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En septembre 2008, le capitalisme a entamé sa plus grande crise depuis la dépression des années 30. Deux mois auront suffi pour que s’écroule le système financier international. À vrai dire, la vitesse de contagion et l’ampleur de la crise étaient à couper le souffle. Débutant aux États-Unis, la crise s’est déplacée très rapidement vers l’Europe et le reste du monde.

crise2008

Le système économique actuel est plus fortement intégré et plus international qu’au début du siècle passé. La globalisation du capitalisme n’est pas un vain mot. La Grande Dépression des années 30 était beaucoup moins simultanée. La chute des banques s’était alors étalée sur une période allant de 1929 à 1933. Cette fois, entre 2007 et 2008, les flux de capitaux se sont réduits de 90 %. En quelques mois, le commerce mondial – le véritable moteur de la croissance – s’est contracté de plus de 22 %. Il aura fallu 2 ans durant la Grande Dépression pour connaître un tel recul du commerce mondial. Les États-Unis ont subi les effets les plus dévastateurs de cet effondrement. De septembre 2008 jusqu’au début de 2009, 800 000 personnes ont perdu leur emploi chaque mois. Au total, 9 millions de familles ont été expulsées de leurs logements. Ces chiffres suffisent pour illustrer l’impact social de la crise.

Un tournant dans l’histoire

En Europe aussi les entreprises vont fermer, se restructurer et licencier en masse. L’exploitation des travailleurs sur les lieux de travail va considérablement se durcir. Pour sauver les banques et les banquiers, les gouvernements ont eu besoin de milliers de milliards de dollars et d’euros. En conséquence, les déficits publics ont explosé. C’est une des raisons principales de l’austérité budgétaire qui sévit depuis presque partout dans le monde. Mais les conséquences de la crise sont aussi politiques, morales, militaires et diplomatiques. Une instabilité sans pareil s’est emparée du monde. Les rapports entre les nations capitalistes sont chamboulés. L’Union Européenne est profondément déchirée. La surenchère protectionniste engagée par la présidence des États-Unis menace de détruire l’ordre commercial mondial.

Des enquêtes le démontrent : l’opinion publique n’a plus confiance dans les institutions de l’Etat bourgeois (justice, police, parlement, parlementaires, partis politiques traditionnels, église). Le régime politique est ébranlé. Partout aussi la lutte des classes s’est fortement exacerbée aboutissant à des grèves générales, des manifestations massives, des situations insurrectionnelles voire des révolutions comme dans le monde arabe en 2011.

Le centre politique, cette chimère de la politique bourgeoise, tend aussi à disparaitre au profit d’une plus grande polarisation vers la gauche et vers la droite. À gauche, les partis sociaux-démocrates s’érodent fortement ou sont en voie de disparition. De nouvelles formations de masse émergent (Podemos, France insoumise, le Parti du Travail de Belgique, etc.). Bien que réformistes, elles ont l’avantage de déplacer le curseur vers la gauche dans le mouvement ouvrier et parmi les jeunes. Elles donnent aussi une expression politique à une radicalisation vers la gauche. À droite, les vieux partis bourgeois sont menacés par une droite plus conservatrice, nationaliste, raciste, voire d’extrême droite.

Plus largement, on assiste à une remise en question de l’économie du marché. Car dans la pratique, le capitalisme démontre qu’il est incompatible avec le progrès social et le maintien des acquis sociaux et politiques. Il se montre aussi incapable de résoudre les graves problèmes écologiques qu’il aborde exclusivement comme une source de profit ou d’avantages (géo)politiques.

Quelle crise ?

La chute de Lehman Brothers – grande banque spécialisée dans les prêts hypothécaires à risque –, détonateur immédiat de la crise le 15 septembre 2008, tend à obscurcir la véritable origine et la nature de cette crise. Beaucoup la présente comme une « crise financière ». Suivant ce même raisonnement, la crise bancaire aurait produit la récession, c’est-à-dire la contraction de la croissance dans l’économie productive avec sa série de faillites, d’augmentation du chômage, de misère et d’inégalités.

En réalité, la débâcle des banques, des fonds d’investissement, des trusts et autres, n’est que le visage financier d’une crise plus profonde, une crise de surproduction. La crise de surproduction est antérieure à septembre 2008. Elle est la vraie raison des troubles sur les marchés financiers qui se sont manifestés dès 2006 et 2007. Chaque crise de surproduction dans l’histoire du capitalisme a été déclenchée par plusieurs facteurs qui ne se ressemblent pas nécessairement. Karl Marx et Friedrich Engels, en étudiant le capitalisme, ont découvert ce type de crise.

Dans le Manifeste Communiste, ils constatent : « Chaque crise détruit régulièrement non seulement une masse de produits déjà créés, mais encore une grande partie des forces productives déjà existantes elles-mêmes. Une épidémie qui, à toute autre époque, eût semblé une absurdité, s’abat sur la société – l’épidémie de la surproduction. »

Plus tard, Engels revient sur la crise de surproduction dans l’Anti-Dühring : « [...] l’effondrement des marchés dans les crises résultant d’une surproduction est caractéristique des cinquante dernières années. »

Et à propos du rapport des crises de surproduction et la spéculation financière, Marx fait cette observation : « Les années 1843-1845 furent celles de la prospérité industrielle et commerciale, conséquences nécessaires de la dépression presque permanente de l’industrie dans la période de 1837 à 1842. Comme toujours, la prospérité lança bientôt la spéculation. Celle-ci surgit régulièrement dans les périodes où la surproduction bat déjà son plein. Elle fournit à la surproduction des débouchés momentanés. Elle hâte en même temps l’irruption de la crise et en augmente la violence. La crise elle-même éclate d’abord là où sévit la spéculation et ce n’est que plus tard qu’elle gagne la production. L’observateur superficiel ne voit pas la cause de la crise dans la surproduction. La désorganisation consécutive de la production n’apparaît pas comme le résultat nécessaire de sa propre exubérance antérieure, mais comme une simple réaction de la spéculation qui se dégonfle. »

Une alternative révolutionnaire

Ces crises de surproduction surviennent donc régulièrement dans l’histoire du capitalisme. Le mouvement de l’économie de marché se réalise par une succession de cycles d’expansion et de contraction (récession et dépression). La particularité de cette crise-ci est qu’elle est aussi plus largement le produit d’une crise organique du capitalisme. Elle n’est pas simplement une crise cyclique. C’est-à-dire qu’elle est le résultat de la contradiction entre le développement des forces productives et la propriété privée et l’Etat national. Cette crise n’est pas finie. Il n’est pas possible de dire combien de temps elle va durer, mais elle va durer.

Il ne suffira donc pas de moraliser le capitalisme, de tenter de le rendre plus éthique, moins spéculatif, plus humain, plus vert, de le réguler, de le rendre moins « financier », un peu plus public, moins austère pour que ce système puisse résoudre les urgences sociales et écologiques.

Il faudra le renverser et le remplacer par une société basée sur l’usage rationnel, social et écologique des moyens de production (ressources naturelles, technologies, etc.) grâce à l’expropriation des capitalistes et une planification de l’économie. Les institutions discréditées de l’Etat bourgeois devront être remplacées par de nouvelles structures plus démocratiques, inspirées de la Commune de Paris et du jeune état soviétique.

Pour pouvoir réaliser cela, il faut certes s’engager dans les luttes actuelles et les radicaliser. Mais il faut plus que cela. La combativité en soi est insuffisante pour changer la société. Nous pensons qu’il faut une organisation qui regroupe les militants les plus décidés, les mieux formés et les mieux implantés au sein du mouvement ouvrier et des jeunes. Son programme, c’est la révolution socialiste. Sa méthode est d’être un accélérateur de la conscience révolutionnaire et du niveau d’organisation des travailleurs et des jeunes. C’est l’organisation que nous construisons avec la Tendance Marxiste Internationale.