En début de semaine dernière, le gouvernement suédois a déposé une demande formelle d’adhésion à l’OTAN. Nos camarades de Revolution, la section suédoise de la TMI, s’y opposent et ont publié cette déclaration le 18 mai.

L’impérialisme américain est le plus puissant soutien de l’exploitation capitaliste, de la pauvreté et de la misère. Le gouvernement de Stockholm a décidé qu’il était dans l’intérêt de l’impérialisme suédois de rejoindre l’OTAN, l’alliance militaire que dirigent les Etats-Unis. Nous déclarons : à bas l’OTAN, à bas l’impérialisme – vive la solidarité internationale de la classe ouvrière !

Il y a à peine plus de vingt ans, après le 11 septembre 2001, l’impérialisme américain invoquait l’Article 5 de la charte de l’OTAN, le Traité de l’Atlantique Nord. Cet article stipule qu’une attaque militaire contre l’un des Etats membres équivaut à une attaque contre chacun d’entre eux.

Cet article était alors activé pour une raison : rallier les Etats membres de l’OTAN pour rejoindre l’invasion de l’Afghanistan. Ils ont ensuite passé vingt ans à « promouvoir la démocratie et la liberté » en rasant le pays, en détruisant des millions de vies et en laissant derrière eux un pays au bord de la dislocation, placé de nouveau sous le joug des Talibans.

L’OTAN est l’expression militaire de l’impérialisme américain, et il n’est pas nécessaire de mentionner la longue liste de ses crimes (de guerre). La bourgeoisie suédoise, qui cherche à se présenter comme défenseure de la « paix », de la « démocratie », etc., prétend naturellement que l’OTAN est un outil de défense. Ce n’est vrai que si vous voulez dire par là la défense du droit des Etats-Unis, de la France, de l’Allemagne, de la Grande-Bretagne… à assassiner, piller et voler librement à travers le monde. Les travailleurs suédois ne seront pas plus en sécurité au sein d’une telle alliance – bien au contraire.

Des intérêts impérialistes

L’impérialisme suédois est un joueur trop petit pour pouvoir prétendre jouer un rôle significatif dans la plupart des conflits impliquant les autres puissances impérialistes. Son rôle principal a été d’exporter énormément d’armes : en 2021, son plus gros client était les Emirats arabes unis – et sa principale victime, le peuple du Yémen.

A l’heure actuelle, les impérialistes suédois sont occupés à faire progresser leurs intérêts dans les pays baltes. Par exemple, plus de la moitié du système bancaire y est désormais la propriété de seulement deux banques suédoises (Swedbank et SEB). Cela a placé les impérialistes suédois en conflit avec l’impérialisme russe, plus puissant. La bourgeoisie suédoise pousse depuis longtemps pour un durcissement de la position de l’OTAN en Europe de l’Est et de la Baltique. En rejoignant officiellement l’Alliance atlantique, elle peut renforcer son influence pour défendre ses investissements et ses profits.

Autrefois, la Suède avait l’habitude de tenter de se doter d’une façade humanitaire. Officiellement neutre et se présentant comme une amie des petites nations et des pays opprimés, elle était en réalité fermement alignée sur l’OTAN et les Etats-Unis pendant la Guerre froide. Depuis la chute de l’Union soviétique, elle s’est progressivement rapprochée de l’OTAN et a abandonné toute prétention à la neutralité. En 1994, la Suède a rejoint un projet de l’OTAN au nom orwellien de « Partenariat pour la paix ». Et, à partir de 2003, les troupes suédoises ont combattu en Afghanistan sous la direction de l’OTAN, en tant que membre de la Force Internationale d’Assistance et de Sécurité (FIAS). En 2014, la Suède a signé un Mémorandum d’entente avec l’OTAN, qui permettait à l’Alliance d’utiliser plus facilement la Suède pour ses exercices militaires et comme base pour ses opérations contre la Russie.

Avec l’invasion de l’Ukraine, la bourgeoisie suédoise a relâché une avalanche de propagande pour pousser la population à soutenir les impérialismes suédois, européen et américain. Ils ont affirmé contre toute évidence que Poutine souhaitait envahir la Suède et occuper l’île de Gotland dans la mer Baltique, et d’autres inepties du même genre. Personne ne peut prendre ça au sérieux. Le seul cas de figure où la Russie pourrait être amenée à attaquer frontalement la Suède serait dans le cadre d’une campagne de guerre ouverte contre les puissances d’Europe centrale – à commencer par l’Allemagne. Tout le monde peut comprendre que Poutine n’aurait aucune chance de gagner une telle guerre. Un tel scénario est complètement exclu. Le principal objectif de cette campagne de propagande est d’effrayer les travailleurs pour qu’ils soutiennent l’adhésion de la Suède à l’OTAN.

Pendant des années, les impérialistes suédois ont forgé tout un tas d’histoires paranoïaques sur des sous-marins soviétiques, puis russes, qui violeraient les eaux territoriales suédoises. En 2014, des observations de soi-disant sous-marins russes par d’anciens militaires ont été largement médiatisées par la presse bourgeoise, et confirmées par l’armée suédoise. Sans surprise, il fut plus tard démontré qu’il s’agissait de faux. Le sous-marin suspect n’était en réalité que des pièces d’équipement météorologique défectueux, comme l’ont révélé des sources militaires.

La trahison des partis ouvriers

Le gouvernement social-démocrate ne s’est pas contenté d’envoyer des armes pour aider à la guerre par procuration que mènent les Etats-Unis en Ukraine, mais a également augmenté les dépenses militaires pour atteindre les exigences de l’OTAN, soit 2 % de son PIB. La direction du parti s’est rallié à une position ouvertement pro-OTAN dans les jours qui ont suivi l’invasion de l’Ukraine. La classe dirigeante suédoise a vu qu’une opportunité apparaissait pour adhérer à l’OTAN. Ces dernières semaines, le Parti social-démocrate a mené une véritable parodie de « discussions » et de « débats » internes, du genre de celui de la semaine dernière auquel personne n’a semblé juger utile d’inviter qui que ce soit d’hostile à l’OTAN. C’est une parodie de démocratie interne, où toutes les décisions ont été prises en avance par les dirigeants droitiers.

La seule opinion qui importe pour ces dirigeants sociaux-démocrates est celle de la classe dirigeante suédoise. En avril, le gouvernement suédois, représenté par le ministre des Finances Damberg, a rencontré le président finlandais et les représentants militaires à Helsinki. Avait été aussi invité le chef d’une des principales grandes familles capitalistes de Suède, Jacob Wallenberg. Soit dit en passant, cette famille contrôle aussi SAAB, le plus gros exportateur d’armes suédois, ainsi que la banque SEB, déjà mentionnée plus haut.

Plusieurs représentants des grosses entreprises se sont prononcés en faveur de l’adhésion à l’OTAN, et les représentants des entreprises de Finlande ont déclaré que si la Suède ne rejoignait pas l’OTAN, cela pourrait « être négatif pour attirer des investissements étrangers ». Jacob Wallenberg a salué le choix des dirigeants sociaux-démocrates en faveur de l’adhésion à l’OTAN, ce qui rend encore plus clair que ces derniers bénéficient du soutien et de l’approbation de la bourgeoisie. « Les entreprises suédoises ont toujours joué un rôle actif dans la sécurité de la Suède, la défense de notre pays et la nécessité de collaborer avec d’autres », affirme Wallenberg.

Les capitalistes suédois se frottent en effet les mains en imaginant les opportunités que l’adhésion à l’OTAN va ouvrir pour eux, en particulier dans l’industrie de l’armement. Un article du quotidien patronal Dagens industri décrivait avec enthousiasme les perspectives que la guerre en Ukraine représentait pour SAAB, et soulignait que l’adhésion à l’OTAN en ouvrait bien d’autres encore : « L’adhésion de la Suède à l’OTAN est une opportunité exaltante pour SAAB. Cela ouvrirait de nouveaux marchés pour notre entreprise, et les ventes seraient facilitées… SAAB aurait alors une opportunité en or d’augmenter ses prix et d’être payé plus, afin que les actionnaires en bénéficient eux aussi. »

Malheureusement, la direction du Parti de gauche a plié sous la pression de la bourgeoisie. Il est vrai que, formellement, le parti maintient son opposition à l’OTAN, mais cette opposition est faible et extrêmement confuse. Ses dirigeants ont par exemple voté pour la hausse du budget de défense jusqu’au montant exigé pour adhérer à l’OTAN (2 % du PIB). Ils ont également plusieurs fois affirmé qu’il était important de signer des accords de défense avec d’autres pays et ont voté pour l’envoi d’armes à l’Ukraine, ce qui ne sert qu’à prolonger la guerre.

Nooshi Dadgostar, qui est un des dirigeants du Parti de gauche, a déclaré en avril : « Ma position, c’est que nous sommes plus en sécurité en Suède si nous sommes en dehors de toute alliance militaire. Mais c’est important qu’on ait un consensus large. Qu’on décide de ça ensemble, comme un seul peuple, une seule nation. Je ne suis pas souvent d’accord avec [l’ancien Premier ministre conservateur] Carl Bildt, mais sur cette question, c’est le cas. Il y a la gauche et il y a la droite, mais l’armée suédoise, c’est tous les Suédois unis. »

Depuis le premier jour de la guerre, cette propagande nationaliste a été au cœur de la ligne de la direction du Parti de gauche. En laissant leur opposition de pure forme à l’OTAN, ils ne se différencient presque pas des autres partis et des médias : ils parlent de la nécessité de faire front ensemble face à la « menace russe », de défendre la sécurité de la Suède, etc. Ils ne se sont pas opposés à l’OTAN sur le principe qu’il s’agit d’une alliance pour mener des guerres impérialistes et pour l’exploitation. À la place, ils se sont concentrés sur des points complètement secondaires, tels que le fait que des « nations non-démocratiques » comme la Hongrie ou la Turquie en étaient membres, ou que Donald Trump pourrait redevenir président des Etats-Unis. Cela vient renforcer la position défendue par les libéraux, pour qui bombarder des civils, raser des pays entiers et perpétrer des crimes de guerre est acceptable tant que c’est fait par leurs propres représentants, des gens comme Obama ou Biden. En fin de compte, au lieu de marquer une opposition claire à l’OTAN, ils se sont concentrés sur l’idée que la question soit tranchée par un référendum.

Cette trahison par les dirigeants des principaux partis ouvriers a décapité le mouvement. Cela a donné à la classe dirigeante la parfaite opportunité de formaliser leur collaboration avec l’impérialisme américain, par le biais de l’adhésion à l’OTAN.

Non à l’OTAN !

Malgré une propagande militaire incessante dans tous les médias bourgeois, plus de la moitié de la population suédoise est encore opposée à l’OTAN, ou hésite. Cela démontre que cet outil impérialiste suscite un très sain scepticisme dans des couches importantes de la population et de la classe ouvrière.

La gauche et le mouvement ouvrier devraient dénoncer l’adhésion à l’OTAN comme un outil de guerre et d’oppression. Il est évident que ce n’est pas ce que feront les directions actuelles du mouvement ouvrier et des syndicats. C’est pourquoi nous devons nous battre pour réarmer le mouvement ouvrier avec un programme révolutionnaire et authentiquement internationaliste.

La véritable alternative à l’adhésion à l’OTAN n’est pas de revenir à la soi-disant neutralité, qui consistait à conclure des alliances secrètes dont les capitalistes pensaient qu’elles allaient accroître leur part des profits impérialistes à l’échelle internationale. La véritable alternative est une lutte sans concessions contre l’impérialisme. Cette lutte doit reposer sur la solidarité internationale de la classe ouvrière et sur un programme pour la révolution socialiste mondiale.

La TMI en Suède, Revolution, va continuer son combat contre l’OTAN, l’impérialisme suédois et le système capitaliste. La décision de demander à intégrer l’OTAN démontre la décomposition de l’impérialisme suédois et la nécessité d’abolir le capitalisme pour garantir la paix et la sécurité à tous.

  • Pas un homme, pas un sou pour la machine de guerre de l’OTAN !
  • A bas l’impérialisme ! A bas le capitalisme !
  • Luttons pour le socialisme ! Vive la solidarité internationale de la classe ouvrière !

Le 24 septembre dernier, la compagnie Thomas Cook, principal opérateur des voyages organisés britanniques, a annoncé sa faillite. Trois mois sont passés, et l’on peut voir où se ne se trouvent pas les priorités de nos gouvernants : des centaines d’emplois perdus et, sauf quelques déclarations à la presse, aucune mobilisation sociale.

Nous reproduisons ici un article sur les débats qui agitent la gauche en France sur l’immigration.  L’analyse faite s’applique en grande partie aussi à la Belgique.

Ces dernières semaines, la question de l’immigration a donné lieu à de vifs échanges entre les directions respectives de la France insoumise (FI), du PCF et du NPA. Plus précisément, les dirigeants du PCF et du NPA accusent Mélenchon de faire des concessions au discours anti-migrant de la droite et de l’extrême droite.

Ce débat vire parfois à l’invective et n’est pas exempt d’arrière-pensées électoralistes, en particulier du côté de la direction du PCF, qui redoute une débâcle aux prochaines élections européennes – et voit dans la FI son principal concurrent, à gauche. Par ailleurs, même si les travailleurs les plus conscients s’intéressent à la question de l’immigration, ils attendent surtout de la « gauche radicale » qu’elle offre des perspectives et des solutions pour en finir avec Macron et sa politique réactionnaire. Or le débat sur l’immigration, tel qu’il est mené à ce jour, est beaucoup trop déconnecté de cette aspiration.

Cela étant dit, ce débat a au moins le mérite d’obliger les militants à réfléchir à la façon dont le mouvement ouvrier doit répondre – en parole et en actes – à la politique et à la propagande nationalistes des politiciens bourgeois. Dans notre lutte contre le capitalisme, une position correcte sur cette question est indispensable. Il faut défendre un point de vue de classe, internationaliste et révolutionnaire.

La crise des réfugiés met en évidence certaines des horreurs de la société capitaliste. Elle révèle aussi le contraste entre la solidarité élémentaire des travailleurs et les calculs froids, cyniques, des dirigeants bourgeois en Europe et au-delà.

Le 15 avril, plus de huit cents réfugiés ont laissé la vie dans un énième naufrage au cours de la traversée de la mer Méditerranée. Depuis lors, la crise des réfugiés n’a pas quitté l’actualité. L’enchaînement des événements catastrophiques de ces derniers mois ne relève pas d’une simple coïncidence.

Depuis le début de la crise, la situation en Europe est marquée par la forte empreinte des politiques des institutions européennes et internationales (Commission Européenne, la Banque Centrale Européenne, le Fonds Monétaire International). L’attitude à adopter face à ces institutions suscite un débat vif au sein de la gauche. A la veille des élections européennes ces discussions vont s’intensifier. Voici notre point de vue.

Le mouvement actuel de protestation en Bosnie représente une nouvelle étape de développement dans le processus révolutionnaire européen. Le mouvement révolutionnaire de la classe ouvrière et de la jeunesse bosniaques est un exemple rayonnant pour les mouvements à venir en Europe et partout dans le monde.

La chancelière allemande Angela Merkel et son parti, l’alliance chrétienne-démocrate (CDU/CSU) ont célébré une victoire éclatante lors des élections fédérales qui ont eu lieu le dimanche 22 septembre. La CDU/CSU a bénéficié d’une augmentation de 7,8 % des suffrages par rapport à la dernière élection fédérale, ce qui lui a permis de réunir 18 millions de votes, soit 41,5 % des suffrages exprimés.

Marx écrivait dans Le 18 Brumaire, que l’histoire se répète d’abord comme une tragédie, puis comme une farce. C’est ce qu’il se passe actuellement à Chypre. Nous assistons à une situation similaire à celle vécue par la Grèce il y a deux ans, lorsque l’Union Européenne mettait la pression aux Grecs pour qu’ils acceptent le plan de secours. Mais cette fois, environ 56 députés chypriotes ont posé un énorme problème aux capitalistes européens. (cet article a été publié le 21 mars à www.marxist.com )

Chypre est une rareté dans la méditerranée. Un pays où le parti communiste (Parti progressiste des travailleurs AKEL) a de profondes racines dans le mouvement ouvrier et la société. C’est aussi une île où le Président de la République se dit communiste (son parti est le premier au parlement).

La journée européenne d’action et de mobilisation contre l’austérité signifie une nouvelle étape vers le développement d'un mouvement à l’échelle européenne contre l'austérité. Elle a constitué également un premier pas vers une possible grève générale européenne.
 

Toute l’Europe est au régime de l’austérité. Pour dégager les ressources permettant de rembourser les crédits aux banques, pour augmenter les profits boursiers et « calmer » les spéculateurs, toutes les conquêtes sociales du passé doivent être détruites.

Notre revue

 
 

 Rvolution 42 layout page 001

Facebook