Le texte suivant est un appel lancé par nos camarades de Socialist Revolution, la section américaine de la Tendance Marxiste Internationale (TMI).

Bernie Sanders a jeté l’éponge. C’est un coup dur pour les millions de personnes qui avaient placé leurs espoirs dans sa campagne – et voyaient en elle un moyen de lutter contre les milliardaires qui dirigent les Etats-Unis. Beaucoup vont en tirer la conclusion suivante : il est impossible d’aller de l’avant dans le cadre du système « bipartisan » [1] que contrôle la classe capitaliste.

Il est facile de comprendre pourquoi tant d’Américains sont ouverts, aujourd’hui, à l’idée d’une transformation révolutionnaire de la société. Les conditions de vie et la conscience de la classe ouvrière ont été bouleversées par une série d’événements et de facteurs : la récession de 2008-2009, la faible reprise qui l’a suivie, l’élection de Donald Trump – et désormais la crise sanitaire doublée d’une profonde récession. Dans un pays où il n’y a pas de parti ouvrier de masse, Bernie Sanders a gagné le soutien de millions de jeunes et de travailleurs qui aspirent à un changement radical.

Le programme de Sanders – sécurité sociale universelle, éducation gratuite, augmentation des salaires, etc. – a rencontré un puissant écho dans la masse de la population. Il s’est présenté comme un « socialiste démocrate » qui lutte pour une « révolution politique contre la classe des milliardaires ». Il a suscité l’enthousiasme d’innombrables personnes qui veulent un autre monde et un autre système politique.

En conséquence, des millions de gens se sont lancés dans l’activité militante et se déclarent « socialistes », alors qu’il y a peu ils ignoraient la signification de ce mot. Beaucoup de jeunes se disent même marxistes, voire communistes.

Malheureusement, et pour dire les choses comme elles sont, Bernie a aussi défendu beaucoup d’idées confuses et contradictoires. Il voulait lutter contre les milliardaires et l’establishment politique – mais il a tenté de le faire de l’intérieur d’un grand parti de la classe dirigeante. Il a dénoncé le caractère immoral des inégalités sociales – mais il a négligé le fait que ces inégalités se sont aggravées entre 2009 et 2016, c’est-à-dire la dernière fois que les Démocrates ont occupé la Maison-Blanche.

Bernie Biden

N’oublions pas que pendant ces huit années le Vice-Président s’appelait Joe Biden. Or, après avoir été battu par l’appareil du Parti Démocrate, qui s’est uni contre lui, Bernie a déclaré : « ensemble, tous unis, nous poursuivons le combat pour battre Donald Trump. » En d’autres termes, il semble prêt à honorer sa promesse de soutenir le candidat des Démocrates à l’élection présidentielle (Joe Biden). Pourtant, c’est ce même Parti Démocrate qui, par sa politique réactionnaire, a préparé la victoire électorale de Donald Trump. Nous disons : ça suffit !

Que Trump ou Biden remporte l’élection de novembre prochain ne changera rien de fondamental aux conditions de vie des masses. Dans les deux cas, la situation des travailleurs se détériorera – et en particulier celle des noirs, des latinos, des femmes et des jeunes. C’est pourquoi des centaines de milliers de militants pro-Bernie ne veulent ni des Républicains, ni des Démocrates.

Les contradictions du capitalisme vont pousser la jeunesse et les travailleurs à se mobiliser. Dès à présent, on assiste au début d’une riposte ouvrière sous la forme de grèves sauvages. Il y en aura de plus en plus dans les mois qui viennent.

La crise poussera aussi un nombre croissant de travailleurs à rechercher une indépendance de classe sur le plan politique. Nous n’avons pas besoin de « l’unité » du Parti Démocrate ; nous avons besoin de l’unité de la classe ouvrière. Les travailleurs américains doivent avoir leur parti – un parti socialiste de masse, indépendant, enraciné dans les syndicats et l’ensemble de la classe ouvrière.

Joe Hill

Lorsque le militant ouvrier Joe Hill a été exécuté par les capitalistes, en 1915, ses derniers mots à l’intention de ses partisans furent : « Ne vous lamentez pas, organisez-vous ! » C’est un excellent conseil ! Ajoutons ceci : il est temps, pour les révolutionnaires, de réfléchir sérieusement à la meilleure façon de s’organiser et de militer.

L’activisme sans boussole mène à l’épuisement et aux désillusions. Nous avons besoin d’une stratégie et d’une tactique sérieuses, fondées sur la compréhension de l’opposition irréductible entre les intérêts des capitalistes et ceux des travailleurs.

Ceci dit, un parti ouvrier de masse ne pourra être construit que par des forces massives. Or, bien que le potentiel pour qu’un tel mouvement soit énorme, il n’existe pas à ce jour. Dès lors, que faire ?

Nous devons commencer par développer l’embryon d’un futur parti socialiste de masse, un large réseau de socialistes révolutionnaires déterminés – dans chaque usine, bureau, campus et quartier. On doit armer ces camarades avec les idées et le programme du marxisme, les former à la connaissance de l’histoire, des méthodes, des traditions, des victoires et des défaites de notre classe – la classe ouvrière.

Socialist Révolution, la section américaine de la Tendance Marxiste Internationale, est déjà bien engagée dans ce travail. Nous sommes présents et actifs dans plus de 40 villes. De nouveaux groupes locaux sont en cours de formation dans d’autres villes. Mais nous avons besoin de votre aide !

En construisant une grande organisation marxiste, nous préparons l’avenir. Et vous avez un rôle central à jouer dans ce travail. Chaque nouveau militant marxiste dévoué et formé, aujourd’hui, pourra en gagner et en former des dizaines d’autres à l’avenir.

Ensemble, nous pouvons en finir une fois pour toutes avec ce système décadent – et construire un monde nouveau, un monde débarrassé de la course aux profits, un monde dans lequel tous les besoins fondamentaux de l’humanité seront satisfaits.

Au nom du Comité de rédaction de Socialist Revolution, nous vous appelons à rejoindre la TMI et à lutter avec nous pour la victoire du socialisme.

Le 9 avril 2020 / socialistrevolution.org

[1] Le « bipartisme » américain désigne la domination – et l’alternance, au pouvoir – de deux partis bourgeois : les Républicains et les Démocrates.

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