Le gouvernement de l’Arizona a décidé de s’attaquer à la fraude sociale (fraude aux lois sociales). Dès le printemps 2026, les amendes augmenteront de 25 % pour les plus précaires. Elles doivent être « adaptées au niveau de vie actuel », nous dit le ministre de la Lutte contre la fraude sociale, Rob Beenders[1].
Encore une fois, l’Arizona est menteur et hypocrite. Entre 1994 et 2015, les 20 % les plus pauvres sont passés de 2 300 à 1 475 euros par mois de dépenses pour des biens de consommation, alors que la productivité des travailleurs belges a augmenté de 20 % entre 1996 et 2018[2]. Cette augmentation n’a pas bénéficié aux travailleurs.
Pour qu’un travailleur puisse frauder, il doit déjà percevoir des aides, donc être déjà précaire. Ainsi, même avec toute la lutte contre la fraude sociale que le gouvernement veut utiliser comme étendard, celle-ci n’est qu’une goutte dans un verre déjà presque vide.
Le gouvernement nous dit avoir totalisé 435 millions d’euros de fraude sociale en 2024[3]. Mais, lorsqu’on y regarde de plus près, 80 % de ce type de fraude est en réalité le fait des patrons, soit environ 350 millions d’euros. Nous avons là les véritables assistés du système !
Mais lorsque le gouvernement utilise ce mot, il parle des 20 % restants. Il parle de ceux qui touchent le chômage en faisant des petits boulots pour payer leurs factures, de ces mères qui cumulent une petite allocation avec quelques heures de ménage au noir pour nourrir leurs enfants, des SDF qui déclarent une fausse adresse chez un proche parce qu’ils n’ont pas de chez eux, de ceux qui travaillent pendant un arrêt maladie parce que l’indemnité ne suffit pas, etc.
Il mène une chasse aux sorcières contre les plus pauvres : il veut leur retirer le peu qui leur reste afin de préserver les profits patronaux. La fraude, fiscale celle-là, est de près de 30 milliards d’euros en 2024. À cela, il faut ajouter la fraude légale, que nos patrons aiment appeler « optimisation ». C’est au moins 383 milliards d’euros en 2020[4].
Si l’on compare ces chiffres, cela revient à 1 euro pour un précaire qui en a besoin pour survivre, contre 4 000 euros siphonnés par un patron qui, lui, n’en a pas besoin !
L’augmentation des amendes sociales décidée par le gouvernement se traduit par un transfert de richesse vers le patronat. Les amendes forcent les plus pauvres à frauder davantage pour survivre et à accepter des emplois de plus en plus précaires, ce qui renforce les marges patronales.
L’exploitation capitaliste ne fait que se renforcer chaque jour ; c’est un fait ressenti par toutes les travailleuses et tous les travailleurs de Belgique. Depuis un moment maintenant, les dirigeants bourgeois criminalisent, oppriment et précarisent toujours davantage : il est grand temps de montrer collectivement les dents.
- RTL info. (2025). « Ce n’est pas tolérable » : la fraude sociale sera plus sévèrement punie très prochainement. https://www.rtl.be/actu/belgique/politique/ce-nest-pas-tolerable-la-fraude-sociale-sera-plus-severement-punie-tres/2025-12-09/article/772991
- Fondation Travail-Université. (2019). Le pouvoir d’achat en Belgique : une analyse par décile ou pourquoi les demandes des mouvements sociaux et syndicaux sont légitimes. https://www.ftu.be/index.php/publications/evaluation-des-politiques-publiques/352-le-pouvoir-d-achat-en-belgique-une-analyse-par-decile-version-2
- Service d’information et de recherche sociale. (2025). Rapport annuel fraude sociale 2024. https://www.sirs.belgique.be/fr/publications/rapport-annuel-fraude-sociale-2024
- Lava. (2023). 380 milliards d’euros belges dans les paradis fiscaux. https://lavamedia.be/fr/380-milliards-deuros-belges-dans-les-paradis-fiscaux/


