La fermeture annoncée de l’usine de Caterpillar à Gosselies près de Charleroi va rayer d’un seul coup 2200 emplois. L’addition sociale est plus lourde encore si on y ajoute les pertes d’emploi auprès des sous-traitants : en tout, il est question de 6000 emplois qui risquent de passer à la trappe. Et cela dans une région où le chômage touche 13,4% de la population active.

3d45a074 70e2 11e6 ac6b 68c6b028a1f0 web scale 0.9218749 0.9218749Caterpillar Gosselies est une entreprise qui fait des bénéfices. L’année passée elle a clôturé son exercice avec un profit de 4 millions d’euros. C’est à peine si l’entreprise a payé des impôts sur ce résultat : 190.000 euros ou 4,6 %. Comment expliquer ce taux d’imposition si bas ? La réponse est dans les intérêts notionnels. Un calcul fait par le PTB révèle que ces intérêts notionnels ont rapporté 61 millions de bénéfices supplémentaires à l’entreprise. Caterpillar a été choyée par le gouvernement ; les travailleurs, par contre, se sont serré la ceinture.

Suite aux 1300 pertes d’emplois de 2013 la productivité s’est accrue de 25%. La décision de la fermeture n’a pas été prise en Belgique mais au siège central, aux Etats-Unis. Elle fait partie d’une restructuration mondiale qui a provoqué 10.000 pertes d’emplois alors que, chaque année, la multinationale Caterpillar n’hésite pas à verser 1,4 milliards d’euros de dividendes à ses actionnaires. Durant 22 ans ce dividende n’a fait qu’augmenter. Il ne s’agit dont pas d’une entreprise en difficulté mais d’une multinationale sans scrupules, qui jette une partie de ses ouvriers au dépotoir pour enrichir ses actionnaires.

Caterpillar est une entreprise très performante, qui utilise les technologies les plus modernes ainsi que des travailleurs très qualifiés. On ne peut pas laisser dépérir cela. Nous soutenons pour cette raison la FGTB qui, par le biais de son secrétaire général Tamellini, exige « l’ouverture des livres de compte, [et] l’accès à la compatibilité ». Tamellini poursuit avec justesse : « Il ne peut être question de démanteler cette entreprise. Les machines sont la propriété des ouvriers et de la population en général, qui a déjà assez payé par les sacrifices et les subsides. »

Face à la logique des capitalistes qui ne pensent qu’aux bénéfices, aux actionnaires et aux dividendes plantureux, s’oppose la logique du mouvement ouvrier : l’entreprise est à nous et doit être mise à disposition pour le bien de toute la population.

Il nous faut un relais politique

Les travailleurs et leurs syndicats doivent avoir confiance dans leur seule force, mais  un relais politique reste nécessaire.  Elio Di Rupo veut aller à la recherche d’un repreneur de l’outil et engager une reconversion. Mais s’il faut trouver des investisseurs privés, on sait déjà ce qu’il va se passer : dans un tel scénario, une bonne partie de l’effectif sera licenciée, en commençant par les délégués. Des investisseurs privés ne peuvent être séduits que par des cadeaux  supplémentaires de la part des gouvernements. Nous voilà alors repartis pour un nouveau tour de carrousel comme on en a connus beaucoup dans le passé. Le PTB propose ‘une saisie exceptionnelle de l’outil pour mettre le maximum de pression’. C’est bien, mais pas suffisant.

Révolution/Vonk plaide pour une nationalisation (sans compensation) du site de Gosselies sous contrôle et gestion démocratique du personnel. C’est vrai, cela ne sera pas facile. Cela implique une lutte très dure contre la multinationale et contre toutes les forces capitalistes qui feront tout pour empêcher une telle issue. Il est probable qu’il ne sera pas possible de continuer à produire les mêmes engins : une reconversion sera nécessaire ainsi que beaucoup d’argent. Ce dernier constat implique donc également la nationalisation des banques pour que les énormes capitaux dormant en Belgique soient alloués à des investissements productifs.  C’est la seule réponse réaliste qu’un parti ouvrier peut donner à cet attentat contre la population de Charleroi. Il est temps de changer radicalement de politique. Une  vraie politique socialiste s’impose.

Le gouvernement complice

Il va de soi qu’on ne peut attendre une telle mesure de ce gouvernement. « Jobs, jobs, jobs » aime répéter le premier ministre Michel, jusqu’à la nausée. On voit le résultat de la politique du gouvernement : non seulement on assiste à la débâcle de Caterpillar, mais les restructurations et l’hémorragie d’emploi s’accumulent avec les 650 licenciements chez l’assureur Axa. Même les chiffres officiels du chômage virent au rouge. L’Onem a noté une augmentation de 0,9 % de chômeurs par rapport à l’année passée. L’exclusion de milliers de chômeurs du droit à l’allocation, mesure prise par le gouvernement Di Rupo, fait qu’en réalité le chômage a augmenté et pas diminué comme le prétend le gouvernement.

Alors que le budget fédéral commence aussi à dérailler et que l’équipe de Michel est obligée d’abandonner son objectif d’équilibre budgétaire pour 2018, voilà que le gouvernement se présente comme un’ gouvernement d’investissement’. Mais il s’agit surtout de donner des cadeaux faramineux au secteur privé par le biais d’une forte réduction de l’impôt sur les sociétés.

Il ne faut pas être devin pour prédire que si on laisse faire le gouvernement, les services publics et la sécu seront vidés de leur contenu. Il est grand temps de changer de cap. Les négociations avec ce gouvernement n’aboutissent à rien. Si le mouvement ouvrier (syndical et politique) le veut vraiment, il peut faire chuter ce gouvernement affaibli. C’est la seule voie, pour Caterpillar, pour la défense des services publics, pour la sécu et pour le maintien de notre niveau de vie.

Chassons Michel I !

Nationalisation de Caterpillar !

Exproprions le capitalisme !

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