En mars 2026, les travailleurs du rail apprennent que l’État belge redevient actionnaire majoritaire de la société de fret ferroviaire. Pourtant, avant la privatisation de Lineas, l’entreprise était déjà publique sous le nom de B-Cargo. À la suite d’une nouvelle opération de sauvetage, accompagnée d’une injection de liquidités, l’État belge reprend donc une position majoritaire. Et la situation est peut-être encore plus préoccupante, puisqu’il est probable que l’État engage 120 millions sur deux ans pour redresser l’entreprise et la rendre attractive en vue de trouver un nouveau repreneur privé… alors même que la privatisation a clairement montré qu’elle n’a pas du tout fonctionné.
Pire encore, la gestion par le privé a été à la source de nombreux problèmes, dont le dernier en date est le déraillement d’un train à hauteur de la gare de Mons en février dernier : du fait des nombreuses coupes réalisées par le privé pour rogner sur les dépenses chez Lineas, les vérifications préalables sont réalisées par le conducteur du train (qui réalise désormais un très grand nombre de vérifications seul) et non plus par des départements ferroviaires distincts. Ainsi disparaît donc la double vérification nécessaire à la prévention des risques.
Même si cette fois-ci, ce sont des tuyaux en métal qui se sont retrouvés en bas du wagon, cet accident démontre à lui seul à quel point les travailleurs et travailleuses belges n’ont aucun intérêt à la privatisation de l’entièreté du rail tant voulue par les capitalistes. Nous n’avons aucun intérêt à mettre en gage notre sécurité pour augmenter les profits de quelques entreprises capitalistes. L’exemple récent de l’accident de Tempi en Grèce (qui a fait 57 morts) devrait servir de mise en garde quant aux conséquences des privatisations et de l’austérité prolongée qui s’abat sur l’Union européenne depuis trop longtemps.

Accident de février 2026 à hauteur de Mons
Socialiser les bénéfices maintenant et financer les services publics !
Avec ce nouveau sauvetage de l’État, nous observons clairement que les politiciens libéraux capitalistes ne s’opposent en réalité pas aux nationalisations si cela va dans le sens de leur intérêt de classe. En fait, s’il s’agit d’entreprises que le privé a mis en faillite, alors ce sont même eux qui demanderont à ce que les dettes engendrées par les patrons (qui se sont gavés au passage) soient épongées avec de l’argent public, c’est-à-dire avec nos impôts !
Voilà pourquoi les travailleurs/travailleuses doivent se battre pour nationaliser dès maintenant les grandes entreprises privées, pour socialiser les bénéfices (et non les pertes), qui par ailleurs proviennent de notre sueur collective. Cela permettra enfin à la collectivité de financer de vrais services publics de qualité pour toutes et tous.
Si la logique des nationalisations marche actuellement sur la tête, c’est uniquement car c’est la classe des capitalistes qui est au pouvoir et dirige l’économie. Il est grand temps d’en finir avec ces inepties, nous devons mettre notre classe sociale au pouvoir, dans l’intérêt de tous les travailleurs/travailleuses !


