Le temps de travail et le temps libre sont des enjeux importants ! La durée du temps de travail recouvre aujourd’hui des réalités très complexes, entre CDD et CDI, temps partiels, stages et autres aménagements. Flexibilité et disponibilité sont vues par les entreprises comme des valeurs essentielles du travail. Dans cette optique sont remis en cause les horaires, les week-ends, l’âge de la pension ou certains jours fériés.

Loin de se réduire, le temps de travail s’est même allongé. Les outils technologiques

(Internet, ordinateurs portables, smartphones…) contribuent à l’irrégularité et l’imprévisibilité des horaires : foyers ou transports publics deviennent le prolongement de nos bureaux.

La persistance du chômage structurel et massif et l’explosion des maladies professionnelles remettent à l’ordre du jour les revendications en matière de réduction et d’aménagement collectifs du temps de travail, en contradiction avec les politiques européennes mises en place pour plus de flexibilité et de compétitivité.

La diminution du temps de travail s’explique en partie par l’augmentation de la productivité du travail, liée au progrès technique, mais a également été obtenue au prix de luttes sociales et politiques pour un meilleur partage des gains de cette croissance. La journée des 8h de travail est adoptée officiellement dans notre pays le 14 juin 1921.

La bataille pour le temps libre a toujours été un combat. Aujourd’hui encore, le temps disponible demeure le reflet des inégalités sociétales. Les congés thématiques (réduction individuelle du temps de travail) ou les années sabbatiques ne sont pas accessibles à tous. Certains travailleurs ne peuvent tout simplement pas se permettre sur un plan économique de diminuer leur temps de travail. C’est pour cela que la réduction collective du temps de travail, avec embauche compensatoire, sans perte de salaire, est une solution plus égalitaire.

Le 15 février 2022, le gouvernement fédéral annonce un projet de réformes de flexibilisation du marché du travail afin d’augmenter le taux d’emploi : 80% à l’horizon 2030 contre 71% actuellement. La Vivaldi veut tirer les enseignements de la crise du Covid, donner aux salariés plus de souplesse, plus de flexibilité pour concilier leur vie privée et leur vie professionnelle. Une de ces mesures consiste à prester, sur base volontaire, le temps de travail hebdomadaire sur 4 jours au lieu de 5.

Concrètement cela signifie des journées de travail de 10 heures. Imaginez-vous, par exemple, quel que soit leur âge, les travailleurs du secteur de la propreté publique balayant les rues pendant 10h ou un travailleur à la chaîne dans un abattoir découpant des quartiers de viande. Parions qu’ils ne profiteront pas de ce jour « en plus » car ils seront trop occupés à récupérer physiquement sans parler de l’usure de leur corps. De plus il faudra réorganiser la vie sociale : allongement des heures d’ouverture des crèches, garderies des écoles, des grandes surfaces, …

Une fois de plus c’est une gifle magistrale que le gouvernement assène aux syndicats et aux travailleurs ! Eux qui militent depuis de nombreuses années, pour une réduction collective du temps travail, sans perte de salaire, avec embauche compensatoire ce qui permettrait de mieux répartir le temps de travail entre tous les salariés, fournirait du travail aux sans-emploi, aux jeunes, aux travailleurs peu qualifiés et/ou à temps partiel. Cette mesure permettrait une meilleure qualité de vie et aurait un impact positif sur le bien-être et la santé des travailleurs. Et enfin elle assurerait plus d’égalité hommes-femmes.

Les gouvernements grignotent petit à petit les conquêtes sociales durement arrachées par nos aïeux.

Cette semaine de 4 jours à la sauce Vivaldi est tout sauf une réduction collective du temps de travail car au lieu de dégager du temps libre en réduisant et en partageant collectivement le temps de travail, au lieu de créer de l’emploi, c’est une compression du temps de travail que le gouvernement tente d’instaurer. Alors que la souffrance au travail n’a jamais été aussi importante, le stress et le burnout sont le lot quotidien des travailleurs. Pour rappel depuis 2016, on compte davantage de malades de longue durée que de travailleurs sans-emplois. Certains emplois sont impossibles à assumer à temps plein jusqu’à l’âge de la pension (67 ans).

Cette nouvelle mesure ne fera qu’augmenter la pression sur les travailleurs. C’est donc tout sauf un progrès mais bien une régression. Qui peut penser que les entreprises abandonneront leur objectif de maximalisation des profits ?

Le capitalisme n’a rien d’autre à offrir aux travailleurs que la détérioration du niveau de vie. Les salariés perdent la maîtrise du temps, ce qui engendre du stress, l’augmentation des absences pour cause de maladie professionnelle et accidents du travail. Ces facteurs entraînent une précarisation des conditions de vie des travailleurs et ne résolvent en rien le problème du chômage. C’est pourquoi nous marxistes nous considérons que la seule voie réaliste pour aller de l’avant est le renversement du capitalisme et la lutte pour l’intérêt commun de la classe ouvrière de toutes les nations. N’hésite pas à nous contacter si tu veux te joindre à nous dans cette lutte !

 

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