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Un bilan de la lutte contre la fermeture de l'usine automobile en Flandre.

 

Le nouveau plan social a été approuvé par 70 % des ouvriers de Ford. Les travailleurs des quatre entreprises sous-traitantes les plus importantes ont fait de même. Mais le cœur n’y était pas. Le mécontentement ne s’est pas mué en bonheur. C’est que même avec des primes de départ extra-légales, le plan social laisse filer plus de 5000 emplois à l’horizon de 2014. Dix mille emplois en tout en tenant compte des effets en amont et en aval. Le plan social n’est qu’un petit sparadrap sur une plaie qui ne guérira pas de sitôt. Les effets de la fermeture des charbonnages au Limbourg se ressentent encore aujourd’hui. Mais l’absence concrète de perspective de lutte pour le maintien de l’entreprise et les longs mois d’attente dans l’insécurité a pesé fortement dans la balance. La responsabilité pour l’absence de perspective en revient naturellement d’abord à la direction de Ford qui n’a pas voulu changer d’avis, mais aussi au gouvernement flamand qui n’a pas voulu intervenir et envisager une reprise publique ni même temporaire comme l’a fait le gouvernement néerlandais avec l’entreprise automobile Nedcar.

La meilleure solution aurait été une nationalisation sous le contrôle démocratique des travailleurs et une reconversion vers la production de véhicules écologiques. Mais les responsables syndicaux de toutes les centrales de la métallurgie ne se sont pas posé la question.  Contrairement aux camarades de la MWB et du Setca à ArcelorMittal qui demandent la nationalisation des sites liégeois. Ils ont réagi avec une routine syndicale consternante.  Cette même routine qui fait que dans les entreprises en restructuration ou en voie de fermeture les délégations syndicales ne se donnent comme horizon…  que les primes de départs et un plan social. Aussi longtemps que l’on ne se dit pas, ‘fini les fermetures’, le mouvement syndical continuera à agir comme un ambulancier de la crise du capitalisme. Par contre, les travailleurs de Ford et les sous-traitants ont obtenu quelque chose de nouveau : un même plan social pour les travailleurs de la maison mère et des sous-traitants.

C’est le résultat en particulier de la dure lutte des ouvriers et des ouvrières des quatre entreprises qui se trouvent ‘derrière’ Ford. Leur grève de 10 jours, non reconnue par les syndicats, réprimée par la police et la justice, vilipendée dans les médias a changé toute la donne. C’est un acquis indéniable. La formation d’un comité d’action regroupant les délégués principaux et d’autres militants actifs était une bonne réponse au problème de représentativité de la direction syndicale. Depuis cet accord, d’autres petites entreprises sous-traitantes emboîtent le pas, font grève et obtiennent le même plan social. La grève des sous-traitants est aussi un grand pied de nez à tous ceux qui nous bassinent les oreilles que les ouvriers sous-traitants sont trop précaires pour partir en action, que beaucoup d’immigrés, des jeunes et des femmes qui y travaillent ne connaissent rien à l’action collective, etc. Ces ouvriers et ouvrières leur ont donné une belle leçon de combativité. Cela aussi c’est un acquis. Mais il s’agira de transmettre cette expérience au reste du mouvement syndical,  de faire le bilan de cette lutte et d’œuvrer à un changement de cap dans le mouvement syndical.  Plus de sparadraps mais une lutte pour maintenir les entreprises ouvertes !