Depuis la mort d’un militant néofasciste à Lyon, samedi, la droite et l’extrême droite s’efforcent d’en tirer profit pour nuire un maximum à la France insoumise (LFI). Tous les médias bourgeois emboitent le pas au gouvernement et aux politiciens réactionnaires pour accuser LFI de soutenir la « violence politique ». Pour que le tableau soit complet et plus effrayant, ils y mêlent l’accusation rituelle – et non moins absurde – d’« antisémitisme ».
Le cynisme et l’hypocrisie de cette opération de propagande sont évidents. Les accusateurs n’ont absolument aucun problème avec la « violence », dès lors qu’elle sert leurs intérêts de classe. Par exemple, lorsque des policiers ont tué El Hacen Diarra, le 15 janvier dernier, la droite, l’extrême droite et le gouvernement ont regardé ailleurs. De manière générale, ils ne défendent pas les victimes, mais la police.
La campagne raciste et islamophobe dont les gouvernements successifs, la droite, l’extrême droite et leurs médias accablent le pays, depuis tant d’années, est un encouragement permanent à la violence contre les « étrangers ». Cette campagne encourage aussi les groupuscules fascistes à agresser les militants de la « gauche radicale », dont ceux de LFI. Depuis samedi, les déclarations des uns et des autres – y compris celles de Macron – relèvent d’un tel encouragement, de facto.
A un mois des élections municipales et un peu plus d’un an de l’élection présidentielle, les arrière-pensées électorales de cette vaste campagne contre LFI sont évidentes. Mais au-delà de ces considérations et de LFI elle-même, c’est l’ensemble du mouvement ouvrier qui est visé – et qui doit donc répondre fermement, activement et massivement. La CGT, en particulier, ne doit pas observer passivement la campagne de haine et les appels implicites à la violence qui visent le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, dont les meetings sont régulièrement ciblés par des organisations d’extrême droite.
Un front unique de toutes les organisations de gauche – politiques et syndicales – doit se former pour mobiliser largement la jeunesse et les travailleurs contre la violence des groupuscules fascistes, les violences policières, les agressions racistes, la répression des militants syndicaux et la campagne de stigmatisation permanente des immigrés et des musulmans. Il y va de la défense de nos droits démocratiques les plus fondamentaux, mais aussi de l’unité de notre classe dans la lutte contre les politiques d’austérité, la précarité croissante, la destruction des services publics, les fermetures d’entreprises et tous les autres fléaux qu’engendre le capitalisme en crise.


