Nationalisation tout de suite, sous contrôle des travailleurs!! Les canons à eau de la police ou les flash-balls des CRS de Strasbourg n’ont pas réussi à éteindre la colère des sidérurgistes. Jusqu’à trois fois les manifestations des métallos se sont affrontées à la police à Bruxelles, à Namur et en France à Strasbourg. Leur colère se nourrit de la nouvelle trahison de la direction de l’entreprise sidérurgiste. Les investissements promis par Mittal font place à la fermeture de sept des douze sites dans la phase à froid de la sidérurgie liégeoise. 1300 emplois directs passent à la trappe. A cela s’ajoutent 6000 emplois indirects en amont en aval. Cette nouvelle vient après l’annonce de la perte de 800 autres emplois dans la phase à chaud. Au total, il s’agit de 10.000 emplois qui partent en fumée, dans une région où le taux de chômage frise avec les 20 %. Le baron indien de l’acier, Lakshmi Mittal, accueilli comme un sauveur il y a quelques années est devenu le fossoyeur de la sidérurgie régionale. Il est vrai que le porte-parole d’ArcelorMittal, ‘regrette’ les nouvelles fermetures. Mais cela ne change rien à la réalité.

Après la fermeture de Ford Genk, l’année passée, les travailleurs une fois de plus se rendent compte ce que vaut la parole d’un capitaliste. Les accords, les contrats, les signatures, la poignée de main virile sont dans leur monde soumis à l’intérêt supérieur du profit. Voilà la morale dominante dans le petit cercle des capitalistes.

L’annonce de la fermeture a surpris le gouvernement wallon. La direction syndicale tombait aussi des nues. Pénible expérience aussi pour le premier ministre Di Rupo qui fait l’éloge des intérêts notionnels au Forum Economique Mondial de Davos quelques heures avant la sombre nouvelle. Pendant des années tous les souhaits du géant de l’acier ont été exaucés par le gouvernement wallon. Ce n’est pas un hasard que les spécialistes font de Lakshmi Mittal le ‘roi des intérêts notionnels’. En échange pour quelques investissements, Mittal recevait des cadeaux fiscaux très consistants. Depuis 2009, Arcelor ne paye pratiquement pas d’impôts en Belgique. En 2011, l’entreprise paye 936 euros d’impôts… Un montant exact n’est pas connu, mais les avantages fiscaux obtenus par Mittal s’élèvent à plusieurs de milliards d’euros. Est-ce que vous vous rappelez combien d’impôts vous avez payés ces dernières années. Mittal a aussi bénéficié pour 260 millions d’euros en droit d’émission en échange du maintien des hauts-fourneaux d’Ougrée et de Seraing. La région wallonne s’est acquittée de la facture. Comble de l’indécence, ces droits d’émission ont été revendus plus tard avec profit par Mittal.

Avec quelle facilité il est possible de berner des gouvernements ! Surtout quand ces mêmes gouvernements mettent la boîte à outils fiscaux à disposition des patrons !

Les syndicats socialistes des métallurgistes et des employés ont réagis à ces fermetures avec un nouvel appel à la nationalisation d’ArcelorMittal. La CSC se limite à demander ‘un repreneur industriel’. Au nom du gouvernement fédéral et wallon, Elio Di Rupo, à affirmer ‘ne pas accepter la fermeture’. Une réquisition et une nationalisation sont même envisagées. Le très libéral Didier Reynders évoque aussi ‘une nationalisation provisoire’. La Parti du Travail de Belgique correctement exige la réquisition immédiate pour urgence sociale d’ArcelorMittal pour un euro symbolique.

Une ‘taskforce’ à l’initiative du gouvernement fédéral et wallon est supposée répondre à la crise provoquée par les fermetures dans la cité ardente. Mais dans la déclaration commune, il n’est fait mention d’une possible nationalisation. Priorité est donnée à un repreneur industriel des installations d’ArcelorMittal. Il est question de prendre contact avec la Commission Européenne et de demander le respect des règles de la concurrence loyale…Une adaptation de la loi Renault est aussi à l’ordre du jour (voir notre article ).

Pour nous, il s’agit de ne pas perdre du temps. ArcelorMittal doit être nationalisé tout de suite. Et si Mittal ne veut pas vendre ses entreprises (comme c’est le cas) ? Alors, il faut les réquisitionner tout de suite.

Notre revue

Facebook