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L’histoire de la grève des travailleurs de BM&S à la gare de Schaarbeek c’est d’abord celle d'une formidable solidarité.

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Solidarité d'abord entre ouvriers ensuite entre eux et les délégués syndicaux. Au début de cette aventure lorsqu’ils sont partis spontanément en grève, ils protestaient contre le licenciement de deux délégués et de trois autres collègues. Ils ne se doutaient pas un seul instant où cela allait les mener. Par contre, ils savaient que sans délégués syndicaux, ils seraient sans protection, à la merci du patron face à l’exploitation pratiquée par ce dernier.  

En 3 semaines ,  les 14 ouvriers de BM&S ont affrontés deux huissiers de justice, des briseurs de grève à la solde du patron, la police et une ordonnance de justice les obligeant à arrêter le piquet de grève sous  menace d’une astreinte de 500 euros. Les ouvriers recrutés, par le dirigeant de BM&S, pour  remplacer les 14 grévistes, ont finalement refusé de travailler. Les grévistes ayant su convaincre ces derniers de ne pas briser la grève.

Non par intimidation, mais par des discussions, par un appel à la solidarité entre travailleurs. Une belle réponse au fatalisme qui existe trop souvent dans les syndicats face à une ordonnance de justice et des astreintes. Les huissiers de justice n’ont pas  réussi non plus à les intimider, sûrs de leur bon droit et grâce au soutien indéfectible de la CGSP Cheminots de Bruxelles.  

Les conseils juridiques de Jan Buelens, avocat de la FGTB, ont été très précieux. C'est lui qui a introduit l'opposition à l'ordonnance du tribunal de première instance. A l'appel national de la Centrale Générale, de nombreux délégués se sont rendus au tribunal pour soutenir les 14 travailleurs. Le  nouveau juge a supprimé la première ordonnance et a estimé que la direction de BM&S a tenté de « tromper  la justice ».  

Cette première victoire a regonflé le moral des grévistes.  Ce qui explique leur intransigeance à ne pas accepter des compromis foireux de la direction pour mettre fin à la grève. La tentative de forcer la main à la Ville de Bruxelles en la menaçant d'une astreinte de 10.000 euros s’est retournée contre BM&S. Le patron de BM&S a très mal pris le refus du bourgmestre de la Ville de Bruxelles de faire intervenir sa police dans un conflit social.

La lutte des nettoyeurs de BM&S s’est aussi le procès de la sous-traitance à la SNCB. La recherche de profits à court terme dans l’attribution des contrats se traduisant par une spirale entraînant vers le bas les conditions de travail des ouvriers de la sous-traitance. La mise en concurrence des travailleurs dans une même entreprise étant néfaste pour tous les travailleurs.  Il est plus que temps maintenant de mettre fin à la sous-traitance à la SNCB et de lutter pour que toutes les personnes qui y travaillent obtiennent un statut de « cheminot ». C’est le rôle des syndicats de s’atteler à cette tâche.

La lutte des nettoyeurs de BM&S, c’est aussi une formidable prise de conscience. Un gréviste nous confiait « qu’en trois semaines de grève on a appris plus qu’en deux ans de travail » !

C'est aussi la découverte de la solidarité : entre eux et celle de « ces inconnus » qui leur rendent visite chaque jour. Enfin c'est se rendre compte de leur force et de la capacité à défier le patron, la police et les huissiers de justice.

Quelle que soit l'issue de ce bras de fer, les 14 nettoyeurs de BM&S sont un modèle à suivre pour nous. Quelle leçon de courage ! Ils nous montrent que tout est possible dans le combat engagé dans la lutte contre le patronat et le gouvernement de droite.