A l’heure où nous écrivons ces lignes (25 avril), la grève des cheminots et la mobilisation étudiante se maintiennent à un niveau élevé, malgré les violences policières et la propagande incessante, hostile, insultante, des grands médias. Par ailleurs, des grèves éclatent, chaque jour, dans différentes entreprises et services publics. Bien sûr, ces grèves passent sous les radars médiatiques. Mais leur multiplication confirme qu’il s’agit du début d’un mouvement général contre l’austérité salariale, la dégradation des conditions de travail, le manque de personnel – et tant d’autres problèmes qui prennent différentes formes concrètes, selon les secteurs, mais découlent tous de la même offensive de la classe dirigeante et de ses gouvernements successifs.

La grève des cheminots a donné une nette impulsion à la mobilisation d’autres secteurs du salariat – et à la mobilisation des étudiants. Eboueurs, salariés d’Air France, fonctionnaires, avocats, postiers, travailleurs des Hôpitaux et des EHPAD (entre autres) : chaque jour, de nouveaux secteurs se lancent dans la lutte ou s’y déclarent disposés. La « convergence des luttes » n’est plus seulement un mot d’ordre ; c’est un fait.

Ce numéro de Révolution (France) paraît à la veille d’un mouvement social qui pourrait marquer un tournant dans l’évolution du rapport de force entre notre camp – la jeunesse et les salariés – et le camp d’en face, celui du grand patronat, dont le gouvernement Macron est l’organe exécutif.

Le président Macron et son gouvernement « décrochent », dans l’opinion. Selon un sondage publié le 16 août, 62 % des Français seraient déjà insatisfaits de l’action et des annonces de l’exécutif. Sur les plateaux de télévision, les chantres de la nouvelle majorité font grise mine et, pour se rassurer, soulignent des « erreurs de communication ».

57,4 % des inscrits ne se sont pas rendus aux urnes, hier, pour le deuxième tour des élections législatives (contre 51,3 % au premier tour). Ce n'est pas surprenant : dans bon nombre de circonscriptions, les électeurs n'avaient plus le choix qu'entre « bonnet blanc » et « blanc bonnet », sous diverses étiquettes (LREM, LR ou même PS).

Le premier tour des législatives a marqué un nouveau record d'abstention à cette élection : 51,3 % (contre 42,8 % en 2012). La « vague » de la coalition En Marche/Modem doit donc être ramenée à sa juste dimension : les abstentionnistes ont été beaucoup plus nombreux que les électeurs de la « majorité présidentielle ».

 

L’élection présidentielle la plus chaotique de la Ve République vient d’accoucher d’un nouveau chef de l’Etat. A l’issue du premier tour, on connaissait déjà le vainqueur du deuxième. Des millions d’électeurs de gauche se sont fait violence et sont allés voter pour Macron afin d’assurer la défaite de Marine Le Pen. Il faut dire qu’aucun dirigeant de gauche ou syndical ne leur proposait une alternative concrète ; la plupart ont même appelé à voter pour le candidat d’En Marche ! Cependant, les 20,7 millions de suffrages qui se sont portés sur Macron n’ont pas de signification politique positive. Lorsqu’on mélange des voix qui, au premier tour, s’étaient portées sur Fillon, Macron, Hamon ou Mélenchon, on n’obtient rien de plus qu’une masse informe, sans physionomie de classe.

Selon ses propres dires, Emmanuel Macron ne serait « ni de droite, ni de gauche ». Cette posture transcendantale avait pour objectif d’attirer des électeurs confus de tous les bords. Il y est parvenu – grâce à la profonde crise du PS et des Républicains. Mais lorsqu’on analyse à la fois le parcours et le programme de Macron, il ne fait aucun doute que le probable futur président de la République est de droite, c’est-à-dire un défenseur des intérêts de la classe dirigeante et un ennemi acharné de notre classe.

Les résultats du 1er tour de l’élection présidentielle ouvrent une nouvelle phase de la crise politique en France. Comme en avril 2002, le deuxième tour opposera la droite à l’extrême droite. Mais bien des choses ont changé depuis 2002. La crise économique de 2008 est passée par là. La probable victoire d’Emmanuel Macron, dans deux semaines, ne débouchera pas sur la relative stabilité politique dont Chirac avait bénéficié dans la foulée de sa victoire en mai 2002. La recomposition à l’œuvre sur l’ensemble de l’échiquier politique ouvre une période d’incertitude et d’instabilité majeures. Les élections législatives de juin en seront la première illustration. Rien ne garantit qu’elles donneront au chef de l’Etat une majorité parlementaire solide.

L’énorme succès de la campagne électorale de Mélenchon a plongé de nombreux journalistes et « experts » dans un état de stupéfaction mêlée d’effroi. Ils lèvent les bras au ciel : « Qui aurait pu prévoir, il y a un mois à peine, que Mélenchon serait en position de se qualifier au deuxième tour de la présidentielle ? Personne ! »

La Guyane vit la plus grande mobilisation de son histoire. Samedi dernier, 37 syndicats réunis au sein de l’UTG, ont décidé d’appeler à la grève générale illimitée à partir du lundi 27 mars. La grève générale implique la quasi-totalité des travailleurs des différents secteurs de l’économie.

Depuis le lancement de la France insoumise, en février 2016, Révolution participe à ce mouvement et appelle à s’y impliquer. En même temps, nous expliquons ce qui, selon nous, devrait être modifié ou complété dans le programme de la France insoumise. Ce soutien critique, nous le formulons d’une façon positive et constructive, de façon à faciliter le dialogue avec tous ceux – très nombreux – qui soutiennent Mélenchon.

La campagne électorale de Jean-Luc Mélenchon rencontre un puissant écho. Des millions de jeunes et de travailleurs sont déterminés à voter pour le candidat de la France insoumise, le 23 avril. Les meetings sont massifs et enthousiastes. Depuis le lancement des « groupes d’appuis », en février 2016, leur nombre a beaucoup augmenté et ils déploient une activité croissante. Sur les réseaux sociaux, les performances de la France insoumise sont largement supérieures à celles de tous les autres candidats.

Le premier tour de la présidentielle française aura lieu dans moins de cinquante jours. Il s'agit certainement de l'élection la plus imprévisible de l'histoire de la Ve République. Nous publions ici l'éditorial de nos camarades français de Révolution sur la situation politique française.

Le dimanche 5 février, Jean-Luc Mélenchon, candidat aux présidentielles françaises 2017 pour la France Insoumise, a tenu une conférence publique à Lyon. Aux 12.000 personnes présentes à Lyon s’ajoutaient les 6.000 participant-e-s à la diffusion d’un hologramme dans la banlieue parisienne ainsi que 40.000 internautes suivant le live sur facebook (selon les organisateurs). Ces chiffres impressionnants font preuve d’un grand intérêt à l’égard d’un candidat qui souhaite « une Révolution citoyenne ». La Jeunesse Socialiste Genève et le courant marxiste l’étincelle étaient présents sur place.

La défaite de Manuel Valls à la primaire du PS a été célébrée, ou au moins appréciée, très au-delà des 1,2 million d’électeurs de Benoit Hamon. L’ex-Premier ministre est l’un des représentants les plus conséquents de la ligne droitière, pro-capitaliste, de la direction du Parti Socialiste. Lors de la primaire du PS de 2011, il fut très minoritaire : 5,6 % des suffrages. Malgré cela, le président Hollande lui confia d’abord le Ministère de l’Intérieur, puis Matignon. La logique de cette promotion était claire : face à la profonde crise du capitalisme, la classe dirigeante française exigeait de sévères contre-réformes – et donc, pour les mener, un chef du gouvernement doté d’une certaine poigne, d’un cynisme sans faille et d’un dévouement total à la cause du grand Capital. Bref, Manuel Valls.

La présidentielle de 2017 ne sera pas une élection normale précédée d’une campagne normale. Ces dernières décennies, ce scrutin consistait en général en un duel annoncé entre le candidat du PS et un candidat de la droite traditionnelle. Cette norme, cependant, a connu une première exception le 21 avril 2002, lorsque Jean-Marie Le Pen éliminait Lionel Jospin (PS) dès le premier tour.

Le 21 juillet dernier, l’Assemblée nationale adoptait la loi Travail. Ce jour-là, l’hémicycle était pratiquement désert – ultime pied de nez de la « démocratie » bourgeoise à la grande majorité de la population, qui rejette cette contre-réforme.

Un article écrit par nos camarades français, mais qui s'applique aussi bien sur la Belgique. Ici aussi, l'épouvantail du burkini est agité pour faire distraction. La N-VA veut l'interdire sur les plages et dans les piscines. En réalite ce parti et les autres partis de droite veulent cacher leur politique brutale d'austérité derrière le burkini. 

La loi Travail sera adoptée à l’Assemblée nationale d’ici le 22 juillet, après un ultime retour au Sénat. Le gouvernement « socialiste » a donc remporté cette bataille. Pour ce faire, il a eu recours à des niveaux de répression policière inédits dans l’histoire récente du pays, ainsi qu’à une violente campagne d’insultes et de stigmatisation visant les militants de la CGT engagés dans la lutte. Après avoir instrumentalisé les « casseurs » pour discréditer le mouvement, le gouvernement en a pris prétexte pour soumettre les dernières manifestations parisiennes à un filtrage et un encadrement policier massifs, entravant de facto le droit de manifester.

La lutte contre la loi Travail est entrée dans une nouvelle phase, une phase décisive. Le développement de grèves et blocages reconductibles, dans plusieurs secteurs clés de l’économie, a changé la dynamique du mouvement. Tout s’accélère. Après une série de « journées d’action », ces deux derniers mois, auxquelles le gouvernement a répondu par la violence policière et le 49-3, l’objectif immédiat du mouvement est désormais de paralyser l’économie. C’est sa seule chance de victoire.

Le 51e congrès de la CGT, qui s’est tenu à Marseille du 18 au 22 avril, marque une différence qualitative par rapport aux précédents congrès. Il s’est tenu au beau milieu de la lutte contre la loi Travail. Or la stratégie de la direction confédérale de la CGT, dans ce combat, a suscité de nombreuses critiques. Les militants ont en mémoire l’échec de la même stratégie – celle des « grandes journées d’action » – lors de la lutte contre la réforme des retraites, en 2010. Pour cette raison (et d’autres), les interventions des délégués étaient nettement plus critiques que lors des précédents congrès.

A la veille de la nouvelle journée d'action du 28 avril, le rejet de la loi Travail, dans la jeunesse et le salariat, n’est plus à démontrer. D’après les sondages, 70 % de la population s’oppose à cette loi réactionnaire. Le 31 mars, plus d’un million de personnes manifestaient pour exiger son retrait. Le soir même se tenait la première Nuit Debout. Les lycéens et étudiants sont descendus dans les rues à de nombreuses reprises, malgré les violences et provocations policières.

Dès leur lancement à Paris, le 31 mars dernier, les Nuits Debout ont connu un immense succès. Très vite, le mouvement a essaimé dans d’autres villes françaises.

Les résultats du premier tour des élections régionales confirment et accélèrent la dynamique électorale qui s’est déjà manifestée à l’occasion de tous les scrutins intermédiaires depuis 2012. Les attentats du 13 novembre ont évidemment aidé le FN à réaliser cette nouvelle percée. Mais tous les éléments étaient déjà réunis et poussaient dans cette direction. Le FN bénéficie de la crise du capitalisme, de la croissance ininterrompue du chômage, de la politique d’austérité du gouvernement « socialiste », du discrédit qui frappe le parti de Nicolas Sarkozy – et enfin de l’incapacité du Front de Gauche à s’unir et constituer une alternative crédible. L’ensemble de ces éléments explique aussi le très haut niveau de l’abstention, qui concerne un électeur sur deux.

La tragédie du 13 novembre, à Paris, marque une étape sinistre dans l’expansion des attaques revendiquées par l’Etat Islamiques (EI). Par leur ampleur, leur férocité et leur caractère aléatoire, les attentats de vendredi font davantage penser à Beyrouth ou Bagdad qu’à Londres ou Paris. Le Moyen-Orient est arrivé en Europe.

Les attentats qui ont frappé Paris ont suscité la révulsion et la colère de millions de jeunes et de travailleurs. Trois jours plus tard, ces sentiments sont loin de s’éteindre. La peur de nouveaux attentats est palpable. Elle est nourrie par l’incapacité manifeste des autorités à empêcher le carnage de vendredi soir, dix mois après l’attaque visant Charlie Hebdo. Ce week-end, les rues quasi désertes des grandes villes témoignaient de cette angoisse collective.

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