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Audi un an après : un bilan catastrophique

Un an après la fermeture d’Audi Brussels, la moitié des anciens salariés reste sans emploi, certains se heurtant à des refus explicites liés à leur âge.

Rappel des faits : en 1948, Pierre D’Ieteren, héritier d’une famille d’industriels possédant une entreprise de carrosserie établie de longue date, conclut un accord avec Volkswagen pour importer des véhicules en Belgique. Dans la foulée, une usine sort de terre à Forest et, dès avril 1949, la première voiture quitte la chaîne. Septante-cinq ans plus tard, après une succession de restructurations et de changements de nom, Audi ferme définitivement le site en février 2025.

Le 9 juillet 2024, Audi annonçait d’abord un plan de licenciement pouvant toucher jusqu’à 1 410 salariés (sur 3 000) dès octobre 2024, suivi de 600 suppressions de postes supplémentaires début 2025.

Un an après la fermeture d’Audi Brussels, un travailleur sur deux est toujours sans emploi. Seuls 38 % ont retrouvé un poste, tandis que les autres sont en formation.

Concrètement, plus de 60 % dépendent encore d’aides publiques, pendant qu’Audi et Volkswagen continuent de solliciter des subsides de l’État au nom de la « création d’emplois » ailleurs.

De plus, parmi les 38 % reclassés, plus d’un tiers occupent des emplois précaires. Finalement, à peine 20 % des anciens salariés ont retrouvé un emploi stable et correctement rémunéré. On nous répète sans cesse la nécessité d’être compétitifs. Pour les actionnaires d’Audi et d’autres entreprises industrielles, cette compétitivité ne s’exprime pas par la création d’emplois ou de richesses, mais en puisant dans les subventions publiques pour redistribuer des bénéfices aux actionnaires. Les députés européens ont approuvé en février le déblocage de 7,5 millions d’euros afin d’aider les 3 414 employés ayant perdu leur poste après la fermeture de l’usine Audi à Bruxelles, soit moins de 2 200 € chacun. Et il faudrait dire merci à l’UE pour son geste comparable à un os à ronger alors que, quelques jours plus tard, elle a pris 11 milliards dans les fonds de cohésion européens pour la défense. Voilà ses priorités !

Un an s’est écoulé et l’immense usine de Forest est à l’arrêt, les chaînes de montage ont été démantelées et le site est vendu pour y installer un nouveau zoning industriel. On sait que sur les 3 400 ouvriers d’Audi, environ 650 ont un emploi stable, mais n’oublions pas non plus les quelques milliers de travailleurs sous-traitants qui ont été immédiatement licenciés par les entreprises dépendant d’Audi et qui n’ont bénéficié que très peu du plan social.

À l’heure actuelle, nous devons appeler, dans ce type de lutte, à la nationalisation et à l’occupation de l’usine, en mettant en garde contre les tactiques dilatoires des patrons. Le mouvement ouvrier, les syndicats et la gauche doivent tirer les leçons de cette politique autodestructrice, qui consiste à ne pas formuler les mêmes revendications offensives, et utiliser leur poids social pour transformer les luttes défensives en symboles de travailleurs prenant leur destin en main. Les salariés d’Audi auraient pu bénéficier d’une direction syndicale plus combative !

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