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Le gratin problématique des « Job Career Day’s » de l’UMONS

Comme chaque année, ce 1er avril 2026, s’est tenu « l’UMONS Career Job Day » à Mons. Ce salon de l’emploi est présenté comme une opportunité pour les étudiants ; il est surtout une opportunité pour le monde de l’entreprise de s’afficher comme un partenaire éthique du monde universitaire, alors que certaines des entreprises participantes figurent parmi les pires de la planète… 

Durant cette journée, plusieurs multinationales de l’armement (ou fortement liées à la production de matériel militaire) y tiennent un stand : Thales, Safran, Leonardo (Telespazio), Sonaca, Westinghouse Electric… 

Thales est pourtant accusée de complicité de crimes de guerre au Yémen, car elle a fourni des armes à l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis, qui s’en servent pour massacrer les Yéménites. Mais elle est également accusée d’avoir collaboré pleinement avec le régime israélien lors du génocide des Palestiniens (qui est toujours en cours), en fournissant entre autres des composants électroniques et des systèmes de guidage pour des drones de combat israéliens. Armes qui servent potentiellement aujourd’hui au Liban… 

L’entreprise d’armement italienne Leonardo, elle aussi présente (sous sa filiale Telespazio), est accusée par des ONG italiennes, et dénoncée par ses propres employés, de continuer à fournir des armes à Israël illégalement (notamment en les faisant transiter par la Belgique(!) selon le PTB).

Westinghouse Electric aide en ce moment même l’armée américaine via le programme Janus (et, avant ça, le projet Pele) qui vise à produire des micro-réacteurs nucléaires pour alimenter en énergie les bases militaires américaines à l’étranger. Que de bien beaux projets…

Safran Aero Boosters, propriété à 31 % de la région wallonne, reçoit ainsi chaque année des aides d’argent public pour aider à la conception d’avions de chasse F-35 utilisés par l’armée israélienne et/ou lors des pires coalitions internationales pour bombarder des civils à l’autre bout du monde.

Bref, la liste est longue… Tout cet argent public devrait servir à autre chose selon nous. Nous ne devons pas laisser les Etats capitalistes dépenser l’argent de nos pensions, de nos crèches, de nos écoles… dans l’armement !

Étaient également présentes à l’UMONS Career Job Day 2026 d’autres entreprises problématiques telles que la banque BNP Paribas (accusée de financer des entreprises impliquées dans la colonisation israélienne et, indirectement, dans le financement d’activités liées à l’armée israélienne (Tsahal), mais aussi attaquée en justice pour sa responsabilité dans la crise climatique), ou encore TotalEnergies qui a été condamnée en 2025 pour greenwashing et accusée, entre autres, de complicité de crimes de guerre au Mozambique et d’avoir également pollué les terres et les eaux d’une région à l’est du Yémen, mais aussi, plus globalement, de participer à la catastrophe humanitaire et environnementale en Afrique.

De plus, selon un rapport de l’ONG britannique InfluenceMap paru en 2019, Total a dépensé 29 millions de dollars par an en lobbying, depuis 2015, pour contrer les politiques de lutte contre le réchauffement climatique. Le magazine Natura Sciences identifie le groupe Total comme un « marchand de doute du climat depuis 1971 », précisant que Total avait connaissance des conséquences néfastes de ses activités pour le climat dès 1971. L’entreprise a consciemment mis en place, au cours de ces 50 dernières années, différentes stratégies de fabrique du doute autour de l’urgence climatique.

Google était également présente, en plus d’être passée maître dans l’évasion fiscale, l’entreprise a été dénoncée par plus de 900 de ses employés aux USA en février dernier pour sa collaboration avec la police anti-immigration de Trump, l’ICE et ses liens avec Lockheed Martin ou encore Palantir Technologies…

On pourrait également citer d’autres entreprises présentes ce jour-là, comme Dow (héritier d’Union Carbide/Bhopal), DEME, Toyota Motor Europe… qui sont toutes régulièrement dénoncées par les ONG pour leurs activités impactant l’environnement.

Était également représentée sur place l’entreprise Engie, qui use de greenwashing également selon les ONG belges et qui est au cœur de plusieurs tourmentes notamment celle sur la question de l’extraction de valeur car elle a transféré en 2025 6,2 milliards de profits (réalisés en Belgique) à l’étranger, posant ainsi question sur sa volonté d’investir réellement en Belgique…

Mais aussi d’autres entreprises spécialisées dans les montages financiers permettant aux autres entreprises de payer moins d’impôts et des “cabinets de consultance/conseil” (voir la liste des entreprises présentes cette année), les précédentes éditions avaient par exemple accueilli Deloitte ou encore Accenture. 

Parmi la liste des entreprises présentes à cette journée de recrutement, le nombre de celles qui posent problème est en augmentation. Pour la simple raison que, dans un monde capitaliste où les tensions inter-impérialistes augmentent elles aussi, la guerre, la surveillance de masse, l’évasion fiscale et la dépendance aux énergies fossiles sont de plus en plus normalisées car sources de profits immédiats.

Il est plus que légitime de questionner la présence de ces entreprises dans les salons de l’emploi à destination de nos jeunes diplômés. Si c’est là tout l’avenir qui s’offre à elles et eux, il est nécessaire de comprendre pourquoi et de s’opposer aux activités néfastes de ces multinationales. La collaboration avec l’ICE ou avec le régime colonial d’appartheid israélien, l’implication dans l’accentuation de la crise climatique et de la pollution, ou encore dans les montages financiers qui représentent un manque à gagner pour les services publics, ne devraient pas avoir pignon sur rue et collaborer avec des universités. Il n’y a qu’un monde aussi pourri que le monde capitaliste pour permettre cela.  

Un monde sans guerre, sans écocide et sans génocide est possible, une transition énergétique est possible également, une justice fiscale aussi, mais pour cela il faut sortir de la logique capitaliste de marché et au contraire planifier l’économie sur base des besoins réels de la population. Cela passera par l’expropriation de ces grands groupes et par la réorientation des profits vers la construction d’une société socialiste réellement démocratique où la coopération sera la norme, la transition écologique réelle et l’égalité, un horizon.

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