Caché derrière grandes puissances de l'OTAN on retrouve l'impérialisme belge. La classe dirigeante belge s'est longtemps présentée comme le plus fidèle serviteur d'une Union européenne plus forte et économiquement agressive. Ainsi, elle pense pouvoir accéder à des marchés qui seraient autrement inaccessibles.

C'est le rôle qu'a joué l'ex-Premier ministre et actuel président du groupe des libéraux européens au Parlement européen, Guy Verhofstadt, lorsqu'il est allé attiser le mouvement Maïdan en 2014, au moment où les forces d'extrême droite prenaient le dessus.

Le discours sur la « liberté », la « démocratie » et les « valeurs européennes » que M. Verhofstadt y a tenu continue d’être le fil rouge aujourd'hui. Bien sûr, selon les partisans de ce discours, il faut il faut à tout prix faire oublier que l’Ukraine est dirigée par une oligarchie corrompue depuis des décennies et que le FMI a fixé l'agenda socio-économique de ces huit dernières années par le biais de privatisations et de coupes budgétaires (qui ont principalement pesé sur les épaules des Ukrainiens russophones). Tant que l'espoir demeure d'utiliser la combativité ukrainienne pour que l'armée russe soit poussée au maximum de ses efforts, les politiciens européens ne lésineront pas sur les discours visant à attiser les flammes de la guerre. Même si cela renforce le gouvernement réactionnaire de Kiev et les milices et brigades néo-nazies qui le tiennent militairement debout.

Et ils le feront non seulement avec des mots, mais aussi avec des sanctions économiques et, surtout, des armes. Les sanctions économiques toucheront principalement la classe ouvrière russe, plutôt que les oligarques et leurs intérêts impérialistes. Ainsi, les mesures affaiblissent précisément la classe qui a la force de mettre fin rapidement à la guerre.

Industrie de l'armement

Le commerce entre la Belgique et l'Ukraine n'est pas prominent. Les entreprises belges vendent principalement des produits chimiques agricoles et des machines agricoles. Les intérêts directs de la classe capitaliste belge sont maintenant principalement servis par la vague d'armements provoquée par la guerre.

Le gouvernement belge a déjà envoyé des équipements militaires d’une valeur de 42,5 millions d'euros. Outre les armes antichars et le carburant, des gilets pare-balles du géant textile Sioen d'Aardooie, des lunettes de vision nocturne de OIP à Oudenaarde et, bien sûr, des fusils FN Herstal ont également été envoyés. Ainsi, 5 000 mitrailleuses FNC sont déjà parvenues à la ”Légion internationale" composée principalement de volontaires néonazis, dont les Ukrainiens de Belgique.

Les stocks vidés doivent être remplacés. D’où les 20 millions qui ont été immédiatement mis à disposition pour de nouvelles commandes. Par la suite, le budget militaire sera également augmenté d'un milliard d'euros pour atteindre 6,5 milliards d'euros par an. Et la ministre PS de la guerre Dedonker en redemande. D'autant que - selon ses propres termes – « le conflit va perdurer pendant des mois ». Il est clair que la clique militaire belge ne pense pas à mettre fin à la guerre, mais aux opportunités de profit. En effet, parmi tous les membres de l'OTAN, il y a unanimité: « militarisation » ! Cela rapportera beaucoup de bénéfices à l'industrie de guerre belge. Dans la situation actuelle, FN Herstal peut multiplier ses exportations d'armes actuelles pour un milliard d'euros et un bénéfice de 60 millions d'euros. Il en va de même pour les autres géants wallons : John Cockerill Defense (Loncin), Thales Belgium (Herstal) et Poudrerie Belge Clermont (Hoei). L’industrie militaire flamande, qui a exporté pour 70 millions d'euros en 2018, a également les mêmes intérêts.

La guerre comme excuse idéale

Qui va payer pour cet armement? La question figurait de toute façon en bonne place sur l'agenda du gouvernement Vivaldi, comme l'a montré le « deal travail ». Les chèques corona qu’ont reçus les entreprises devaient être remboursés à un moment donné. Les politiciens voient une occasion d'utiliser le conflit en Ukraine pour faire avaler la pilule dure sous couvert d'une « unité nationale ».

Ces trois raisons expliquent la conduite guerrière du gouvernement Vivaldi.

Une position de classe indépendante

Une analyse correcte de la nature impérialiste de la guerre des deux côtés est cruciale afin de contrer les coupes à grande échelle qui se préparent. C'est pourquoi nous nous opposons activement aux livraisons d'armes au gouvernement réactionnaire de Zelensky et à ses milices et bataillons néo-nazis : elles ne font que renforcer les intérêts impérialistes de l'OTAN contre ceux de la Russie. Il est impossible qu'une amélioration des conditions de vie des populations d'Europe de l'Est puisse résulter de ce cauchemar.

La classe ouvrière russe et ukrainienne fera entendre sa voix par d'autres moyens : manifestations, grèves et autres actions de masse. C'est la seule façon de diriger leur lutte contre les impérialistes et les oligarques qui exploitent la région.

La gauche

Le soutien inconditionnel à l'OTAN des partis sociaux-démocrates du gouvernement ne produit aucune protestation significative de la part de la population. Il en va de même pour les partis verts, qui trouvent pourtant leurs origines dans le mouvement pacifiste. Ils ne voyaient même pas l'incompatibilité entre le soutien à l'OTAN et la participation aux manifestations anti-guerre (et ont réagi avec surprise lorsque nous les avons interpellés à ce sujet !) Cela montre une fois de plus à quel point ces partis systémiques sont devenus aveugles aux crimes impérialistes de leur classe dirigeante.

Ils sont toujours prompts à critiquer le PTB, fidèles traditions anti-impérialistes. Le parti vote contre les livraisons d'armes et les sanctions et montre qu'il est possible de se mobiliser contre la guerre sur cette base. Cela montre également leur progression continue dans les récents sondages, malgré toutes les attaques dont ils ont fait l’objet pour avoir soi-disant miné « l’unité nationale » autour de l’effort de guerre.

.La seule faiblesse de leur argument est la croyance dans les institutions internationales telles que l'ONU pour trouver une solution négociée. En fin de compte, la diplomatie et les négociations de paix font partie des guerres impérialistes, et ne feront que cristalliser un nouvel équilibre des intérêts afin que l'exploitation capitaliste des Ukrainiens puisse se poursuivre sans relâche.

Le message mis en avant par les marxistes est que cette guerre est le résultat du fonctionnement du système capitaliste. La classe ouvrière européenne doit orienter sa lutte vers une lutte révolutionnaire contre le système capitaliste.

C'est pourquoi nous disons :

Pas de guerre entre les nations, pas de paix entre les classes !

Pas d'armement et de militarisation ! Pas de livraisons d'armes et de sanctions !

Pas de déploiement de troupes étrangères !

Aucun plan de sauvetage pour les entreprises pendant la guerre !

Pour l'expropriation de l'industrie belge de l'armement !

Pour l'unité des classes ouvrières de tous les pays !

Pour une fédération socialiste des républiques de travailleurs européennes !

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