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Hisser la lutte des classes à un niveau supérieur

La Belgique est le malade économique de l’Europe. La croissance économique stagne. Le mois de juillet a enregistré une progression de… 0 % du PIB. Il s’agit du pire résultat de la zone euro. La diminution de la consommation privée, réduite par l’austérité brutale des différents gouvernements, est pointée du doigt. En 12 mois, l’économie du pays n’a progressé que de 0,5 %, soit le chiffre le plus faible depuis la pandémie de coronavirus (et depuis 2013, sans tenir compte de la pandémie). Ce chiffre souligne à lui seul les difficultés du capitalisme belge, qui ne parvient pas à sortir ses secteurs clés, l’industrie et la construction en particulier, du marasme de la récession dans lequel ils se trouvent depuis plusieurs années déjà. Les prévisionnistes tablent sur une croissance de 0,6 % pour cette année. Ce n’est rien de moins qu’une véritable stagnation. Pour sortir de cette situation, les capitalistes seront obligés de renforcer les attaques de tout type contre les travailleurs.

Parallèlement, l’inflation grimpe à 3,56 %, un nouveau record européen. L’augmentation des prix de l’énergie (gaz et pétrole), alimentée par la guerre contre l’Iran, contribue fortement à cette flambée. Une situation de stagnation accompagnée d’inflation s’appelle la stagflation.

Pour finir ce tableau, notons les nouveaux objectifs de réduction budgétaire que s’est fixés l’Arizona : trouver 10 milliards supplémentaires avant la mi-octobre. Cela met le gouvernement sur la voie d’une austérité XXL, qui sera payée par les travailleurs, les classes moyennes pauvres et leurs familles (pensionnés, malades, étudiants et lycéens).

Affolement de la crise climatique

À cela s’ajoute l’accélération du dérèglement climatique en Europe. La Belgique bat ici aussi un record. Le taux de surmortalité à la suite de la canicule y est le plus élevé de l’Union européenne. L’incendie des Hautes Fagnes est également le plus grave de l’histoire du pays. La classe politique en est complice. Elle en est consciente et craint la colère populaire. Comme lors de la crise politique provoquée par l’affaire Dutroux en 1996, c’est à nouveau le roi Philippe, qui a visité les services de secours dans les Fagnes, qui doit venir en aide à un personnel politique défaillant et cynique (Bart De Wever était en vacances au Japon et a fait une offrande aux dieux de la pluie…). Cet été particulièrement meurtrier pour la nature et pour l’homme aura un effet radicalisant sur la population, en particulier chez les plus jeunes. Quel contraste saisissant entre un gouvernement qui débourse sans compter pour acheter des avions de chasse F-35 et qui prétend ne pas avoir les moyens d’investir dans des Canadair, la protection civile, les gardes forestiers et les services d’incendie !

Pas de trêve dans la lutte des classes

Les gouvernements, à commencer par le gouvernement fédéral, vont donc relancer leurs attaques contre la sécurité sociale, le droit du travail, le système de santé, l’enseignement et les droits démocratiques. C’est une nécessité absolue pour le capitalisme en crise. Il n’est pas possible de les faire changer d’avis par des exhortations à « sortir son nez du guidon » ou par des propositions de budgets alternatifs, comme le font les directions syndicales.

La période de lutte sociale allant jusqu’au début de l’été a été marquée par des grèves spontanées (ou non), massives et de longue durée dans les transports publics urbains, à La Poste, chez les pompiers de Bruxelles et surtout dans l’enseignement francophone, avec l’émergence de Mars Attacks pour pallier l’attitude conciliatrice des directions syndicales. Le plus remarquable a été l’irruption des jeunes lycéens dans cette lutte et la dure répression policière qu’ils ont subie à Bruxelles. Assimilés à des « émeutiers », ce sont surtout les jeunes d’origine immigrée qui ont été ciblés par les forces du désordre.

Malgré le vote des contre-réformes dans l’enseignement début juillet, la colère et la volonté de lutter ne se sont pas apaisées. Un préavis de grève couvre déjà les actions dans ce secteur jusqu’au 27 septembre. Le 10 septembre, une nouvelle manifestation est prévue pour toute la Fédération Wallonie-Bruxelles. Dans les académies, une journée de grève est prévue pour le 14 septembre. Dans l’enseignement, il ne s’agit plus seulement de rejeter les mesures de Glatigny. Une réflexion plus profonde sur le rôle de l’école dans une société capitaliste prend forme.

Mettre le socialisme au centre de nos luttes

Il est clair que les directions syndicales réformistes vont essayer de nous refaire le coup des actions « saute-mouton » sans lendemain, avec pour objectif principal de désamorcer le combat et de le mener dans une impasse. C’est le propre du réformisme. Dans un entretien avec La Libre, la nouvelle dirigeante de la FGTB, Selena Carbonero Fernandez, évoque même une nouvelle grève générale à l’automne. Si elle a lieu et si elle se limite à un arrêt de travail de 24 heures, on peut être certain que cela laissera le gouvernement et le patronat de marbre. Une grève générale reconductible, par contre, les ferait trembler. Mais nous voulons plus que leur faire peur. Rosa Luxembourg nous indique le chemin à prendre dans nos luttes : « Quiconque se prononce en faveur de la voie des réformes légales, au lieu et à l’encontre de la conquête du pouvoir politique et de la révolution sociale, ne choisit pas en réalité une voie plus tranquille, plus sûre et plus lente conduisant au même but, mais un but différent : au lieu de l’instauration d’une société nouvelle, des modifications purement superficielles de l’ancienne société ; non pas la suppression du salariat, mais le dosage en plus ou en moins de l’exploitation. »

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