La lutte des classes s’intensifie en Grande-Bretagne, où les cheminots sont en grève. La presse de caniveau crie à la « guerre de classe ». Et pour une fois, elle a raison. Voici la traduction d’un article publié par nos camarades de Socialist Appeal, la section britannique de la TMI.

Le 21 juin, les cheminots ont entamé la première des trois journées de grève planifiées cette semaine. A travers le pays, les gares ont fermé et les trains se sont arrêtés.

A Londres, les grévistes des chemins de fer ont été rejoints par des employés des transports publics, syndiqués à la RMT (« Rail, Maritime and Transport »), qui ont mis le métro à l’arrêt et paralysé la capitale.

Il s’agit de la plus grande grève des chemins de fer depuis des décennies. Elle s’annonce comme un grand combat pour l’ensemble du mouvement ouvrier. Les cheminots luttent pour défendre leurs emplois, leurs salaires et leurs conditions de travail.

Cette lutte pourrait bien être la première d’une série de grandes grèves, dans les mois à venir, car c’est l’ensemble de la classe ouvrière qui va devoir se battre pour protéger son niveau de vie face à l’inflation et aux coupes salariales.

Il est donc vital que les cheminots gagnent cette grève, car cela encouragerait toute la classe ouvrière.

Hystérie médiatique

Cette seule journée de grève a suffi à effrayer la classe dirigeante, qui a commencé à attaquer et diffamer le syndicat des cheminots. L’appareil médiatique du patronat a lancé une offensive féroce contre la RMT. Le syndicat a été qualifié d’« extrémiste », son secrétaire général Mick Lynch de « marxiste », et ses membres « surpayés » de victimes d’un « chantage » orchestré par leurs dirigeants pour « miner » le pays.

Il faut s’attendre à ce genre de mensonges et d’hystérie, dès lors que la classe ouvrière organisée passe à l’action et se bat pour ses propres intérêts.

Ceci dit, la presse à scandales a dit la vérité sur un point. Le Sun, torchon du milliardaire Murdoch, titrait ce matin : « C’est la guerre de classe ! », alertant sur la possibilité d’une vague de grèves durant l’été, à l’initiative d’autres secteurs de la classe ouvrière.

Mick Lynch a su se défendre face aux chiens de garde des capitalistes – qu’il s’agisse de journalistes sensationnalistes ou de députés conservateurs. Dans de nombreuses interventions médiatiques, le secrétaire général de la RMT a méthodiquement réfuté leurs inepties en mettant en avant les raisons réelles de la grève.

Malgré le déluge de propagande réactionnaire, un sondage récent a montré qu’une majorité de la population (58 %) soutient la grève. Alors que les patrons font tout pour diaboliser la RMT, les personnes interrogées par cette même enquête ont répondu que le gouvernement conservateur portait une plus forte responsabilité dans le déclenchement de la grève que le syndicat.

En effet, les revendications de la RMT – défense des emplois et hausse réelle des salaires – ont un écho certain parmi les travailleurs britanniques solidaires des grévistes, alors que l’inflation s’élève à 9,1 %, un chiffre inédit depuis quarante ans.

Le Parti « travailliste »

Dans sa quête de respectabilité, dirigeant du Parti travailliste, « Sir » Keir Starmer, a conseillé au groupe parlementaire de son parti de ne pas se rendre sur les piquets de grève de la RMT. Mais même cette attitude lamentable n’a même pas réussi à apaiser les capitalistes. Malgré les efforts de la direction travailliste pour tenir le parti à distance des grèves, les Conservateurs et la presse de droite ont continuellement essayé de lier les deux – alors même que la RMT n’est pas affiliée au Parti travailliste !

Le refus de Starmer de soutenir la grève a écœuré les travailleurs et les militants du mouvement ouvrier. Cependant, un certain nombre de députés travaillistes ont désobéi aux ordres de leur chef et sont allés sur les piquets de grève pour exprimer leur solidarité. Leur résistance est bienvenue. Le soutien aux travailleurs en lutte est le strict minimum attendu de n’importe quel élu « travailliste ».

Les piquets de grève

Les militants de Socialist Appeal ont aussi affiché leur solidarité avec les grévistes, hier, en se rendant sur des piquets de grève, d’un bout à l’autre du pays. Les grévistes nous ont raconté des anecdotes témoignant d’une culture de harcèlement et de racisme de la part de la direction de l’entreprise, qui affecte la santé mentale des travailleurs.

Des membres d’autres syndicats – dont la CWU, Unison, la NEU et Unite – sont aussi venus pour apporter leur soutien.

Nos camarades ont discuté avec des membres locaux de la RMT. Ces derniers ont souligné que les Conservateurs essayaient d’instrumentaliser leur opposition à cette grève pour attaquer l’ensemble du mouvement ouvrier. Mais la situation se retourne contre eux, car la plupart des travailleurs font face, eux aussi, à des attaques sur leurs salaires réels et leurs conditions de travail, si bien qu’ils soutiennent le mouvement de grève.

Un des grévistes a déclaré que la seule issue était de mobiliser l’ensemble du mouvement syndical, dans l’optique d’une grève générale pour renverser les Conservateurs.

Les camarades intervenant sur le piquet de grève de Liverpool Street ont interviewé le secrétaire des cheminots de Londres-Est, Walé Agunbiadé, qui a également évoqué la force du soutien public, ainsi que les inégalités croissantes.

Les militants londoniens de Socialist Appeal ont aussi rejoint le piquet de la gare de Kings Cross, pour y aider à distribuer des tracts de la RMT et parler de la grève avec les passants. Les camarades ont constaté une ambiance optimiste sur le piquet de grève. Sur la grande ligne de chemin de fer de la côte est [qui relie Londres à Edimbourg], seuls 30 % du service était assuré, alors que le patronat espérait qu’il tourne à 80 %. De nombreuses voitures ont klaxonné en solidarité avec les grévistes, tandis que les piétons saluaient le piquet en levant le pouce.

Nos camarades se sont également rendus sur le piquet de grève de Newcastle. Le soutien de la population locale y était évident. Un passant a déclaré : « Il était tant qu’on se lève face aux patrons, qui croient pouvoir s’en sortir en traitant leurs employés comme cela ! »

Un gréviste nous a dit : « Le soutien du public est important. Les gens comprennent que nous ne gagnons pas 41 000 livres par an [chiffre avancé par la droite]. Les attaques et les mensonges des Conservateurs ne les ont pas trompés. » Un autre gréviste a enchainé : « Pourquoi est-ce qu’on serait en grève si on gagnait plus de 40 000 livres par an ? Ils racontent vraiment des bêtises. »

A Leeds aussi le piquet de grève était d’une grande solidité. Les travailleurs parlaient de la sécurité comme de leur préoccupation majeure, avant même les salaires, car les coupes budgétaires conduisent à une augmentation des risques – et même à des morts.

Les membres de la RMT ont clairement compris le rôle de leur grève, comme première vague d’un tsunami d’actions militantes. Beaucoup d’entre eux ont exprimé l’idée qu’ils n’étaient pas seulement en grève pour eux-mêmes, mais pour l’ensemble de la classe ouvrière.

Nos camarades ont également soutenu des piquets de grève dans les villes de Sheffield, Norwich, Ipswich, Cardiff, Clacton-on-Sea, Cambridge, Morpeth, Acton, et bien d’autres, aux quatre coins du pays.

Un tournant décisif

Cette grève pourrait marquer un tournant décisif dans la lutte des classes en Grande-Bretagne. Tous les regards se tournent vers la RMT. Une victoire des grévistes stimulerait l’ensemble du mouvement syndical, qui a déjà gagné en dynamisme au cours de l’année passée, comme en témoigne la multiplication des grèves et des conflits dans différentes régions et branches d’industrie.

Ce fait est d’ailleurs reconnu par les Conservateurs. Le député Dominic Raab a déclaré que « nous [comprenez : la classe dirigeante] ne pouvons pas permettre aux syndicats de gagner cette bataille ». Il est donc vital que l’ensemble du mouvement ouvrier apporte son soutien à la RMT.

Une grève nationale des enseignants est déjà envisagée. Le syndicat NEU a averti le gouvernement qu’il s’en remettrait au vote de ses membres si la revendication de hausse des salaires n’était pas satisfaite.

Plus de 115 000 postiers du Royal Mail – organisés par la CWU – sont également prêts à voter une grève pour leurs salaires.

Le mouvement pourrait s’étendre aussi à la Fonction publique, aux tribunaux et à l’industrie des télécommunications. Il est hors de doute que des victoires de ces travailleurs inciteraient également les employés du système de santé et des administrations locales à se mobiliser à leur tour.

Les dirigeants syndicaux doivent fournir une stratégie de combat, en organisant une action coordonnée entre les différents mouvements – non seulement pour renforcer chacune de ces luttes et obtenir des victoires, mais aussi pour renverser ce gouvernement des milliardaires et des patrons.

Comme l’a correctement exprimé Nick Oung, membre de la RMT et militant de Socialist Appeal : « Plus grande sera notre grève, meilleure sera notre victoire ! »

 
 

Une chasse aux sorcières est en cours dans le Parti travailliste britannique (Labour). Pour rappel, son aile droite en a repris la direction après la défaite du parti – alors dirigé par Jeremy Corbyn, de l’aile gauche – aux élections générales de 2019. L’aile droite avait d’ailleurs largement contribué à cette défaite : elle avait ouvertement saboté la campagne électorale du Labour.

 

Depuis la semaine dernière, l’Angleterre connaît un déversement de colère et d’indignation après que le corps de Sarah Everard, 33 ans, ait été découvert dans le Kent. Celle-ci a été enlevée puis assassinée alors qu’elle rentrait chez elle après avoir rendu visite à une amie, dans le sud de Londres. Un policier en congé a été arrêté et inculpé pour ce crime. Durant la fin de semaine, un rassemblement en son honneur à Clapham a été brutalement dispersé par les forces de police, prétextant un non-respect des restrictions anti-coronavirus.

Face à la perspective d’être tenu pour responsable d’une catastrophe meurtrière, le Premier ministre a changé de cap par rapport à sa première stratégie du « laisser-faire ». Néanmoins, le gouvernement de Johnson navigue à vue et la Grande-Bretagne entre dans des eaux troubles.

Après 5 jours exaltants à Brighton, la conférence du Parti Travailliste (Labour) se termine. En réalité, ce fut un rassemblement pré-électoral avec des enchaînements de promesses radicales qui ont enthousiasmé les membres et les électeurs. Il faut maintenant lancer le combat contre les Tories [Parti Conservateur, NDT] !

Fin septembre avait lieu la conférence annuelle du Labour, le parti travailliste britannique. Daniel Morley, du Socialist Appeal, analyse à quelles conditions les demandes du mouvement soutenant Jeremy Corbyn pourraient devenir réalité. Son analyse vaut pour tous les programmes réformistes de gauche.

 

Le choc au sein des membres de l’aile droite du Parti travailliste était évident simplement en voyant leur regard en sortant de la conférence du parti de samedi [le 24 septembre]. Leur rêve d’une victoire d’Owen Smith, le soi-disant candidat de « l’unité », s’est envolé en poussière. Cela crée une situation de crise et de désarroi au sein de l’aile droite du parti. Malgré que plusieurs avaient déjà concédé la victoire à leur adversaire, ils espéraient tout de même pouvoir réduire la marge de victoire de Jeremy Corbyn. Malgré tout, ils ont échoué lamentablement.

Les coursiers de Deliveroo à Londres, 'entrepeneurs indépendants', ont fait preuve d'une formidable conscience et de capacité d'action collective. Depuis le succès de leur grève, les coursiers de UberEAT sont aussi parti en action. Que se passe-t-il chez les coursiers ?

Le 23 juin 2016, le peuple de Grande-Bretagne a pris une décision historique. Après avoir fait partie de l’Union Européenne pendant 40 ans, il a voté pour lui tourner le dos. Cette décision a des conséquences immenses pour l’avenir de la Grande-Bretagne, de l’Europe et du monde.

L’élection triomphale de Jérémy Corbyn à la tête du Parti travailliste (Labour), le 12 septembre dernier, est un séisme politique majeur qui bouleverse en profondeur le paysage politique britannique. C’est un coup sévère porté aux dirigeants « blairistes » qui, ces dernières décennies, ont poussé le Labour toujours plus loin vers la droite, au point que son discours officiel ne se distinguait pratiquement plus de celui des Conservateurs. Cette dérive droitière fut la cause fondamentale de la victoire par défaut de David Cameron aux élections législatives de mai dernier, mais aussi de l’ascension du SNP en Ecosse, où presque tous les députés travaillistes ont été battus.

Suite à sa défaite cinglante aux élections législatives de mai dernier, en Grande-Bretagne, Ed Miliband a démissionné de la direction du parti travailliste. L’élection du nouveau chef du Labour est en cours ; les résultats seront communiqués le 12 septembre.

Cet article est paru le 8 mai 2015 sur le site de Socialist Appeal, le journal de la section britannique de la Tendance Marxiste Internationale.

Les grandes entreprises et les spéculateurs de la City de Londres fêtent la victoire de leurs amis du Parti Conservateur. Les bouchons de champagne volent et la valeur des actions monte en flèche. Le parti des riches est de nouveau en selle, avec une majorité inattendue à la Chambre des communes. Ce sera un gouvernement des riches, par les riches et pour les riches.

Récemment, l’Armée Nationale Irlandaise de Libération (INLA) a annoncé qu’elle renonçait à la « lutte armée » – c’est-à-dire, en fait, aux méthodes terroristes. C’est un grand pas en avant pour cette organisation et pour le républicanisme de gauche, en Irlande.

Le jeudi 1er mai dernier fut un véritable « jeudi noir » pour le gouvernement travailliste de Gordon Brown. C’était le plus mauvais résultat électoral des travaillistes en quarante ans. Dans ces élections locales, le Parti Travailliste n’a obtenu que 24% des voix, contre 44% pour le parti principal de la droite britannique, le Parti Conservateur.

 


Lors d’une récente réunion publique, à Londres, des militants « d’extrême gauche » ont interpellé John McDonnell, un député de la gauche du Parti Travailliste, en lui reprochant d’être membre du même parti que Tony Blair et Gordon Brown. Notre camarade Harry Whittaker, un vétéran du mouvement syndical, leur a répondu de la façon suivante :

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