies. Ils y ont rejoint une petite trentaine venue en soutien des quatre coins de la Belgique : Hart Boven Hard, ex-Carolos amoureux de leur ville, travailleurs d’Audi, anciens de Ford Genk ou de ses sous-traitants…

Ces dernières années, l’intensité du travail s’est fortement accrue. Les employeurs essaient d’extraire plus de temps de travail effectif de chaque heure, de chaque minute prestée.

L’annonce du projet de loi Travail a suscité une hostilité immédiate et massive. Chaque élément de cette attaque majeure contre le Code du travail a été décortiqué, commenté, vilipendé. Les réseaux sociaux ont été saturés d’appels à l’action. Très vite, l’idée d’une mobilisation le 9 mars a circulé. Et très vite, un nombre croissant d’organisations politiques et syndicales s’y est rallié. Encouragés par cette puissante vague d’indignation, des chroniqueurs de grandes radios ont accablé le gouvernement d’un humour acide. Même certains députés « socialistes » endormis depuis 2012 ont été réveillés par la clameur.

« Nos profits valent plus que leurs vies ! » : ce détournement d’un célèbre slogan anticapitaliste est le véritable credo du patronat français. Les travailleurs subissent au quotidien une dégradation de leurs conditions de vie et de travail. La précarisation de l’emploi et le chômage de masse font planer sur chaque foyer populaire la menace de sombrer dans la misère. Les inégalités ont atteint des niveaux inédits. La richesse s’entasse dans les coffres d’une minorité tandis que l’immense majorité s’appauvrit. Mais l’ogre patronal ne pousse qu’un seul cri : « J’en veux encore plus ! » – « Tout de suite ! », lui répond le gouvernement.

L’appel ci-dessous a été traduit dans plusieurs langues et diffusé dans des dizaines de pays à travers le monde.

Le 12 janvier dernier, huit anciens salariés de Goodyear, dont cinq élus CGT, ont été condamnés à deux ans de prison, dont 9 mois ferme. Officiellement, cette peine sanctionne leur participation à la « séquestration » de deux cadres dirigeants de Goodyear, pendant 30 heures, en janvier 2014. Après 7 années de lutte contre la fermeture de leur usine, à Amiens, les salariés se heurtaient au mutisme de la direction, qui refusait de répondre à leurs revendications. En retenant les deux cadres dirigeants dans les locaux de l’usine, les travailleurs ont cherché à obtenir la discussion qui leur était refusée. Les deux dirigeants de Goodyear n’ont pas été maltraités ; ils pouvaient téléphoner ; ils avaient de quoi boire et manger.