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Le socialisme : une urgence climatique !

Aux quatre coins du monde, les vagues de chaleur se succèdent et battent des records d’intensité. Les riches s’en protègent aisément ; les pauvres vivent un calvaire. La Belgique, elle, comptabilise la pire surmortalité d’Europe avec plus de 2 000 morts (+48 %) rien que lors de l’épisode de fin juin dernier.

La situation climatique favorise évidemment les feux de forêt. La triste « saison des incendies » a commencé très tôt et bat déjà tous les records, elle aussi. L’« exceptionnel » devient la norme et s’aggrave d’année en année.

Cynisme

Du fond de leurs logements et bureaux climatisés, les politiciens bourgeois cherchent à cacher leur impuissance et, surtout, la responsabilité du capitalisme dans la crise environnementale. Notre Georges-Louis Bouchez national s’est même fendu d’une ineptie de plus en accusant « des individus malveillants ou inconscients » d’être à l’origine de l’incendie de forêt des Hautes Fagnes. Une tentative de diversion aussi pitoyable que le personnage lui-même, puisqu’aujourd’hui, quasiment tout le monde fait le lien entre le cap des +1,5 degré dépassé et l’augmentation et l’intensité des feux de forêt actuels et à venir. 

Le cynisme de la classe dirigeante n’ayant aucune limite, elle y voit aussi une occasion de justifier de nouvelles coupes budgétaires et de nouvelles contre-réformes. Ce fut le cas dans la foulée de la canicule d’août 2003 : la mort de 15 000 personnes âgées en France avait servi de prétexte à la suppression d’un jour férié. L’objectif officiel était de financer la « solidarité publique » avec les personnes les plus fragiles et les plus dépendantes. L’objectif réel était d’augmenter les profits du patronat et les recettes de l’État sur le dos des travailleurs.

23 ans plus tard, les grands médias diffusent la même petite musique : « s’il faut investir massivement dans des rénovations et des climatisations, alors il faudra couper drastiquement dans d’autres dépenses, dans les retraites, la sécurité sociale, les allocations de chômage, l’enseignement, etc. »

Et toute cette période a été et est toujours traversée par les innombrables complaintes des travailleurs du secteur public, pompiers en tête, qui dénoncent avec colère l’austérité brutale qui s’est abattue et s’abat encore sur leurs conditions de travail. Manque de matériel, matériel vétuste, contrats précaires, manque de personnel… sont depuis bien trop longtemps le lot quotidien de tous ces travailleurs et travailleuses pourtant systématiquement en première ligne.

Le mouvement ouvrier doit évidemment s’opposer à tout cela de toutes ses forces. C’est aux capitalistes, et à eux seuls, de financer les investissements nécessaires pour faire face correctement à cette crise climatique !

Par ailleurs, lors des canicules, le mouvement syndical doit lutter pour le contrôle ouvrier de la production : dans le secteur privé comme dans le secteur public, les salariés doivent décider si, quand et comment ils travaillent. Ils doivent imposer leur volonté sur l’aménagement des horaires et des conditions de travail. Il y va de leur santé et, parfois, de leur vie même. Si nécessaire, la production doit être suspendue et les salaires maintenus.

« Après moi le déluge ! »

Nous devons lutter pour toutes les mesures permettant de protéger notre classe des effets de la crise climatique et environnementale. Mais nous devons aussi nous attaquer aux causes d’un problème qui prend des proportions toujours plus effroyables.

La cause la plus fondamentale, à laquelle sont liées toutes les autres, est parfaitement claire : c’est la course aux profits, qui est le moteur du système capitaliste et la raison d’être des parasites géants qui le dominent. Pour gagner des parts de marché et augmenter leurs marges bénéficiaires, les capitalistes n’hésitent pas à empoisonner l’eau, l’air et la nourriture, à polluer l’ensemble des écosystèmes, à émettre des milliards de tonnes de gaz à effet de serre, et ainsi de suite.

Dans ce domaine comme dans les autres, il est vain d’espérer une salutaire « prise de conscience » de la classe dirigeante. En effet, les lois du capitalisme s’imposent aux capitalistes eux-mêmes. Marx le soulignait déjà – à propos de l’exploitation éhontée des travailleurs – dans un passage du Capital qui s’applique parfaitement à l’attitude de la bourgeoisie vis-à-vis de la crise environnementale :

« [Le] capital […] est aussi peu ou tout autant influencé dans sa pratique par la perspective de la pourriture de l’humanité et finalement de sa dépopulation, que par la chute possible de la terre sur le soleil. Dans toute affaire de spéculation, chacun sait que la débâcle viendra un jour, mais chacun espère qu’elle emportera son voisin après qu’il aura lui-même recueilli la pluie d’or au passage et l’aura mise en sûreté. Après moi le déluge ! Telle est la devise de tout capitaliste et de toute nation capitaliste. […] Il est vrai qu’à prendre les choses dans leur ensemble, cela ne dépend pas non plus de la bonne ou mauvaise volonté du capitaliste individuel. La libre concurrence impose aux capitalistes les lois immanentes de la production capitaliste comme lois coercitives externes. »

Planification socialiste

Les « lois immanentes de la production capitaliste », qui menacent l’humanité d’une barbarie généralisée, ne pourront être abolies qu’en abolissant le capitalisme lui-même. Ce système chaotique et pourrissant doit être remplacé par une planification rationnelle et démocratique de la production. La « transition écologique », à l’échelle mondiale, requiert des investissements d’une envergure colossale – c’est-à-dire incompatibles avec la misérable soif de profits qui, sous le capitalisme, dirige l’allocation des ressources humaines et matérielles.

La « planification écologique » que certains défendent, comme le PTB ou LFI en France, n’est qu’une formule creuse si elle ne repose pas sur une planification économique. Or celle-ci suppose la conquête du pouvoir par la classe ouvrière et l’expropriation de tous les grands leviers de l’économie : banques, industrie, distribution, transports, etc.

La civilisation humaine ne peut être sauvée que par la victoire de la révolution socialiste mondiale. Cette idée simple suscite le même sourire condescendant chez tous les ex-communistes, ex-révolutionnaires, ex-marxistes qui sont profondément démoralisés – et qui, pour cette raison, s’imaginent être devenus de grands « réalistes ». L’OCR ne s’intéresse pas à ces poids morts du mouvement ouvrier. Nous nous adressons d’abord aux dizaines et centaines de milliers de jeunes qui cherchent une alternative à l’enfer capitaliste.

Ce système prive la jeunesse d’un avenir digne de ce nom. Ses éléments les plus conscients, les plus radicalisés, comprennent l’urgence de la situation et la nécessité d’une rupture radicale avec l’ordre établi. Il faut les organiser, les souder, les armer des idées authentiques du marxisme. C’est à cette tâche que travaillent notre organisation et l’Internationale communiste révolutionnaire (ICR). Pour nous y aider, rejoignez-nous !

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