Cet article date de la mi-janvier. Entre-temps, le mouvement contre la "gasolinazo" continue à prendre de l'ampleur et se dote de structures démocratiques, malgré les tenatives du gouvernement de détourner l'attention par une campagne nationaliste contre le nouveau président des Etats-Unis. 

Le 19 juin, la police mexicaine est intervenue pour dégager un barrage routier dans la ville de Nochixtlan. La répression brutale a fait 12 morts et des dizaines de blessés, et au moins 21 personnes ont été arrêtées. Le barrage était organisé par les enseignants, avec le soutien des communautés locales, pour empêcher la police fédérale de se rendre à la capitale de l’état d’Oaxaca où les enseignants en grève ont organisé un campement.

Le 26 août, à la fin de la manifestation pour les 43 étudiants d'Ayotzinapa enlevés par l’État il y a 11 mois, la police de Mexico a attaqué un groupe de militants qui rentraient chez eux, en blessant plusieurs. Parmi eux se trouvaient des mères des étudiants d'Ayotzinapa ainsi que des dirigeants de la Gauche Socialiste (La Izquierda Socialista – section mexicaine de la TMI) et du CLEP (Comité de Lutte des Étudiants de l’École Polytechnique).

Depuis le mois de septembre, le Mexique est secoué par un magnifique mouvement de protestation contre la destruction programmée de l’Education publique supérieure. La lutte des étudiants a déjà contraint le gouvernement à d’importantes concessions, mais les perspectives pour ce mouvement pourraient être bien supérieures. En effet, « l’incident » des 43 étudiants disparus d’Ayotsinapa, kidnappés par la police dans l’Ouest du pays, a cristallisé contre l’Etat mexicain toute la colère accumulée depuis des années dans la population. C’est un tournant dans la lutte de classes au Mexique, qui pourrait déboucher sur un mouvement à caractère insurrectionnel.

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