La journée européenne d’action et de mobilisation contre l’austérité signifie une nouvelle étape vers le développement d'un mouvement à l’échelle européenne contre l'austérité. Elle a constitué également un premier pas vers une possible grève générale européenne.
 

 

Mais l'ampleur de la mobilisation n'était à la hauteur des enjeux. La mobilisation a été une réussite en Espagne et au Portugal. En Espagne selon les organisations syndicales, la grève a été suivie par 76 % des travailleurs et des manifestations massives ont eu lieu dans tout le pays. 9,1 millions de travailleurs étaient en grève ce jour-là, sur les 11,9 millions de salariés appelés à la grève (en dehors de ceux réquisitionnés pour les services minimums).  Au Portugal, le taux d’adhésion à la grève a été énorme. Selon CGTP, son succès ne fait aucun doute et constitue selon les organisateurs l’une des plus grandes grèves générales de l’histoire du Portugal. L’autre élément important est la participation de fédérations de l’UGT (syndical socialiste) à l’appel de la CGTP. Dans ces deux pays, ces grèves étaient les plus grandes de leur histoire démocratique récente.
 
Mais la dynamique de lutte et de résistance reste encore marquée par la réalité nationale.  Dans les autres pays l'appel très modeste des directions syndicales a limité les mobilisations En Italie, la CGIL a appelé à 4 heures de grève. Seulement les syndicats le plus frappés par la crise ou les plus à gauche sortant du cadre official de la 'lutte'.
 
Dans ce contexte en Italie les métallos de la CGIL ont mobilisé au-delà des appels de son syndicat dans  certaines régions et en Grèce le syndicat des municipalités POE-OTA a aussi élargi sa mobilisation hors du cadre officiel.
 
Ici en Belgique, les cheminots de la CGSP se sont saisis des vagues mots de mobilisation des dirigeants de la Confédération Européenne des Syndicats (CES), de la FGTB et de la CSC pour organiser un arrêt de travail de 24 heures qui fut une grande réussite. La CNE, syndicat chrétien des employés du secteur privé est aussi sortie du cadre officiel avec une manifestation très combative dans le quartier 'européen' de Bruxelles. Les métallos socialistes de Bruxelles et de Wallonie ont aussi fait grève, la CGSP en Wallonie et les administrations locales de Bruxelles,  tout comme 5 régions de la FGTB wallonne. En Flandre malgré l'inactivité des directions syndicales quelques entreprises ont connu des arrêts de travail. Tout cela démontre que le mouvement syndical et surtout sa direction est encore piégé par des illusions dans une possible relance de l'économie capitaliste et par le dialogue social sans avoir compris la nouvelle époque de récession et de confrontation sociale.  Mais il faut qu'on comprenne aussi que le processus de radicalisation et mobilisation de la classe ouvrière à l'échelle européenne à des rythmes différents et qu’on commence à voir les premières fissures dans la bureaucratie syndicale, notamment par rapport à quelle stratégie et quelles demandes.
 
Si on regarde d'autres pays comme Allemagne, l'Autriche, les Pays-Bas ou le Royaume Uni la mobilisation a été soit très fort lié aux groupes de gauche soit 100 % contrôlé par la bureaucratie syndicale qui refuse d'expliquer aux travailleurs les effets que la crise qui frappera tôt ou tard aussi ces pays.  Aussi la mobilisation a été très faible en Europe centrale et de l'Est, spécialement si on considère que depuis 2 ans des pays comme la Roumanie, la Tchéquie ou la Hongrie ont vécu les grandes mobilisations de masses qui ont mené à rien et qu'on assisté à des grands bouleversements électoraux comme en Slovaquie.
 
Pour les marxistes il est extrêmement important de ne pas confondre le début d’un processus avec son aboutissement, comme on ne peut pas confondre le premier mois d’une grossesse avec le neuvième mois. Les tâches et les responsabilités ne sont pas les mêmes et une confusion pourrait mener vers des malheureux accidents.
 
Concrètement ceci veut dire que l’on se trouve qu’au début d’un processus de prise de conscience des travailleurs sur la nécessité d’une organisation et d’une lutte à l’échelle européenne. La Confédération Européenne des Syndicats tel que elle est aujourd’hui ne joue pas ce rôle. Des courants de gauche puissants au sein des syndicats et une participation de masses des travailleurs partout en Europe peuvent changer cela.

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