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Liège, Charleroi, Tournai, Bruxelles… Les lycéens sur la brèche !

Organisons et étendons la révolte pour gagner !

Comme le dit le dicton populaire, « quand il pleut à Paris, il pleuvine à Bruxelles ». Cela se confirme avec les manifestations et les blocages spontanés dans plusieurs écoles, d’abord à Liège, puis à Charleroi et à Tournai. Bientôt, ce sera au tour des lycéens de Bruxelles de débrayer. Cette irruption des lycéens dans les rues ne se nourrit pas seulement de l’exemple courageux des lycéens français. La similitude avec ce qui s’est produit chez les élèves français n’est pas un hasard. Les mêmes conditions d’apprentissage et les mêmes mesures de démolition de l’enseignement produisent tôt ou tard les mêmes réactions. Les élèves mobilisés avancent quatre revendications principales : des classes moins nombreuses, des professeurs en nombre suffisant, une véritable écoute des élèves et des parents, une école accessible à tous, et des décisions qui « construisent l’avenir, pas qui le détruisent ». À cela s’ajoute la mauvaise surprise de l’augmentation brutale des abonnements aux transports publics, le TEC, qui passe de 12 euros à près de 400 euros. Plus largement, les jeunes voient aussi leurs parents galérer et prennent conscience des fins de mois difficiles.

De la spontanéité à l’organisation

Le mouvement a pris de façon largement spontanée. Il reprend d’une certaine façon le relais des actions des enseignants depuis la rentrée scolaire. Il s’agit d’un scénario de lutte similaire à celui des mois de mai et juin. D’école en école, d’abord dans la région liégeoise, puis dans d’autres villes wallonnes, le mouvement s’étend. C’est cette amplification qui provoque la panique chez les autorités. Leur seule réponse est d’envoyer la police réprimer les jeunes à coups de matraque et de lance à eau. À Liège, les pouvoirs organisateurs ont même fermé les écoles vendredi pour empêcher les élèves de s’exprimer. Les médias les criminalisent et la ministre les méprise. L’excuse ? Des petits feux allumés ici et là, des tirs de « mortiers » (feux d’artifice) et une ou deux portes enfoncées. Mais quel n’est pas le silence assourdissant des médias et des politiques face à la violence institutionnelle exercée par leur propre système tous les jours de l’année : l’austérité XXL, l’avenir condamné, la militarisation, ainsi que le tri social et raciste dans l’enseignement. Dans un tel contexte, il est plus que naturel de se révolter.

Dans les jours qui viennent, le mouvement va s’étendre à d’autres villes et écoles. À Bruxelles, les élèves de l’Athénée Charles Janssens organisent une semaine de grève. D’autres écoles vont suivre. Il est en effet vital que les grèves et manifestations ne s’arrêtent pas et gagnent d’autres villes et écoles. Pour cela, il faut dépasser le stade de l’action spontanée. Il faut s’organiser. Dans les luttes sociales, on n’a rien inventé de mieux que l’organisation. Cela passe par l’organisation d’assemblées générales dans les écoles et l’élection de comités de lutte. Chaque comité d’école peut alors envoyer des délégués à un comité inter-écoles dans la ville, et même au niveau de plusieurs villes. Ainsi peut naître un comité national lycéen qui organise et donne une direction à l’effervescence spontanée.

Lycéens, travailleurs, même combat !

Les lycéens et les travailleurs ont le même ennemi : le gouvernement de l’Arizona et les gouvernements régionaux. L’unité de tous les secteurs en lutte est notre force. Dans les prochains jours, comme en France, les lycéens doivent rejoindre les travailleurs en lutte, et les travailleurs, de leur côté, doivent rejoindre les lycéens en lutte avec leurs syndicats. C’est vital. Dans les prochains jours, il y a d’abord la manifestation syndicale à Bruxelles le vendredi 9 octobre, puis la grève générale dans les services publics le lundi 12 octobre. Ces actions doivent servir de tremplin pour préparer un puissant mouvement de grèves reconductibles.

L’objectif est de faire reculer les gouvernements responsables de la destruction sociale. Et s’ils ne sont pas prêts à faire marche arrière, ils doivent tomber et faire place à des gouvernements de travailleurs. Un gouvernement des travailleurs portera un coup d’arrêt à l’austérité, investira massivement dans les services publics et nationalisera les leviers principaux de l’économie. Un gouvernement des travailleurs mettra ainsi fin au capitalisme.

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