La crise financière a durement frappe la Belgique l’an dernier, forçant les deux principales banques du pays à être rachetées par des institutions financières française et hollandaises, rachats subventionnés par le gouvernement belge. Lorsque les politiciens locaux ont commencés à parler de 2010 comme de l’année de la reprise et que la Belgique n’était pas l’Espagne ou la Grèce, nous avons été les témoins d’une vague massive de licenciements.

Nous avons déjà rapportée l’affaire de l’usine Opel-Anvers (et la campagne que Unité Socialiste a aidée à développer pour sa nationalisation) mais nous pourrions également mentionner le cas d’InBev (la multinationale belgo-brésilienne de la bière) ou la direction voulait licencier plus de 300 travailleurs malgré les millions de dollars de profit de l’année précédente. Les travailleurs ont bloqués leur usine et ont réussi à forcer la direction à faire machine arrière.

Ils ont crée une vague de sympathie parmi les travailleurs et l’ensemble de la population, tant en Wallonie qu’en Flandres,

De plus, nous assistons à une augmentation généralisée de la sensibilité sociale de l’opinion publique. Lorsque la semaine dernière l’accident de train tua 19 personnes et en blessa des centaines, les agents du rail et les conducteurs lancèrent une vague de grève spontanée. Elle paralysa affectivement au moins la moitie du réseau belge pendant une journée entière. Les conducteurs et les autres travailleurs du secteur n’exprimaient ainsi pas seulement leur émotion et leurs condoléances aux victimes et à leurs familles. Ils réagirent avec indignation face aux méthodes de gestion responsable de ne pas investir dans la sécurité, autant qu’aux pressions professionnelles qu’endurent particulièrement les conducteurs. L’écrasante majorité des usagers ont ouvertement sympathises avec cette action. Pas seulement en raison de leurs craintes pour leurs sécurité mais également parce que les cas de pressions au travail sont le lot commun de nombreux travailleurs dans d’autres secteurs. Les usagers bloqués et les étudiants ont compris que les travailleurs du rail étaient aussi en grève pour eux et pour prévenir de futurs accidents. 

Cette semaine c’est Carrefour (le géant français de la distribution) qui a annoncé plus de 1600 licenciements. Ce chiffre pourrait monter jusqu'à 3000 licenciements selon les syndicats. En Belgique, Carrefour possède deux marques distinctes (GB et Carrefour). Cette vague de licenciements vient punir le mouvement de grève de l’année dernière, lorsque la direction  avait voulu ouvrir une troisième branche de magasins, avec des conditions de travail et des contrats différents des deux autres branches. La direction avait tentée de diviser pour mieux régner, mais une grève générale d’une journée brisa ces plans : aujourd’hui les travailleurs font face a leur contre-offensive.

L’annonce

Le groupe Carrefour a annoncé le 23 février son attention de supprimer 1687 contrats et de fermer 21 magasins. Il s’agit d’une décision indécente compte tenu du fait que moins d’un an plus tôt le groupe voulait ouvrir un méga centre commercial prés de Bruges. Carrefour Belgique a réalisé 381 million d’euros de profits l’année dernière, sur lesquels seulement 33,225 euros de taxe ont été reversés, soit environ 0.008%. Tout comme durant la grève d’InBev, les travailleurs sont éberlués par les arguments de leur direction, car les profits réalisés par le groupe s’élèvent à prés de 1.6 milliards d’euros.

Carrefour Belgique a annoncé que la perte de part de marche justifie une restructuration mais ils ont oublies de mentionner leurs 66 millions de profit de 2008. Bien entendu, ils joueront avec les chiffres pour justifier leurs plans.

Le mercredi 24 février les travailleurs des magasins Carrefour ont décidés de ne pas ouvrir leurs portes. Cette action directe et spontanée est la conséquence de la rage qui se fait jour parmi les employés, mais elle montre en fait la façon d’éviter la vague de licenciements. Il s’agit de la deuxième vague de grèves spontanées en l’espace de quelques semaines. Selon un permanent de la SETca (syndicats socialiste de la grande distribution), « à Bruxelles plus de la moitié des magasins sont restés fermés ».

Il y a un clair besoin  d’une action de grande ampleur du mouvement syndical pour défendre ces emplois ; le patronat essaye de faire porter le poids de la crise sur les dépenses publiques sous la forme de bénéfices lies au chômage. Ils ne doivent pas s’en sortir ainsi. Ils ont essayés avec InBev, et la lutte des travailleurs a montrée que ces projets criminels peuvent être arrêtes. Carrefour constitue la deuxième offensive, et la lutte devient plus difficile à organiser puisqu’elle concerne 1600 emplois éparpillés sur différents magasins. Les syndicats doivent appeler a une mobilisation générale du secteur de l’alimentaire et de l’habillement, faute de quoi nous risquons de devoir faire face a une nouvelle vague de licenciements. Les grèves sauvages ont déjà poussées les syndicats a appelles a une grève générale dans les magasins Carrefour. La grève du « samedi stratégique » (samedi 26 février-les salariés viennent de percevoir leurs salaires et vont faire des achats pour tout le mois suivant) a totalement paralysée 117 supermarchés Carrefour. Cela montre clairement que le mouvement des salaries est prêt et fort pour contrecarrer ces attaques.
 
La gauche belge a besoin d’intensifier ses activités afin de réaliser la nationalisation d’Opel-Anvers et d’arrêter les licenciements chez Carrefour. Nous ne pouvons pas isoler ces deux combats, lies par cette crise économique que le patronat tente de faire payer aux travailleurs.

 

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