Le Parti du Travail de Belgique (PTB-PVDA), en coalition avec des autres groupes de gauche (PTB-GO) récolterait selon les sondages plus de 8 % des voix en Wallonie, plus de 7 % à Bruxelles et plus de 4 % en Flandre. Si ces résultats se confirment, ce serait une magnifique nouvelle. Pour la première fois depuis 1985, des candidats à gauche du PS et de sp.a se retrouveraient aux différents parlements. Révolution se réjouit de ces résultats et contribue avec ses moyens à ce succès.

L’ouverture aussi du débat, nécessaire au sein du PTB et de la gauche tout entière, sur l'expérience du mouvement socialiste et communiste international est à saluer. Tout comme, les déclarations de Peter Mertens à la télévision flamande sur les erreurs du stalinisme ou de Raoul Hedebouw sur le besoin de revenir à un marxisme critique. Nous contribuerons à ce débat d’une manière constructive et amicale.

Toutefois, il nous faut dire un mot sur la campagne du PTB-GO. La propagande électorale est un moment important pour un parti marxiste. Non seulement est-ce l’occasion de mettre en avant tout une série de revendications pour résoudre les problèmes des gens. C’est aussi le moment privilégié pour diffuser des idées de transformation sociale parmi des couches plus larges de la population.

La campagne gravite autour du partage des richesses, la taxe des millionnaires, rendre plus difficiles les licenciements, un plan Marshall pour l’isolation et la rénovation des habitations, reconstruire une véritable banque publique, etc. Toutes des bonnes propositions, mais qui se situent toujours dans le cadre du système actuel.

Un des axes principaux de la campagne est celui d’un meilleur partage des richesses. Or les travailleurs « partagent » déjà les richesses qu’ils créent avec les capitalistes. Ou plutôt, forts de leur contrôle des moyens de production, les capitalistes s’approprient une large fraction des richesses créées par les salariés. Faut-il simplement mieux partager les richesses, c’est-à-dire demander aux exploiteurs de moins nous exploiter ? On connaît leur réponse : « impossible ! Il y va de nos profits : s’ils baissent, on fermera nos entreprises – ou on les délocalisera. Et du fait de la crise, il nous faut accroître l’exploitation des salariés, baisser les salaires, remettre en cause les acquis sociaux, etc. »

Le capitalisme est un système où l’économie et les conditions de vie de la population dépendent des intérêts égoïstes d’une petite minorité : la classe capitaliste. Ce système a épuisé son potentiel de développement. Son existence tire les conditions d’existence de la vaste majorité de la population vers le bas et en condamne une fraction grandissante à la misère. Une conclusion finira par s’imposer dans l’esprit des militants du mouvement ouvrier, des jeunes exploités et des retraités : si le système capitaliste ne peut plus s’accommoder des conditions d’une existence digne et vivable pour nous, alors peut-être que nous ne devrions plus tolérer l’existence du capitalisme. Un parti marxiste doit expliquer cela aussi en pleine campagne électorale. 

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