C’est la fin d’une année tragique pour la condition des femmes. Environ 1 femme sur 3 dans le monde a subi des violences physiques/sexuelles au cours de sa vie – chiffre qui est resté pratiquement inchangé ces 25 dernières années selon l’OMS. En Belgique, il s’agit d’environ 30% des femmes. Cette année, jusqu’à présent, il y a eu 23 féminicides, c’est-à-dire au moins deux par mois. Chaque année, la police belge enregistre environ 4000 cas de violences sexuelles, soit de 10 à 11 plaintes par jour. Et ce alors que seulement 30% de femmes dénoncent la violence domestique, selon l’observatoire de la Commission Européenne.
De plus en plus de statistiques de ce genre arrivent jusqu’au grand public et on parle de la violence de genre partout : dans les écoles, les universités, les médias, mais la condition matérielle des femmes ne fait que s’aggraver. Le gouvernement Arizona amplifie ce phénomène : la réforme des pensions et du marché du travail pénalise les femmes qui travaillent à temps partiel, celles avec des carrières interrompues, les mères célibataires et les femmes âgées qui font des travaux lourds et ne peuvent travailler jusqu’à l’âge de la pension ; mise à mal des extensions du congé paternité, il en va de même pour les services publics qui touchent à la question de genre.
Nous avons beau éduquer nos enfants à l’empathie à la maison, la réalité est que tant qu’ils évolueront à l’extérieur dans un système capitaliste violent qui les pousse sans cesse à perpétuer l’injustice économique et sociale pour survivre, l’oppression de genre et des minorités continuera d’exister.
La position des marxistes sur l’origine de cette oppression est claire : pour nous elle est systémique et doit être analysée depuis sa base matérielle. Les relations économiques entre patrons et salariés, les faibles salaires, le manque de services publics… structurent les relations sociales, la division du travail domestique et les dynamiques avec lesquelles le prolétariat s’adapte à la crise économique. Les femmes souffrent d’une double oppression : celle du capital et celle du patriarcat, que ce système renforce dans son intérêt.
Quel chemin pour la libération de la femme ?
On peut apprendre beaucoup de l’histoire du mouvement ouvrier, dont la plus importante victoire a été la révolution russe de 1917. Cette révolution a donné aux femmes des droits politiques et civils sans précédent : vote, divorce, avortement pour la première fois dans le monde, légitimité de tous les enfants, égalité salariale légale, droit au travail et accès à toutes les professions, crèches publiques, cantines communautaires, blanchisseries publiques – des services promouvant la division équitable du travail domestique – y compris des comités spéciaux (Zhenotdel) pour assurer l’émancipation de la femme face aux nouvelles lois, et tant d’autres…
L’OCR, l’Organisation Communiste Révolutionnaire, lutte – non seulement le 8 mars, mais aussi toute l’année – afin que ces mêmes conquêtes soient dans le programme des mobilisations des travailleurs et des travailleuses unies contre le capital. Si tu es d’accord, organise-toi avec nous !


