‘Mettons la direction à la porte, nous les ouvriers redresseront l’entreprise’. Le mardi 16 mars, plus de 300 travailleurs de l'usine bruxelloise de chocolat se sont mis en grève.

La plupart d’entre eux étaient présents devant les portes du site, réunis dans un piquet de grève massif et festif : musique country entrecoupée des chansons du chanteur de gauche récemment décédé Jean Ferrat et de rythmes marocains. L’arrivée téméraire des directeurs leur vaut une volée d’œufs. Une délégation a été reçue le matin par le ministre bruxellois de l'Emploi Benoît Cerexhe.

Franchement,  ce fut l'un des piquets de grève le plus vif et combatif de ces dernières années !  Etait-ce dû à la présence nombreuse de femmes? Ou était-ce lié au mélange de nationalités, tellement typique pour la classe ouvrière de la Région de Bruxelles ?

Atmosphère combative

Baudouin Ferrant, secrétaire de la FGTB Horval, donne une explication plus syndicale "des assemblées générales quotidiennes sont la clé si vous voulez garder l'atmosphère militante". Le bon travail de l’équipe syndicale avec environ 75 pour cent d’affiliés à la FGTB est décisif/ Les travailleurs de Godiva  avaient déjà été largement engagés dans la lutte contre le Pacte Génération. Les centrales CSC et FGTB mènent aujourd’hui l’action en commun. Dans un contexte difficile de licenciements massifs et de fermetures d’usines dans le pays, on constate un nouvel élan dans certaines entreprises. Les victoires de Bayer, Inbev et Alken Maes n’y sont pas étrangères.

Baudouin Ferrant profite d’un bref moment de silence pour expliquer les raisons de cette mobilisation : «Le 2 mars, la direction a annoncée qu'elle allait confier le département de l’emballage manuel à une autre entreprise. Quatre-vingt emplois sont donc menacés. Quatre-vingt-sept ouvriers et employés. Cela représente environ un quart du personnel et 40 pourcent des ouvriers. Nous refusons cela et en avons informé la direction. Au sein de l'entreprise, nous avons déjà mené des actions. Chaque jour, nous organisons des assemblées générales, et ralentissant la production. Pendant plusieurs jours nous avons aussi bloqué les sorties et les entrées de marchandises. Nous sommes maintenant dans la rue pour nous adressé à  l'opinion publique et pour faire comprendre ce que nous voulons ».

De sous-traitance en sous-traitance

La division emballage est considérée par la direction comme un poste de dépense trop peu rentable. Ils veulent se concentrer sur ce qu’ils appellent leur cœur de métier (core business). Il y a deux ans, Godiva a été acquis par une entreprise multinationale turque: le groupe Ülker. Ce groupe enregistre des pertes financières et souhaitent donc assainir le siège de Bruxelles, en ayant recours au licenciement pur et simple.

La division emballage sera transférée à un sous-traitant qui à sont tour transfert l’activité à un autre atelier sous-traitant. Mais alors que les travailleurs de Godiva, reçoivent 15 euros par heure, ceux de l’atelier sous-traitant n’en perçoivent que 7,5 euros par heures travaillées.

Depuis cinq ans Godiva ne fait plus de bénéfices et la direction explique cela par la crise actuelle. Nous pensons autrement : l'essence du problème réside dans le rachat de Godiva par le groupe Ülker. Leur politique commerciale ne tient pas debout. L’essentiel est autre part. Le rachat  a couté beaucoup d’argent et est la cause des pertes aujourd’hui.

Les revendications du personnel et des syndicats sont claires et justes : « Nous exigeons le retrait des 90 licenciements et la préservation du département emballages »
Dans les semaines à venir, les travailleurs de Godiva auront besoin de tout notre soutien pour parvenir à la victoire : «Nous allons bientôt organiser de nouvelles activités à l'extérieur, et nous comptons sur la solidarité interprofessionnelle", a annoncé le syndicat socialiste.

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