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Agression impérialiste au Venezuéla et en Amérique Latine !

Après l’attaque américaine contre le Venezuela, le 3 janvier, dans la rue, sur Internet et dans les médias, nous avons rappelé que seule la résistance organisée de la classe ouvrière peut mettre fin à l’impérialisme. Nous avons organisé des débats et des collages d’affiches pour organiser la résistance, mais pendant les 6 semaines écoulées, au Venezuela aussi il s’est passé bien des choses. 

Le soir même de l’intervention Donald Trump affichait clairement ses intentions : « Nous allons diriger le pays jusqu’à ce que nous puissions assurer une transition sûre […]. Nous allons demander à nos très grandes compagnies pétrolières américaines […] de s’y rendre, de dépenser des milliards de dollars […] et de commencer à générer des revenus pour le pays. »

Le 9 janvier, Trump réunissait les dirigeants d’Exxon, Chevron, etc. pour les convaincre d’investir au Venezuela, promettant d’obtenir des lois plus favorables aux entreprises étrangères et le retrait de la loi sur les hydrocarbures adoptée sous la présidence d’Hugo Chavez, qui renforçait le contrôle du Venezuela sur l’industrie pétrolière. Quelques jours plus tard, les Etats-Unis commençaient à vendre pour 500 millions de dollars de pétrole vénézuélien volé lors de la capture de pétroliers dans les Caraïbes.

En somme, après avoir kidnappé le chef d’Etat du Venezuela, les Etats-Unis entendent dicter les lois, administrer les ressources et sélectionner les partenaires commerciaux du pays. Ce n’est rien moins qu’une mise sous tutelle coloniale.

L’enlèvement de Maduro est un exemple particulièrement clair de la manière dont l’impérialisme américain recourt de plus en plus à des moyens militaires pour atteindre ses fins. Cela s’explique par le fait qu’il s’agit d’une puissance impérialiste en déclin, plus faible qu’elle ne l’était lorsqu’elle a conquis sa position de superpuissance mondiale et donc en retard sur la réalité.

Mais l’impérialisme américain est conscient de ses limites face à un impérialisme chinois montant qui est devenu le partenaire commercial principal d’une majorité de pays d’Amérique Latine. Si les Etats-Unis sont capables de massacrer quelques dizaines de pêcheurs (en mobilisant 20 % de leur marine) et de destituer un chef d’Etat étranger (en déployant 125 bombardiers et des unités d’élite de leurs forces spéciales), ils ne peuvent pas administrer un pays sans un minimum de soutien dans la population – ou à défaut, dans l’appareil d’Etat.

Certains à gauche affirment que Delcy Rodriguez n’aurait pas d’autre choix que d’obéir à Trump, voire même qu’il s’agirait d’un plan subtil pour déjouer de futures attaques impérialistes. En réalité, cette capitulation face à l’impérialisme américain ne peut que saper la capacité de résistance des masses du Venezuela – qui sont la seule force capable de repousser les impérialistes. En plus, le contrôle du pétrole vénézuélien met l’avenir du régime cubain en doute.

En 2002, les masses de Caracas s’étaient soulevées pour défendre la politique anti-impérialiste du président Chavez face au coup d’Etat orchestré par le président George W. Bush. En 2026, les masses n’ont presque pas réagi et seulement sous les appels de l’appareil d’État.

Après la mort de Chavez, le gouvernement de Nicolas Maduro s’est attaqué progressivement à la plupart des conquêtes de la révolution, pour tenter de nouer un compromis avec la classe dirigeante vénézuélienne et les impérialistes. Après une décennie d’attaques contre leurs droits et leurs conditions de vie, les travailleurs n’ont aujourd’hui plus grand-chose à défendre, et sont restés largement passifs face à l’agression américaine du 3 janvier. Les appels à la nouvelle loi d’amnistie et la nouvelle loi d’hydrocarbures enterrent encore plus le passé de la révolution bolivarienne.

Ces événements sont une mise en garde claire lancés aux autres pays du continent : ils sont appelés à se soumettre à l’impérialisme américain. Cela s’applique tout particulièrement à la Colombie et à son président, Gustavo Petro, mais aussi au Mexique. Ce qu’il y a surtout c’est que la nouvelle politique du gouvernement vénézuélien laisse Cuba extrêmement fragilisé. Maintenant, nous devons continuer à nous mobiliser, non pour blanchir le gouvernement vénézuélien, mais pour dénoncer les agressions impérialistes américaines et pour sauver les acquis de révolution cubaine ! 

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