Fin septembre à Madrid, la présidente du Parti Populaire de la communauté de Madrid, Diaz Ayuso, a décidé de confiner uniquement les quartiers pauvres de la ville.

Il s'agit d'une politique de droite et de classe qui avait pour objectif de donner priorité aux profits plutôt qu’aux vies des classes populaires : dans certains quartiers chics, il est possible de faire du shopping, mais dans les quartiers populaires, toute activité sociale doit cesser. En outre, pour la plupart des habitants de ces quartiers, le télétravail n’est pas possible : ils effectuent surtout des travaux manuels et se déplacent vers d’autres quartiers dans des métros bondés. On les confine, mais ils doivent continuer à aller travailler !

Pour les habitants de ces quartiers, il s’agit d’une véritable injustice, qui s’apparente à de la ségrégation. Les quartiers pauvres du sud de Madrid (Vallecas, Villaverde, Usera, Carabanchel ou encore San Blas) sont défavorisés par rapport aux quartiers riches du nord (Chamberí, Moncloa, Salamanca ou Chamartín).

Cette mesure ne répond également à aucun critère scientifique : c'est juste une autre idée foireuse de la droite, à laquelle l'opposition ne sait pas répondre (le PSOE, le parti socialiste, n'a même pas voulu rejoindre les manifestations !).

Les quartiers du sud de Madrid ont déjà répondu de manière courageuse et audacieuse, à travers leurs associations et plateformes de quartier, en appelant à des mobilisations le dimanche 20 septembre. Des milliers de personnes sont descendues dans les rues. Les manifestations continuent désormais et les syndicats rejoignent la mobilisation, en particulier les syndicats liés à la santé. Le 11 novembre, certaines organisations syndicales appellent à la grève générale dans la région.

L’extrême droite passe à l’action

Dans ce climat de contestation sociale et avec l’avancée de la pandémie, l’extrême-droite a décidé de passer à l’action. Le parti Vox, suivi par le reste de la constellation de minuscules groupes d'extrême droite, a tenté de s'appuyer sur l'agitation d'une grande partie de la population pour se jeter dans l'arène des émeutes de rue. Pendant ce temps, certains secteurs de la police, sans aucune base sociale, osent pointer du doigt les "groupes d'extrême gauche". Des émeutes à Malaga, Logroño, Valence, Barcelone et Burgos ont eu lieu entre le 30 octobre et le 3 novembre. Une trentaine de personnes ont été arrêtées. . Pendant ce temps, les médias proches de la droite accusent les étrangers et la gauche sans aucune preuve. En réalité, la plupart des manifestants suivait des appels à manifester lancés sur des pages facebook anti-masque et anti-confinement.

Ce n'est pas un hasard si ces événements se produisent juste après le choc parlementaire lié à la motion de censure que Vox a tenté de faire voter contre le gouvernement du Parti Socialiste (PSOE) et de la gauche (Unidos Podemos).

Aujourd’hui, la logique capitaliste écrase les travailleurs ; au milieu de la catastrophe sanitaire, du désastre en termes de gestion de la pandémie et du chômage, les représentants de la gauche deviennent "co-responsables" de la situation. Malheureusement, toute critique à l'heure actuelle sur la gravité de la situation est présentée de facto comme un message contre le "gouvernement du progrès". Elle est donc assimilée à l'(ultra)droite.

L’extrême droite de Vox se rend bien compte de ce vide et essaie de tirer un profit politique de ce malaise. Les images de Logroño, Madrid, Barcelone, Valence, Burgos, Saragosse, Séville et autres ne laissent aucun doute sur le fait qu'il s'agit d'individus portant des vêtements qui répondent aux signes d'identité de l'ultra-droite, encouragés depuis la tribune parlementaire par l’extrême droite.

Alors que certains camarades dans la gauche sont effrayés par "la montée de l'ultra droite" et l’arrivée du fascisme, il convient toutefois d’observer ce phénomène avec objectivité. Il faut expliquer que les émeutes répondent au vide laissé par PODEMOS dans la contestation sociale et encourager une riposte dans la rue et dans les quartiers populaires. La manifestation contre les expulsions à Barcelone (800 familles ont perdu leur logement depuis le début de la pandémie), qui a rassemblé des milliers de personnes, est la meilleure réponse à ces gens. Seule l’auto-organisation des quartiers populaires et la lutte de masse enlèvera l’initiative à la vermine d’extrême droite.

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