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L’agression violente par les gros bras de Nation d’une manifestation pacifique contre un meeting du Vlaams Belang à Bruxelles doit attirer l’attention de tous les militants du mouvement ouvrier sur les agissements des groupements fascistes. 

En Europe l’activité de ces groupes a gagné en intensité au cours de la dernière période. On pense aux agressions à l’encontre de militants de gauche (Clément Méric), des « étrangers » ou d’homosexuels se sont multipliées, en France, en Grèce avec Aube Dorée (Pavlos Fyssas, ou Mamadou qui s’est maintenant réfugié en Belgique) et dans d’autres pays. La question du fascisme doit être prise très au sérieux. S’il est vrai que les différentes organisations de type fasciste ne sont pas très importantes, numériquement, elles sont actives et très agressives. Si nous leur permettons de poursuivre leur violence réactionnaire,  Pavlos Fyssas, Clément Méric et Mamadou ne seront pas les dernières victimes de la racaille d’extrême droite. Il faut tuer ces organisations dans l’œuf.

Le capitalisme a mené la société dans une impasse. Comme nous l’avons expliqué à maintes reprises, la crise actuelle est qualitativement différente de toutes celles que nous avons connues depuis 1945. Tant que le capitalisme existera, la régression sociale se poursuivra et s’aggravera. La débâcle économique est en train de broyer des millions de vies. La Belgique entrera prochainement dans une période de grande instabilité sociale et politique, au cours de laquelle les esprits se radicaliseront vers la gauche, vers les idées révolutionnaires, mais aussi vers la droite et l’extrême droite, vers les idées racistes et fascistes. Le point de vue de nos paisibles réformistes, pour qui la résolution des contradictions sociales passe par des débats parlementaires et le sacro-saint compromis à la Belge,  ne repose sur aucune réalité. Au contraire : les problèmes qui se posent sont d’une gravité telle qu’ils ne pourront être résolus qu’au moyen de conflits de classe se déroulant en dehors des fameuses « institutions de concertation » et en opposition à celles-ci. Aucun parti politique de la gauche ne pourra offrir une issue s’il ne se place pas à la tête d’un mouvement visant à renverser l’ordre établi.

L’horizon politique de personnes comme Elio Di Rupo, Paul Magnette ou Bruno Tobback est limité par le système capitaliste, qui pour eux est sacré. Il existe un lien direct entre la recrudescence des idées d’extrême droite et la mollesse lâche et capitularde de ces « socialistes » confortablement installés dans les niches fort bien rémunérées des institutions capitalistes. Ils bloquent le chemin au changement, protègent l’ordre établi, tandis que la mécanique infernale du capitalisme, remuant la société jusqu’aux bas-fonds, fait remonter à la surface une certaine quantité de petit-bourgeois et autres d’éléments « déclassés » qui s’unissent dans la nostalgie du nazisme et la haine des gens de gauche.

L’élan du Front National en France, du N-VA en Flandre, les campagnes racistes du Vlaams Belang ou du Parti Populaire créent aussi un climat favorable à l’activité des groupes fascistes.  Les fascistes veulent se déchaîner contre les « immigrés », contre les homosexuels, contre des militants de gauche. Les partis ‘respectables’ de la droite dure et de l’extrême droite leur ouvrent la voie, tout en prenant leurs « distances ».

La question qui est alors posée et celle de savoir comment on combat ces organisations fascistes. Tout d'abord, le combat est politique et doit être mené par le mouvement ouvrier. En dernière analyse, il s’agit de mettre fin au terreau social qui nourrit ces groupes. C’est-à-dire, un combat dirigé contre le système capitaliste qui suite à sa crise fait remonter à la surface ces éléments et pour le socialisme.

Le mouvement ouvrier (les syndicats en premier lieu, les associations qui gravitent autour, les partis de gauche), les groupes antiracistes et antifascistes se doivent aussi de répondre par la mobilisation massive et unitaire à chaque agression.

La protection des activités de gauche ne peut non plus être abandonnée à la police. Ceux qui étaient présents au rassemblement devant le meeting du Vlaams Belang à Bruxelles se sont bien rendu compte de l’attitude de la police. C’est sur les antifascistes que les policiers se sont déchainés, se contentant de raccompagner gentiment les fascistes à la maison… C’est cette même police qui est envoyée devant les entreprises en cas de grève.  C’est pour cela que nous devons prendre en charge nous-mêmes la protection de nos activités. Un service d’ordre de militants, compétents, bien préparés et disciplinés doit se charger de ce travail.

Faut-il aussi exiger la condamnation ou la dissolution de groupes comme Nation en tant que milice privée ? Même si les organisations fascistes étaient dissoutes, elles renaîtraient sous une autre forme. On ne parviendra pas à les éliminer par des mesures administratives, car leurs racines plongent dans toute la crasse matérielle et morale que la crise du capitalisme dépose dans les profondeurs de la société.

On ne peut donc demander à l’Etat d’éradiquer les organisations fascistes, ce n’est pas seulement illusoire : c’est potentiellement dangereux. Par le passé, lorsque des gouvernements bourgeois portaient un coup contre les fascistes (tout en les ménageant), ils en profitaient pour en porter dix contre les militants de gauche, sous couvert d’« arbitrer » le conflit entre les deux camps. C’est ce qui s’est passé en Grèce lorsque l’Etat a fait arrêter quelques dirigeants d’Aube Dorée.

Au lieu de s’en remettre à la bienveillance supposée de la démocratie ou de l’Etat, l’ensemble du mouvement ouvrier doit adopter une politique indépendante, une politique de classe, pour en finir avec le fascisme. Pour commencer, nous devons faire comprendre à tous les militants de gauche ce qu’est le fascisme et pourquoi il faut l’éradiquer. Il faut créer des comités pour surveiller les agissements des organisations fascistes et en informer tous les militants. Chaque manifestation publique de ces organisations devrait être dispersée par une contre-manifestation. Il faut répondre à toute provocation fasciste en mobilisant la pleine puissance de la classe ouvrière organisée. Le mouvement ouvrier belge est très puissant. Il doit utiliser cette force pour donner une leçon aux fascistes.