La jeunesse lycéenne est soumise à des pressions croissantes : effondrement des conditions d’étude, hausse des violences, exploitation salariée et conditions de travail dangereuses…
Quelques chiffres
En septembre 2026, 2 261 550 lycéens faisaient leur rentrée dans des classes surchargées (30,5 élèves par classe en moyenne). D’après une enquête du SNES-FSU réalisée en début d’année, il manquait au moins un professeur dans 53% des collèges et lycées. De manière générale, 69% des établissements souffraient d’un manque de personnel (professeur, CPE, AED, AESH ou psychologues).
Les lycées sont aussi le théâtre d’une violence croissante. Les signalements d’armes blanches dans les écoles ont augmenté de 15 % entre février 2024 et février 2025. Plusieurs lycéens ont été poignardés par d’autres élèves l’an dernier. Le harcèlement est aussi en hausse: 23% des lycéens ont été victimes de cyberviolence dans le cadre scolaire en 2022-2023, et 1 lycéen sur 10 l’a été de façon répétée.
La violence que subissent les lycéens ne se limite pas au cadre scolaire. D’après les chiffres officiels du service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) pour 2025, les violences physiques contre les mineurs ont augmenté de 10% par rapport à l’année précédente. Plus de la moitié de ces violences sont commises dans le cadre familial. 76200 victimes mineures de violences sexuelles ont été recensées. Au total, les mineurs représentent 58% des victimes de violences sexuelles.
Une main-d’œuvre bon marché
Parmi les nombreuses difficultés auxquelles font face les lycéens, un élément est rarement souligné: un quart des lycéens ont une activité rémunérée pendant l’année scolaire. Il s’agit souvent d’un travail précaire dans la restauration, le babysitting, la livraison, la vente, etc. La prostitution est également en hausse chez les mineures.
Pour les familles les plus précaires, ces emplois représentent un complément de revenu vital. Pour certains jeunes, c’est la clé d’une indépendance financière indispensable – par exemple pour financer leurs futures études supérieures ou pour payer leur loyer lorsqu’ils ont quitté le foyer familial.
Pour les patrons, ces jeunes sont une main-d’œuvre de choix : elle est à la fois bon marché (car les mineurs sont payés 80% ou 90% du SMIC) et rendue corvéable à merci par la précarité. Leurs horaires de travail dépassent donc souvent le cadre légal.
Cette situation a évidemment de lourdes conséquences sur l’assiduité en cours, les révisions et les capacités d’apprentissage. Interviewé par Mediapart, un lycéen raconte: « Souvent, je ne venais pas en cours avant midi. J’étais beaucoup trop fatigué. Et le travail passait toujours en priorité. Au fond, je savais que je ne pouvais pas continuer ma vie sans mon bac. Mais manger et payer mon loyer comptait le plus. »
Mal encadrés, peu formés, les mineurs travaillent parfois dans des conditions de travail dangereuses. Les accidents du travail sont 2,5 fois plus fréquents chez les jeunes de moins de 25 ans. Une tribune syndicale publiée en octobre 2025 soulignait même la répétition des morts de mineurs lors de stages d’observation de 2nde ou dans le cadre de leur formation professionnelle en bac pro.
Quel avenir pour les lycéens ?
Pour de nombreux jeunes, le lycée ressemble à un véritable parcours du combattant. 7,6% des 18-24 ans quittent d’ailleurs le système éducatif sans bac.
Ceux qui arrivent au bout de leur scolarité et souhaitent poursuivre à l’université doivent affronter l’enfer de Parcoursup. Cette année, lors de la première phase d’admission, 18 % des 909 000 inscrits à Parcoursup – dont la moitié sont des lycéens – se sont retrouvés sans aucune proposition d’affectation.
Quelle est la réponse du gouvernement à tous les problèmes des lycéens ? Cet été, le gouvernement a adopté une « mesure phare »: interdire les téléphones portables en classe !
Face au mépris et à l’incurie des gouvernements capitalistes, la jeunesse s’organise et lutte. Le 21 septembre, des lycéens de Créteil ont déclenché un mouvement qui s’est étendu à de nombreux lycées à travers le pays. Ces lycéens mobilisés réclament plus de moyens, plus de personnel, un aménagement des emplois du temps – des revendications qui rejoignent celles de leurs professeurs, dont certains se sont mis en grève (comme au lycée Paul Eluard, à Saint-Denis).
Au-delà de la question des conditions d’études, de nombreuses mobilisations lycéennes ont éclaté ces dernières années : en solidarité avec la Palestine, contre la crise environnementale, ou encore contre les violences policières. La colère des jeunes trouve de plus en plus souvent une expression politique et organisée. Il ne fait aucun doute que, dans la prochaine période, les éléments les plus avancés de la jeunesse lycéenne sauront trouver leur place à l’avant-garde de la lutte contre le système capitaliste.


