Le mouvement pour la paix en Belgique et internationalement met en avant la voie diplomatique pour résoudre le conflit armé en Ukraine. La logique est que la diplomatie doit remplacer l’affrontement militaire. C'est aussi la position du PTB.

Les adversaires doivent ‘entrer en pourparlers’ pour ‘faire taire les armes’. Ou bien en se ‘parlant’ directement, ou par l’arbitrage par des institutions internationales comme l’Organisation de Sécurité et de Coopération en Europe ou les Nations Unies. Mais ces institutions n’ont jamais réussi à éviter des guerres ni à jouer un rôle important dans la résolution des conflits militaires dans le monde. Les Nations Unies sont impuissantes face aux conflits entre impérialistes. L’appel à la raison, à la diplomatie part évidemment d’une bonne intention : mettre fin à la guerre sans l’usage des armes. Mais c’est terriblement naïf. Les appels du secrétaire général de l’ONU pour un ‘cessez-le-feu’ et pour le respect du droit international n’ont pas eu le moindre effet. Dans la logique ‘pacifiste’, la diplomatie et l’affrontement militaire sont opposés l’un à l’autre de façon absolue.

La guerre est dans la nature du capitalisme

La réalité est que la diplomatie accompagne la guerre et que la guerre a toujours accompagné la diplomatie. Il ne s’agit pas de méthodes mutuellement exclusives. Elles forment un tout. La diplomatie est la continuation de la guerre et la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens. Les relations entre nations, tout comme les relations entre les classes sociales sont en dernière instance régies par … la force. J’entends déjà les cris d’effroi des pacifistes. Comment est-ce possible de prétendre cela ? Là, où il existe une opposition d’intérêts matériels puissants il y a conflit. C’est inévitable. C’est le cas dans la lutte des classes et ce l’est aussi dans une guerre surtout quand il s’agit d’une guerre inter impérialiste comme aujourd’hui en Ukraine. L’usage de la force peut prendre de nombreuses formes. La guerre est la méthode utilisée quand l’opposition d’intérêts est à son comble et que les méthodes habituelles pour décider qui est la puissance dominante ne fonctionnent plus. Ce que la diplomatie n’a pas pu obtenir, la guerre tente de le faire. Dans ce cas : une guerre entre l’Otan, l’Union Européenne et l’Ukraine d’un côté et la Russie de l’autre pour des zones d’influence, la mainmise sur les ressources naturelles et des marchés. C’est la nature même du capitalisme d’engendrer en permanence des rivalités entre puissances capitalistes et des conflits militaires. Jean Jaurès, le socialiste français, tué pour son opposition au déclenchement de la première guerre mondiale, l’avait bien compris. Pour lui, ‘Le capitalisme porte en lui la guerre, comme la nuée porte l’orage’.

Pour la révolution sociale

L’issue des efforts diplomatiques- qui ont bien lieu aujourd’hui en pleine guerre - est déterminée par le terrain, c'est-à-dire par l’état du rapport de forces militaires sur le théâtre de combat. Rien d’autre. Tout autre vision de la diplomatie est ‘idéaliste’ et donc sans véritable prise sur la réalité des rapports entre nations en guerre (directement impliquées ou non). Si l’une ou l’autre partie prend un avantage dans la guerre cela fera avancer ou bloquera l’effort diplomatique. Ce n’est pas l’ouverture d’esprit, la souplesse de la personnalité des diplomates, ou leur l’habilité de négociateurs qui déterminera quoi que ce soit.

Le mouvement ouvrier belge et international doit s’opposer à cette guerre impérialiste. Mais elle ne peut avoir confiance dans aucune des institutions internationales et encore moins dans une alliance militaire comme l’OTAN pour mettre fin à cette boucherie. La classe travailleuse doit aborder la situation avec ces propres méthodes. Tout d’abord il faut comprendre qu’aussi longtemps que le capitalisme existe il y aura des guerres. La deuxième guerre mondiale était la continuation de la première guerre mondiale. Et depuis 1945, il n’y a pratiquement pas eu de jours sans guerre dans le monde. La guerre n’est pour nous pas une question morale. Naturellement nous sommes horrifiés par la souffrance et la destruction qu’engendre la guerre. Mais la guerre est tout d’abord une question de classe : s’opposer à la classe capitaliste qui provoque ces guerres. Comment ? Par une lutte de classe sans compromis pour mettre fin à ce système d’antagonismes nationaux, des crimes de l’impérialisme, et de guerre. Seule une transformation sociale profonde peut y parvenir avec l’appui des travailleurs du monde entier et de tous les opprimés. Comme le disait Trotsky, le premier chef de la diplomatie révolutionnaire du jeune état soviétique et aussi constructeur de l’Armée Rouge :

« La guerre est la méthode qu’utilise le capitalisme quand ses contradictions sont insolubles. Face à cette méthode, le prolétariat doit opposer sa propre méthode, et cette méthode est celle de la révolution sociale. »

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