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L'éditorial du numéro 5 de 'Révolution'

« Le coût du travail est un des plus grands problèmes de l’économie belge », entend-on régulièrement. Et si ce n’est pas le plus grand, c’est au moins un des plus urgents à résoudre. Voilà le credo du patronat, qui se trouve au centre du message électoral du MR, de la N-VA, et d’autres partis.

La FEB (l’organisation des patrons de Belgique) prétend que la Belgique a un « handicap salarial » de 20 % par rapport à ses voisins. Les salaires continueraient d’ailleurs « à déraper ». Le Parti Socialiste accepte cette logique. Une partie de la direction du mouvement syndical également. Pour ‘la gauche de la gauche’ il est vital de bien répondre aux arguments de nos ennemis.

Faut-il, à l’inverse du discours patronal, par contre « baisser le coût du capital », comme le disent les de nombreux militants syndicaux, les spécialistes comme Paul Jorion et les camarades du PTB? Nous sommes naturellement d’accord.  Mais la formule reste vague. Quel est le vrai « coût du capital » ? Jusqu’où attaque-t-on ce coût ?  Une formulation plus concrète nous aidera à faire avancer des positions révolutionnaires dans les syndicats, les associations et la population. Dans le cas contraire, notre alternative risque de s’enliser dans la vieille chimère réformiste qui consiste à ponctionner le « surcoût du capital’, pour financer des emplois, de meilleurs salaires et des services publics.

L’approche marxiste

Il s’agirait alors de “rééquilibrer” la répartition des richesses créées entre salaires et profits – au détriment de ces derniers. Moins de profits, plus de salaires, et tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes !

Comme marxistes, nous sommes évidemment favorables à la ponction du capital au profit du travail. Marx expliquait que sous le capitalisme, la lutte des classes se ramène, en dernière analyse, à la lutte pour la répartition – entre salariés et capitalistes – des richesses créées par les travailleurs. Toute augmentation des salaires est une baisse équivalente des profits, et réciproquement. Et bien sûr, les marxistes doivent être à l’avant-garde de la lutte pour défendre les conditions de vie des salariés sous le capitalisme.

Mais est-il possible, comme le font certains, de parler d’un profit “illégitime” ? Est-ce qu’un autre profit serait “légitime” ? Légitime au regard de quoi ? Au regard du “bon fonctionnement de l’économie” ?   Nous ne sommes alors plus d’accord. Car contrairement à ce que s’imaginent les réformistes, il n’existe pas, sous le capitalisme, d’équilibre “juste” ou “légitime” entre travail et capital, grâce auquel l’économie se développerait harmonieusement et où tout le monde trouverait son compte, les capitalistes comme les travailleurs.

Il faut donc aller plus loin. La ‘gauche de la gauche’ doit dénoncer que le système capitaliste n’est pas “légitime”, car son maintien est incompatible avec le progrès social. En conséquence, il n’y a pas non plus de profits “légitimes”. Tout profit est extorqué – plus ou moins brutalement – de la force de travail des salariés. Notre objectif ne doit pas se limiter à baisser le “coût du capital” au profit du travail, mais à supprimer la contradiction entre capital et travail en plaçant les moyens de production sous le contrôle démocratique des salariés – ces moyens qui créent toutes les richesses. Et cela il faut le dire aussi pendant la campagne électorale !