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Quelle gauche pour la lutte des classes en 2026 ?

L’année 2025 est passée comme un véritable ouragan, bousculant tout sur son passage. Commencée avec la réélection de Trump à la Maison Blanche et la guerre commerciale avec le monde entier, elle a vu la continuation de la guerre en Ukraine, du génocide à Gaza et de la guerre civile barbare au Soudan. C’était aussi l’année où l’économie mondiale était en équilibre fragile, au bord d’une récession. L’année se clôture avec un encerclement militaire américain du Venezuela rarement vu dans l’histoire récente.

Mais c’étaient aussi 365 jours de révolte, d’insurrection et de protestation dans le monde. Tout d’abord avec la révolte de la Gen Z. La Gen Z, c’est une image journalistique pour décrire essentiellement une jeunesse prolétarienne et des classes moyennes pauvres, aux études ou au travail ou sans emploi, ou les trois à la fois. Cette jeunesse n’a plus confiance dans les fausses promesses ‘méritocratiques’ du système et est disposée à en découdre de la façon la plus radicale avec les « grands de ce monde ». La rage contre les riches et leurs laquais politiques renverse tout sur son chemin. Du Népal, en passant par l’Indonésie, vers Madagascar, le Pérou, le Maroc et plus récemment en Bulgarie, l’action directe de masse affrontant héroïquement les forces de répression a fait trembler ou tomber des gouvernements.

Ces révoltes inspirent les jeunes et la classe travailleuse dans le monde entier. À cela il faut ajouter des grèves générales en Italie, en France, en Grèce, au Portugal et en Belgique. On assiste à un véritable mouvement mondial de contestation du système capitaliste dans toutes ses dimensions. Le panorama politique de 2025 est celui d’oscillations brusques et violentes vers la droite ET aussi vers la gauche. Révolution et contre-révolution se suivent rapidement et se développent en parallèle. À vrai dire, l’année écoulée est la suite de 2024 mais de manière plus intense.

Expression politique à gauche

Jusqu’il y a peu, cette remise en cause radicale du statut-quo ne trouvait pas d’expression à gauche. C’est plutôt la droite et l’extrême droite qui, de manière démagogique, en ramassaient les fruits.

Mais les premiers signes d’un renouveau à gauche sont perceptibles. On ne parle pas de partis socialistes qui sont très largement discrédités, mais de nouvelles formations politiques comme l’initiative de Jeremy Corbyn et Zarah Sultana en Grande Bretagne. En rompant avec le parti travailliste et en lançant « Your Party » ils ont fait remonter à la surface un énorme besoin de radicalité à gauche. En quelques semaines, 800 000 personnes ont rejoint l’initiative en ligne.

À côté de Your Party, une autre formation, le Green Party, dirigé par un certain Polansky cartonne aussi fortement. Ce parti qui se veut une version de gauche du parti du réactionnaire populiste Farage regroupe 150 000 membres, plus que les libéraux et les conservateurs ensemble. Des sondages le placent en tête des intentions de votes des jeunes, voire parfois même en deuxième position devant les travaillistes, les conservateurs et les libéraux.

Aux États-Unis, c’est l’élection de Zohran Mamdani à la mairie de New York, capitale des capitales, qui exprime cette nouvelle radicalité vers la gauche. Avec un programme somme toute très modeste de réformes sociales et une position pro-palestinienne, il a énergisé des milliers de personnes qui ont fait sa campagne. Il faut se rappeler qu’il y a à peine 1 an, New York avait été conquise électoralement par Donald Trump.

Plus proche de chez nous, c’est le parti allemand Die Linke qui, sur la gauche, a fait la surprise lors des dernières élections en raflant le vote jeune. L’attitude offensive de sa présidente contre l’extrême droite a réussi à rallier des milliers de nouveaux électeurs et même des tas de nouveaux affiliés.

En Belgique, c’est le PTB qui, fort de son implication dans les luttes sociales contre l’Arizona, avance continuellement dans les sondages. Le dernier poll de décembre place le PTB en tête des intentions de vote à Bruxelles avec plus de 20%. Dans le reste du pays, le PTB/PVDA consolide ses positions.

Il s’agit ici d’expressions partielles d’une radicalité réelle et massive d’abord parmi la jeunesse mais plus largement dans la société, en particulier au sein de la classe travailleuse.

Cependant, leurs programmes restent largement « réformistes ». Ils représentent l’aile gauche du réformisme, c’est-à-dire, cette frange du réformisme qui croit que des réformes sociales substantielles sont encore possibles dans le cadre du capitalisme. La plupart du temps, ils n’attaquent pas tellement le capitalisme ou la dictature des milliardaires, mais plutôt le « néolibéralisme ». Ils s’imaginent pouvoir convaincre ou contraindre le capitalisme à un comportement plus humain, social et écologique. Leurs méthodes consistent à mieux réguler et redistribuer les richesses. C’est comme essayer de transformer un tigre carnivore en tigre végétarien. Mission aussi impossible que… dangereuse.

Pablo Iglesias, de Podemos en Espagne, et Alexis Tsipras, de Syriza en Grèce, ont également utilisé un langage très audacieux et radical au départ. Mais cela n’a pas eu beaucoup d’importance lorsque les choses se sont gâtées. Podemos a fini par soutenir le programme anti-ouvrier du gouvernement Sanchez. Et Syriza, élu sur la promesse de rejeter l’austérité, a accepté les exigences brutales de la Troïka.

Les leçons de ces expériences devraient être gravées dans l’esprit de tous les militants de gauche, comme un rappel de la conclusion de Léon Trotsky : la trahison est inhérente au réformisme. Cela n’a rien à voir avec les qualités personnelles des dirigeants de gauche, ou leur absence, mais découle de la logique d’acceptation du capitalisme.

Nécessité de la révolution

La véritable différence ne se situe donc pas entre les différentes nuances du réformisme de gauche, mais entre le réformisme et la révolution.

Les communistes soutiendront ces militants de gauche dans chaque mesure positive qu’ils prendront, dans chaque lutte contre les milliardaires, les propriétaires fonciers et le reste de l’establishment capitaliste.

Dans le même temps, nous maintenons notre propre bannière indépendante : notre perspective marxiste, notre programme socialiste, internationaliste et fondé sur la classe, notre organisation révolutionnaire.

Ce n’est que sur cette base – avec une perspective, un programme et un parti communistes révolutionnaires – que nous pourrons apporter une transformation fondamentale à la société : mener la classe ouvrière au pouvoir, renverser le système du profit et planifier l’économie dans l’intérêt du plus grand nombre, et non d’une minorité.

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